Préservation du Bassin de Prespa dans les Balkans

17 mai 2010

par Hugh Biggar, Centre Régional pour l'Europe et la CEI du PNUD à Bratislava

Les lacs du bassin de Prespa, en bordure de trois pays, l’Albanie, l'ex-République yougoslave de Macédoine et la Grèce, sont dotés d’une biodiversité exceptionnelle. On y trouve des espèces de poissons indigènes ainsi qu’une faune et une flore endémiques rares et c’est un habitat crucial pour la plus grande colonie de nidification de pélicans dalmates au monde.

La région a souffert au cours des 40 dernières années, à cause de la pollution, des pesticides, d’une mauvaise gestion des déchets et d’un manque d’efficacité dans la planification de l’utilisation des sols et de l’eau. Poussés par le besoin de le protéger après des décennies de mauvaises pratiques en termes de conservation, les Premiers ministres des trois pays ont déclaré le bassin parc transfrontalier le 2 février 2000 et se sont engagés à en faire un modèle de conservation coopérative, à protéger l’habitat et à développer des pratiques de gestion efficaces. Les trois pays ont continué à prendre des mesures saines, ces dernières années, afin d’arriver à un écosystème durable, indispensable pour que le bassin retrouve sa santé d’antan.

Avec l’aide du Programme des Nations Unies pour le développement et du Fonds pour l’environnement mondial, les trois pays ont lancé des programmes de conservation visant à préserver l’extraordinaire biodiversité du bassin. Parmi les projets, citons une utilisation moins forte des pesticides, des campagnes de sensibilisation et l’adoption de stratégies de gestion coopérative de l’eau et des poissons.

Ces initiatives permettent non seulement de préserver les lacs du bassin de Prespa, qui abritent des espèces rares de loups, d’ours, d’outres, de pélicans, de cormorans pygmées etc., mais aussi d’aider la population de la région en encourageant un développement économique et social à long terme. Ainsi, des agriculteurs, des pêcheurs et des forestiers ont été formés à des techniques de gestion sélective des eaux et des sols. Les municipalités locales et les organisations non gouvernementales ont également été impliquées dans la formulation de notes d’orientation et de plans d’action. Enfin, un projet écologique est en cours d’élaboration pour encourager le tourisme dans la région (tout en procurant des moyens alternatifs de subsistance aux habitants).

En 2006, le PNUD et le Fonds pour l’environnement mondial ont contribué aux projets de Prespa à hauteur de 4,3 millions de dollars.

De plus, le PNUD a récemment lancé un concours de photos ayant Prespa pour thème, afin de contribuer à la sensibilisation du public. Des auteurs des trois pays ont été invités à participer et les organisateurs ont reçu un total de 413 contributions. Le 2 février, la cérémonie de signature des ministres de l’Environnement a été l’occasion de présenter les prix aux lauréats. Des enfants, des étudiants et des ONG des trois pays se sont joints au PNUD pour observer la Journée mondiale des zones humides avec une série de manifestations artistique et poétiques, un concours de dissertation et des ateliers ouverts au public, dans le but de continuer à rendre compte de l’importance de Prespa.