Brésil et Mozambique s’unissent pour réduire les armes de petit calibre

12 mai 2010

Un défi commun, une langue commune et une solution commune : la coopération sud-sud pour améliorer le contrôle des armes à feu au Mozambique

À la fin de la guerre civile au Mozambique en 1992, le gouvernement a fait serment de débarrasser le pays des armes à feu de petit calibre. En dépit de campagnes qui ont donné de bons résultats puisqu’elles ont permis de recueillir plus de 260 500 armes auprès des anciens combattants, près d’1,4 million d’entre elles continuent à circuler illégalement dans le pays.

Pour relever ce défi, le gouvernement mozambicain s’est engagé à accroître son contrôle sur les armes à feu détenues par l’État ou par des individus. Signée en 2007, la loi sur les armes et les munitions a fourni les bases juridiques nécessaires pour accélérer ces efforts. Elle reprend toutes les lois nationales réglementant le contrôle des armes et les met en conformité avec les obligations prises par le gouvernement au titre des grandes conventions régionales et internationales comme celles des Nations Unies ou de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Près d’1,4 million d’armes légères continuent à circuler illégalement dans le pays. (Photo: PNUD)
Cependant, seules 5 000 armes ont été enregistrées auprès des autorités de police mozambicaines, et comme l’accès à ces données  et leur analyse sont très limités, il est difficile de demander des comptes aux propriétaires d’armes à feu.

Pour résoudre ce problème et appuyer les efforts du gouvernement, le PNUD a collaboré avec une ONG brésilienne et la Police civile de Rio de Janeiro pour créer un registre numérique des armes à feu. Il y a dix ans, cette ONG, Viva Rio, avait obtenu de bons résultats en aidant la police de Rio de Janeiro à élaborer son propre registre et à le mettre en place, notamment en numérisant des milliers de dossiers.

"L'information est non seulement incomplète et douteuse, mais elle n'existe qu'en format papier. Cette information a besoin d’être complétée, numérisée et intégrée pour rendre les forces de police plus réactives et modernes," selon Antonio Rangel Bandeira de Viva Rio.

En décembre 2009, Viva Rio et un haut fonctionnaire de la police de Rio de Janeiro se sont rendus au Mozambique pour analyser les ressources techniques, humaines et logistiques requises pour le registre des armes à feu du Mozambique.

L’équipe brésilienne est revenue à Maputo en mars 2010 pour une mission de trois semaines, et elle a travaillé en profondeur avec la police et les autorités judiciaires mozambicaines pour établir les processus de gestion et les procédures d’homologation. Viva Rio est en train d’analyser les données et d’élaborer une structure pour la base de données même et de calculer les fonds nécessaires pour l’installation proprement dite de la base de données aux niveaux national et provincial. Le financement des phases d’analyse et de conception est fourni par le PNUD Mozambique. Dans le cadre d'un vaste programme de contrôle des armes légères  mené avec le gouvernement du Mozambique, le PNUD a fourni 200.000 USD pour le projet de base de données en 2009-2010.