Un moine bouddhiste lance une croisade environnementale au Cambodge

21 septembre 2010

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Bun Saluth et Gisele Buendchen, Ambassadeur de bonne volonté du PNUE lors de la réception de remise des prix Équateur.
(Photo: RYAN MCCUNE/PatrickMcMullan.com)

Au départ, il y a eu la mission que s’était fixée un moine bouddhiste cambodgien pour empêcher la destruction de l’environnement. À l’arrivée : 18 621 hectares de forêts d’épineux bénéficiant d’une protection juridique dans le nord-ouest du Cambodge. C’est ce qu’on appelle à présent la Forêt de la communauté monastique.

En hommage à son action en faveur de la préservation des forêts de son pays, l’initiative Équateur du PNUD a inclu le Vénérable Bun Saluth dans les 25 personnalités mondiales sélectionnées pour recevoir le Prix Équateur 2010.

L’initiative Équateur est un partenariat qui réunit les Nations Unies, des gouvernements, la société civile, des entreprises et des organisations locales afin de donner un coup de projecteur sur des entreprises locales de réduction de la pauvreté par la préservation de la nature et l’exploitation durable de la biodiversité.

Pour Bun Saluth, sauver la forêt de la province d’Oddar Meanchey au Cambodge en empêchant l’abattage illicite du bois et l’empiètement des terres a été dès le début une façon de faire prendre conscience à la population de l’importance des ressources naturelles dont dépend leur subsistance.

Lorsqu’il a commencé sa croisade en 2002, Bun Saluth s’est heurté au scepticisme des villageois, qui croyaient qu’il voulait sauver la forêt pour son usage personnel. Peu à peu, ils ont réalisé que c’était pour la communauté toute entière qu’il fallait le faire.

« Notre vie serait très difficile s’il n’y avait pas la forêt », dit Cheng Ri, un habitant de la région. « Lorsqu’ils sont à court de riz, les villageois vont ramasser des champignons ou du gingembre sauvage dans les bois, et ils les vendent au lieu d’emprunter de l’argent. »

Ri dit qu’il obtient 130 dollars par mois environ de la vente de champignons et de résine. Il s’agit là d’une somme importante, si l’on considère qu’un tiers des 13,4 millions de Cambodgiens vit encore sous le seuil de pauvreté national de 60 cents par jour.

Sous la direction de Bun Saluth, six villages travaillent à présent de concert pour patrouiller la zone et veiller à ce que les paysans des collectivités locales tirent profit des ressources forestières. Les villageois ont leur mot à dire dans la gestion de la forêt et ils la surveillent ensemble pour empêcher l’abattage des arbres et autres activités illégales.

La Forêt de la communauté monastique a aussi été choisie comme l’un des 13 sites forestiers communautaires pour le premier projet cambodgien de crédits carbone au titre du programme de réduction des émissions de carbone forestier des Nations Unies (REDD).

Tout comme les autres lauréats, Bun Saluth sera l’invité d’honneur de la réception de remise des prix Équateur le 20 septembre 2010, dans le cadre de la participation de l’initiative Équateur à l’Assemblée générale des Nations Unies 2010 et au Sommet d’évaluation du Millénaire qui se déroulent à New York (20-24 septembre) et de la séance spéciale des Nations Unies sur la biodiversité (22 septembre).


Voir communiqué de presse sur le prix Équateur (en anglais)