Les habitants de Samoa documentent le changement climatique en vidéo

13 mai 2010

Les populations autochtones produisent leurs propres vidéos pour illustrer les incidences du changement climatique sur leur environnement. Après avoir appris comment filmer dans les ateliers organisés par le PNUD - Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les représentants de huit villages ont mené des entretiens avec les membres de leurs communautés pour montrer au monde comment les conditions climatiques extrêmes et l’avancée des mers, par exemple, les ont contraints à changer leur mode de vie. La vidéo montre également comment ces huit communautés utilisent les dons du PNUD-FEM pour les aider à s’adapter aux impacts du changement climatique.

« Les vidéos et les récits photos avec narration deviennent un outil puissant de développement, en particulier dans les régions rurales éloignées et les communautés autochtones », affirme l’expert en biodiversité Terence Hay-Edie, qui travaille avec le Programme de microfinancement du PNUD/FEM. « Mais les populations autochtones du Samoa ne se contentent pas de montrer les dégâts provoqués par les changements climatiques, elles souhaitent aussi capter sur images leur culture traditionnelle, orale dans des vidéos participatives, qui transcendent les barrières linguistiques ou culturelles ».

« La vidéo participative» est un terme utilisé lorsque les bénéficiaires – peuples autochtones, membres des communautés rurales et pêcheurs, pour n’en nommer que quelques-uns, sont chargés de réaliser des films. Ces vidéos constituent un moyen de relier les communautés pauvres aux décideurs politiques, permettant aux groupes vulnérables d’assumer leur propre développement et les décisions qui touchent leur vie.

L’expérience acquise dans la production de vidéos à Samoa a permis de rassembler des hommes et des femmes d’âges différents pour la réalisation d’un film projeté en décembre 2009 au Sommet sur le changement climatique de Copenhague. A présent, la version vidéo est diffusée en ligne et sera présentée à l’occasion de la Quatrième Assemblée du Fonds pour l’environnement mondial qui se déroulera à la fin de mai 2010 en Uruguay.

« Cette vidéo sera également un vecteur d’influence puissant des processus de décision en matière de stratégies, de plans et de politiques d’adaptation au changement climatique », estime Charles Nyandiga, coordonnateur des programmes d’Adaptation communautaire du PNUD. « La vidéo soutient l’adaptabilité au changement climatique et les actions locales pour les changements de politiques. Ces produits sont utilisés pour attirer l’attention des gouvernements à la manière dont le changement climatique influence la vie des communautés locales.»

S’adapter aux changements

Dans le film, une femme se souvient comment elle séchait les noix de coco sur une place qui n’existe plus. Un homme affirme que les vagues ont englouti la plupart des maisons du village. « Elles ont été soulevées et projetées d’un côté à l’autre », se souvient-il.

« Autrefois, il y avait plein de poissons et les coraux se portaient bien », ajoute un villageois. « A présent des cyclones puissants ont repoussé les bancs de poissons vers le large, et les gens ont du mal à en trouver pour leur repas quotidien. »

En août 2009 les huit communautés qui ont participé à la production de la vidéo ont également reçu des petites subventions du projet PNUD-CBA financé par le Fonds pour l’environnement mondial. Ces subventions permettent à chaque village d’élaborer et d’appliquer son propre projet d’adaptation au changement climatique.

Dans le village samoan de Lelepa, par exemple, les habitants ont décidé d’utiliser l’argent reçu pour améliorer l’état de la route principale qui a été gravement endommagé par le changement climatique, et de déménager à l’intérieur des terres, « s’éloignant de la côte et des risques naturels qui nous mettent en danger », d’après un chef villageois.

Dans un autre village, les habitants utilisent l’argent à la construction d’un mur en pierre pour détourner les eaux de la rivière et diminuer les risques provoqués par les conditions climatiques sévères et les inondations.

« On a vu ce qui se passait dans le monde avec les changements climatiques », explique une femme du village de Sotoalepai. « On vit dans l’insécurité, toujours sur le qui-vive. Peut-être toutes ces maisons seront-elles emportées par le prochain cyclone. Nous avons peur et nous sommes tristes ».

Le PNUD et ses partenaires commanditent également une vidéo participative sur la manière dont les populations du Maroc s’adaptent aux changements climatiques. Dans les mois à venir, une autre production démarrera en Namibie.

Autres ressources :

Récit photo: http://insightshare.org/resources/photostory/tofiga-o-pili-aau
Programme d’adaptation communautaire du PNUD : http://www.undp-adaptation.org/projects/websites/index.php?option=com_content&task=view&id=203