L’Ukraine et le Bélarus s’unissent pour préserver la biodiversité

19 mai 2010

par Hugh Biggar, Centre Régional pour l'Europe et la CEI du PNUD à Bratislava

Un parc naturel en Ukraine et une réserve naturelle dans le Bélarus se sont associés, au-delà des frontières internationales, pour être reconnus comme un territoire d’importance internationale, qui contribue à la préservation de la biodiversité. En coopération avec les ministères de l’Environnement ukrainien et bélarusse, et grâce à l’appui du PNUD/FEM, le parc et la réserve ont fusionné pour constituer le site Ramsar transfrontière de Stokhid-Pripyat-Prostyr. Voir : photos Stokhid-Pripyat-Prostyr Ramsar

Ces terres abritent des espèces rares de faune et de flore, des zones humides et des réserves d’eau importantes.(Photo: PNUD Europe and CIE)

Grâce à l’aide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Fonds pour l'environnement mondial, le site Stokhid-Pripyat-Prostyr a réussi à satisfaire aux exigences de la Convention Ramsar, un traité international qui impose aux États membres de conserver le caractère écologique et leurs zones humides. La certification par la Convention Ramsar offre au site de nouvelles possibilités de développement territorial et de renforcement de sa protection environnementale. Les scientifiques et les responsables politiques ukrainiens et bélarusses devront aussi élaborer un plan commun pour mener de nouvelles recherches scientifiques ainsi qu’un plan d’action pour le parc.

« Grâce au projet du PNUD/FEM, nous venons de créer, pour la première fois dans l’histoire de l’Ukraine, une zone humide dotée d’un statut international », a indiqué Mykola Stetsenko, premier adjoint du chef de l’Agence nationale pour la gestion des aires protégées en Ukraine et directeur national du projet du PNUD/FEM. « Dans le monde moderne, il est impossible de résoudre des problèmes écologiques en ayant des frontières administratives fermées », a-t-il ajouté.

Stokhid-Pripyat-Prostyr unit les basses terres de deux rivières ukrainiennes, Pripyat et Stokhid, et de Prostyr, une rivière bélarusse.

Ces terres abritent des espèces rares de faune et de flore, des zones humides et des réserves d’eau importantes. Par exemple, le parc accueille des cigognes noires, des aigles pomarins, des aigles criards, des courlis cendrés et des grandes aigrettes. Quant aux oiseaux nicheurs, les colonies les plus nombreuses présentes sur le site sont notamment celles des hérons cendrés, des canards colverts, des canards souchets, des foulques macroules, des barges à queue noire et des locustelles tachetées. Les zones humides abritent globalement 198 espèces de vertébrés : 17 espèces de poissons, neuf espèces d'amphibiens, cinq espèces de reptiles, 144 espèces d'oiseaux et 23 espèces de mammifères. Parmi celles-ci, une trentaine d’espèces ornithologiques, trois espèces de mammifères, une espèce de reptile, deux espèces d’amphibiens et quatre espèces de poissons sont inscrites par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) au titre de la catégorie des espèces menacées, au vu de leur statut rare et vulnérable.

La rivière Pripyat alimente également le fleuve Dnieper , qui approvisionne en eau plus de 10 millions de personnes en Ukraine

« Au siècle passé, [l’activité humaine] a détruit les zones humides de Stokhid et Pripyat », explique Sergei Volkov, administrateur hors classe, responsable de ce programme au sein du PNUD. « Cependant, les territoires asséchés sont propices aux incendies, aux sécheresses et aux épidémies. C’est pour cette raison que de nombreuses ressources sont ciblées au travers de la réhabilitation des zones humides partout dans le monde. Il est extrêmement utile pour un pays de conserver ses zones humides à l’état naturel », a-t-il ajouté.

À Stokhid et Pripyat, la destruction des terres basses a provoqué des crues dépassant les niveaux naturels, diminué la frayère des poissons et érodé l’habitat d’autres espèces de l'écosystème. La vétusté des canaux de drainage contribue également à l'assèchement des zones humides.

Afin d’être en mesure de relever ces défis majeurs qui mettent en péril la biodiversité et l'écologie, les responsables de Stokhid-Pripyat-Prostyr ont bénéficié d’une formation assurée par le PNUD/FEM pour les aider à satisfaire aux exigences de la Convention Ramsar. La formation a inclus des travaux pratiques et des cours théoriques, afin de permettre aux stagiaires de remplir les demandes et préparer les documents nécessaires aux négociations avec le Secrétariat de la Convention Ramsar.
M. Volkov a également souligné l’importance de la conservation des zones humides telles que celles de Stokhid-Pripyat-Prostyr vu leur rôle potentiel dans la réduction du réchauffement climatique à l’échelle mondiale. En effet, le changement climatique étant intimement lié aux émissions de gaz à effet de serre, les zones humides offrent un moyen non négligeable d’absorber le carbone et de réduire ses émissions dans l’atmosphère.

La création d’un nouveau territoire transfrontière permettra également d’étendre la superficie des aires protégées dans la région. À Voln où est implanté le parc, la superficie des terres classées comme réserves naturelles représente aujourd’hui près de 10 pour cent du territoire.

Le projet de Stokhid-Pripyat-Prostyr intitulé « Renforcement de la gouvernance et de la durabilité financière du système national des aires protégées en Ukraine » a été lancé par le PNUD/FEM en 2008. Outre Pripyat-Stokhid, l’initiative du PNUD en Ukraine est également mise en œuvre dans deux autres territoires pilotes : le Parc naturel national de Shatsk et le Parc paysagiste régional de Pripyat-Stokhid.

Récemment, l’Albanie, territoire de l’ex-République yougoslave de Macédoine et de Grèce, a également conclu un partenariat pour créer un autre site transfrontière régi par la convention Ramsar, celui du Bassin du lac Prespa dans les Balkans. Par ailleurs, le PNUD en Ukraine a publié cette année un ouvrage sur les jardins botaniques et les aires protégées en Ukraine.

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