Congo: adaptation aux changements climatiques

28 septembre 2010

A l’occasion de la tenue, du 23 au 25 août, de l’atelier de lancement du Projet Africain d’Adaptation aux Changements Climatiques, Elonda, un superbe site touristique à la nature luxuriante situé dans la périphérie nord de Brazzaville, avait été choisi pour abriter les travaux. Les participants ont eu l’opportunité d’admirer la forêt avoisinante, qui cadrait avec le thème développé par le projet.

Pourtant, la réalité hante les esprits : cette vue contraste fortement avec les catastrophes écologiques que l’on observe dans cette région. Les  érosions et les éboulements, provoqués par les intensités pluviométriques, sont à l’origine des déplacements massifs des populations et d’énormes pertes en vies humaines  et matérielles.

A Talangaï, 6ème arrondissement de Brazzaville, les habitants de l’un de ses quartiers, «  Simba pelle » (en français : « tiens/prends la pelle »), savent à quoi s’attendre après chaque pluie. On observe des scènes impressionnantes : des familles, manches retroussées, sont régulièrement contraintes de dégager leurs habitations englouties par le sable à la suite d’un glissement de terrain,  avec des moyens rudimentaires.
 
Au cours d’une visite dans un quartier, un habitant explique : « Les pluies sont plus violentes et abondantes et plusieurs personnes ont quitté le quartier à l’image de cette famille qui a abandonné cette maison totalement ensevelie par le sable… ». 

Quelques kilomètres plus au nord de la capitale, se trouve le cimetière d’Itatolo, le plus grand    de Brazzaville. Certaines tombes sont englouties par le sable, d’autres sont simplement emportées par  l’érosion. -« Je ne retrouve plus l’endroit où j’ai enterré ma fille, le sable a tout englouti ici », confie une veuve d’une cinquantaine d’années.

Il y a quelques mois, le gouvernement congolais avait été obligé d’exhumer les dépouilles des personnes enterrées dans un cimetière historique -où gisaient des personnalités de l’époque coloniale - dans la ville côtière de Pointe-Noire, capitale économique du Congo. Ce cimetière a vu une partie de ses tombes emportées  par la montée du niveau de la mer. Dans le même sens, à Brazzaville et Pointe-Noire qui sont les cités les plus touchées par les effets des CC, des opérations d’expropriations des populations vivant les zones érosives sont entrain d’être menées.  
Le gouvernement fournit des efforts louables pour relever ce défi. Mais ses capacités humaines et financières dans le domaine de l'adaptation aux changements climatiques sont encore limitées.
Le Projet Africain d’Adaptation aux Changements Climatiques, lancé à l’issue de l’atelier d’Elonda par le Ministère du Développement Durable, de l’Economie Forestière et de l’Environnement, en collaboration avec le PNUD au Congo, vise à renforcer la capacité du pays à faire face aux effets néfastes des changements du climat . L’objectif de l’atelier, auquel ont participé les acteurs nationaux de développement, a consisté en l’appropriation du document de projet par toutes les parties prenantes.

Lors de l’atelier , Lambert Imbalo, Directeur de Cabinet du Ministre du Développement Durable, de l’Economie Forestière et de l’Environnement a déclaré : « le Congo bien qu’étant un pays tropical, couvert à 60% environ de forêts, n’est pas à l’abri des conséquences néfastes des changements climatiques. Le programme d’Adaptation permettra à notre pays de renforcer ses capacités pour répondre à ses effets».

Financé à hauteur de 3.000.000 USD par le Gouvernement Japonais et mis en œuvre par le bureau du PNUD au Congo, ce projet a pour objectif d’intégrer le processus d’adaptation aux changements climatiques dans les stratégies, les politiques et la planification de développement de la République du Congo.
Il s’agit, entre autres, de mettre en place des mécanismes de planification à long terme pour gérer les incertitudes inhérentes aux changements climatiques et de renforcer les capacités de leadership, et d’élaborer le cadre institutionnel pour gérer les risques et les opportunités dus aux effets des changements du climat de manière intégrée aux niveaux local et national.

Dans un cadre opérationnel, ce projet favorisera la restauration des sols dégradés, le reboisement des forêts communautaires ainsi que l’agroforesterie en vue des construire des puits de Carbonne et fournir en même temps aux populations du bois-énergie. Un grand nombre de ménages seront ciblés à Brazzaville et Pointe-Noire, dans un premier temps, pour bénéficier des foyers améliorés. Le projet d’Adaptation aux CC entend également appuyer, la mise en place au Congo, d’un observatoire sur le climat.

Mais en amont, le projet aidera le pays à renouveler le cadre réglementaire régissant son secteur environnemental en vue de l’arrimer au contexte actuel.  Les parties prenantes et autres bénéficiaires  de ce projet ONG féminines à l’instar de Femmes et Energie, les mairies ainsi que les administrations publiques,

L’approche participative utilisée par les animateurs de l’atelier de lancement du projet a permis à la soixantaine de participants de s’approprier les objectifs globaux et spécifiques du projet.

Cette initiative est née du cadre de partenariat conjoint Japon-PNUD déclaré à l’occasion de la Quatrième Conférence Internationale de Tokyo pour le Développement de l’Afrique (la TICAD IV) au cours de laquelle le Japon avait décidé d’apporter un soutien de 92,1 millions de dollars américains pour les mesures d’adaptation dans 21 pays africains.