La Malaisie facilite l'autonomisation des mères célibataires

07 mai 2010

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En règle générale, les mères célibataires de Malaisie se heurtent à d’innombrables problèmes, mais celles qui vivent dans la pauvreté sont les plus touchées. Outre les difficultés financières et les responsabilités inhérentes aux personnes seules qui subviennent aux besoins de leurs enfants, la majorité des mères célibataires, notamment dans les régions rurales, manquent d’instruction et de compétences professionnelles, ce qui les force à accepter des emplois mal rémunérés dans de mauvaises conditions.

Pour remédier à ce problème, le Gouvernement de la Malaisie s’est associé en 2009 au PNUD pour la réalisation d’une enquête visant à définir les conditions des mères célibataires et à proposer des solutions pour améliorer leur sort, notamment des femmes les plus pauvres. Le partenariat s’emploie également à mettre sur pied un dispositif de recensement des mères célibataires du pays.

À la rencontre des mères célibataires

L’enquête a été menée auprès de 2 500 mères célibataires de toutes les régions du pays. Les enquêteurs se sont rendus sur le terrain, s’adressant directement aux associations locales de mères célibataires, aux responsables locaux, ainsi qu’aux mères elles-mêmes, par le biais d’ateliers et de nombreux débats, afin de mieux comprendre leurs conditions de vie et leurs besoins.

Les conclusions préliminaires indiquent qu’en Malaisie, le décès du mari, l’abandon conjugal ou le divorce sont les principaux facteurs de célibat des femmes. Dans les régions rurales, ces femmes ont souvent cinq enfants ou plus. Pour essayer de s’en sortir, certaines d’entre elles se laissent racoler par l’industrie du sexe. Un nombre croissant de mères célibataires, incapables d’assurer les soins de leurs enfants et souvent obligées d’avoir à s’occuper d’autres membres de la famille, n’ont d’autres choix que de rester à la maison et de dépendre de la modique aide publique pour nourrir leur famille. Une mère célibataire en détresse confiait au PNUD qu’elle ne disposait que de RM30 (moins de 10 dollars par jour) pour nourrir sa famille de six personnes pendant deux semaines.

« Les mères célibataires aspirent à l’indépendance financière », affirme Hasiah Haniza Abdul Wahab, présidente de l’Association des femmes célibataires musulmanes (Islamic Single Mothers Association) du Territoire et de l’État fédéral de Selangor. « Ces femmes n’ont pratiquement pas d’économies. Mariées très jeunes, elles ont toujours dépendu financièrement de leurs maris. Une fois devenues célibataires, elles ont du mal à survivre »

D’après Abdul Wahab les mères célibataires de 40 ans et plus ont d’énormes difficultés à obtenir un emploi régulier, la plupart n’ayant jamais travaillé et acquis l’instruction, les compétences et la formation nécessaires.

L’enquête indique également que certaines mères célibataires remplissent des tâches diverses pour essayer de pourvoir aux besoins de leur famille. De nombreux maris divorcés ne payent pas les frais de garde d’enfant après la prononciation du divorce. C’est pourquoi la mise en place de politiques et de programmes d’aide aux mères célibataires, notamment en matière de soins des enfants et d’instruction, revêt un caractère d’urgence.

Prochaines étapes

Les conclusions intégrales de l’enquête permettront d’évaluer les causes, les tendances et les aspects profonds des vulnérabilités des femmes célibataires, au vu des facteurs culturels – notamment la honte d’être divorcée ou l’absence de documents officiels, du fait que certains mariages religieux ne sont pas officiellement répertoriés. À partir de cette enquête, le PNUD, le Gouvernement de la Malaisie et des organisations de la société civile développent un Plan d’action national qui sera finalisé vers la fin 2010. Le Plan prévoit le soutien institutionnel et la mise de place de programmes et de services qui offrent aux femmes célibataires les moyens de sortir de la pauvreté.

« Nous espérons que la mise en place du Plan d’action national permettra aux femmes célibataires de Malaisie d’être mieux équipées pour faire face aux nombreuses difficultés qu’elles rencontrent », estime pour sa part Siti Altaf Deviyati, responsable du projet Single Mothers (Mères célibataires). À son avis, les mères célibataires bénéficieront sans aucun doute du lancement de politiques et de programmes créés précisément pour satisfaire leurs besoins dans des domaines comme, par exemple, la mise en place de garderies d’enfants, si leurs mères décident de travailler, et de stages de formation pour rendre ces femmes employables.