Préserver les forêts de montagne pour les générations futures

20 juillet 2010

L’eau de source naturelle sert aux récoltes
et à la consommation. (Photo: PNUD)

Le PNUD vient de mettre la dernière main à un projet sur la biodiversité étalé sur sept ans qui a sauvé des milliers d’hectares de terres forestières fragiles dans les montagnes du nord-est de la Tanzanie, région désignée par le gouvernement pour être reconnue comme Site du patrimoine mondial par l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Le projet pour les montagnes de l’Arc oriental, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a pris fin le mois dernier, après une étude indépendante qui a conclu qu’au moins 10 000 hectares de forêt avaient échappé à la destruction, ce qui correspond à une réduction de 10 pour cent du taux de recul forestier.

Le débit fluvial de l’Arc oriental est très important et il constitue la principale source d’eau pour au moins un quart de la population tanzanienne. Les rivières produisent aussi plus de la moitié de l’électricité du pays. L’eau, l’hydroélectricité et les produits forestiers non ligneux en provenance de la région génèrent plus de 175 millions de dollars par an.

Le projet a vu le jour, car environ 70 pour cent des terres forestières exceptionnellement riches de l’Arc oriental avaient été détruites, à cause, entre autres, des cultures itinérantes et de la récolte du bois. Il ne restait qu’à peu près 5 400 km² de forêt sur des montagnes dont l’aire totale couvre 23 000 km².

Le PNUD a travaillé à ce projet avec toute une série de parties prenantes – dont le gouvernement tanzanien, des organisations non gouvernementales, des institutions académiques et des administrations villageoises – pour élaborer une stratégie écologique et appuyer les initiatives communautaires de protection de la nature.

La réserve autochtone d’Uluguru, dans la région de Morogoro, constitue l’un des sites phares de ce projet de 5 millions de dollars. Il s’agit d’une destination touristique très fréquentée qui abrite une centaine de plantes et diverses espèces d’oiseaux, de mammifères et d’amphibies qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre.

Quelque 300 habitants de dix villages de la région ont reçu une formation pour se familiariser avec de nouvelles méthodes de culture et d’élevage, notamment la culture en suivant les courbes de niveaux, un système de plantation linéaire sur les pentes et collines qui réduit l’érosion des sols et en améliore la fertilité.

L’adoption de nouvelles techniques a permis de sécuriser les modes de subsistance de centaines de personnes en améliorant le rendement des cultures et en créant des activités productrices de revenus. Les résultats ont été tels que la Tanzanie a pu obtenir des fonds spéciaux au titre d’un programme international relatif aux changements climatiques qui vise à réduire les émissions de carbone dues à la dégradation des forêts.

Bananeraie
(Photo: PNUD)

« La stratégie de l’Arc oriental définit ce que les pouvoirs publics et d’autres acteurs doivent faire en Tanzanie afin de préserver ces montagnes et leur biodiversité, laquelle revêt une importance mondiale, et fournir des services écosystémiques essentiels pour la nation tanzanienne, en particulier l’eau et le carbone », estime Nik Sekhran, conseiller technique principal pour la biodiversité et les écosystèmes du PNUD.

La stratégie adoptée par le gouvernement couvre une période qui s’étend jusqu’en 2017 et accorde la priorité à certaines mesures, comme le contrôle des feux de forêt, la protection effective des réserves, la lutte contre l’exploitation forestière ou minière illégale, le braconnage et le pâturage, la création de sources alternatives de combustible, et la sensibilisation à l’importance de la conservation de la nature.

Si la région est classée Site du patrimoine mondial, elle n’en sera que mieux protégée sur le plan juridique.

A lire également:

Promouvoir la gestion durable des ressources naturelles en Tanzanie