Promouvoir l’emploi des jeunes en Afrique subsaharienne

09 juillet 2010

(Photo: PNUD)

Depuis 2009, le Programme régional du PNUD pour la cohésion sociale et l’emploi des jeunes, un partenariat qui réunit le PNUD, l’OIT, l’ONUDI et l’UNESCO, apporte son appui à 12 pays d’Afrique subsaharienne pour les aider à concevoir des politiques macroéconomiques favorisant l’emploi des jeunes et facilitant l’acquisition de connaissances professionnelles par les jeunes générations.

Les jeunes ont en effet été durement touchés par la crise économique actuelle. Selon l’OIT, sur les 211 millions de chômeurs du monde (chiffre estimatif pour 2009) environ 83 millions, soit près de 40 %, ont de 15 à 24 ans. En Afrique, les jeunes représentaient déjà 60 % des chômeurs en 2005 (chiffre à actualiser/voir le rapport de l’OIT de 2010), les femmes étant encore moins employées que les hommes. On s’attend, d’ici 2015, à une augmentation du nombre de jeunes de 36 millions et à une augmentation de la population active de 22 millions, celle-ci se situant alors à 135 millions de personnes. L’emploi des jeunes restera pour l’Afrique un problème à résoudre, tant sur le plan économique que sur celui de la sécurité, le manque de moyens d’existence assurant des conditions de vie décentes étant l’un des facteurs favorables à la violence et à la criminalité organisée.

Le programme aide les pays à recueillir de meilleures données sur le travail et l’emploi, à concevoir des politiques susceptibles d’encourager la création d’emplois et d’entreprises, à appuyer l’éducation, la formation professionnelle et la création durable d’entreprises et à établir une plate-forme de dialogue social avec les syndicats du travail, les employeurs et les organisations de jeunes afin de promouvoir la cohésion sociale.

Sur le terrain, le personnel du programme œuvre avec les instances gouvernementales, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et les organisations de jeunesse pour promouvoir l’emploi des jeunes et y accorder une place prioritaire dans les stratégies nationales et régionales, de manière à contribuer directement à l’accélération de la croissance nationale.

En ciblant spécifiquement l’emploi des jeunes, le programme vise à accroître la sécurité et l’inclusion dans des pays qui se relèvent souvent de conflits violents ou qui connaissent des flux d’émigration substantiels. De par l’approche régionale qui le caractérise, le programme entend non seulement faciliter les comparaisons entre les pays mais aussi contribuer à la résolution des divers problèmes tels que la violence, les conflits et la migration qui découlent de l’exclusion socioéconomique et qui dépassent les frontières nationales.

En conséquence, outre ses travaux avec les décideurs politiques nationaux, le programme collabore avec des institutions régionales, notamment la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, la Commission de l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest en vue de la prise en compte systématique des questions relatives à l’emploi des jeunes dans les politiques de développement et d’intégration régionales.

Doté d’un budget de 17 millions de dollars EU et financé par la Coopération espagnole, le programme est exécuté au Cap-Vert, en Côte d’Ivoire, en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Kenya, au Libéria, au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, au Sénégal et en Sierra Leone.

Grâce aux efforts de sensibilisation déployés par le programme avec le Gouvernement du Sénégal, par exemple, ce pays a inclus l’emploi et la formation professionnelle des jeunes dans sa politique nationale de l’emploi pour 2010-2015.

Au Libéria, le programme a entrepris la réfection et la conversion d’un bâtiment endommagé pendant la guerre pour en faire un centre de formation pour le développement des agro-entreprises. Le centre comprend un dortoir, une école, un bâtiment administratif, des logements pour le personnel et un générateur d’électricité. Il sera bientôt en mesure d’héberger 150 formateurs nouvellement recrutés.

Au Cap-Vert, 292 jeunes bénéficieront d’une formation aux technologies de l’information et de la radiodiffusion, qui sera dispensée en ayant recours à trois méthodes de l’OIT : TRIE (« Trouver votre idée d’entreprise »), CREE (« Créer votre entreprise ») et GERME (« Gérer mieux votre entreprise »).

En Guinée, grâce au programme, six institutions de microfinance octroient actuellement leur appui à 500 projets d’entreprises de jeunes. En Guinée-Bissau, un partenariat a été établi avec la West African Bank pour gérer une ligne de crédit de 300 000 dollars EU pour financer des projets d’entreprises de jeunes, une ligne de crédit supplémentaire de 395 000 dollars EU étant en cours de négociation.

En janvier 2010, dans le cadre d’une initiative transfrontières, des bénévoles libériens ont été déployés dans six pays voisins pour fournir des appuis directs à des établissements d’enseignement, de santé et d’agriculture dans diverses communautés. Les bénévoles se sont vu accorder des subventions et des allocations mensuelles de subsistance pour s’établir dans le pays hôte et les matériels nécessaires pour leur permettre de s’acquitter de leurs fonctions leur ont été fournis.

Pour de plus amples informations :
Le 15 juillet, à l’occasion de la réunion annuelle du PNUD en Afrique, qui examinera les moyens de promouvoir une stratégie de développement décisive pour la région, José Manuel Salazar-Xirinachs, Directeur exécutif du secteur de l’emploi au BIT, participera à un panel d’experts sur la création d’emplois, l’emploi et la croissance du revenu en Afrique. www.undp.org/africa/accra2010.shtml.

Pour plus de détails, prière de s’adresser à Couty.fall@undp.org, coordonnateur du Programme, Centre régional du PNUD à Dakar.