Peuples autochtones: développement dans l’identité culturelle

19 avril 2010

 
Les enfants de la communauté indigène de la Rikbaktsa, Brésil

Plus de 2 000 représentants des peuples autochtones du monde entier se réunissent au cours des deux prochaines semaines au Siège des Nations Unies à New York pour examiner comment ils peuvent « poursuivre librement leur développement économique, social et culturel », conformément à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (pdf) passée en 2007.

Les participants réunis à l’occasion de la Neuvième Instance permanente sur les questions autochtones étudieront avec les représentants des gouvernements, des populations autochtones et de plusieurs institutions de l’ONU, y compris le PNUD, comment coopérer à une nouvelle forme de développement, un développement qui préserve l’intégrité culturelle, sociale, écologique et économique des communautés autochtones. A l’issue de la session de deux semaines, l’Instance permanente de l’ONU présentera des recommandations sur des actions concrètes en faveur des peuples autochtones au Conseil économique et social de l’ONU et aux agences, fonds et programmes de l’ONU.

"L'exclusion culturelle va au-delà de la pauvreté ou du manque d’opportunités, elle rend aussi invisible les contributions des groupes exclus de la société au sens large - empêchant le transfert d'idées, de connaissances et de valeurs", a déclaré l’Administrateur Associé du PNUD Rebeca Grynspan à la session du Forum sur le Développement avec la Culture et l’Identité. "Les États doivent reconnaître les différences culturelles dans leurs lois et leurs institutions ainsi que dans la création de politiques pour s'assurer que les intérêts de certains groupes ne soient pas ignorés ou supplantés. Et ils doivent le faire de manière à ne pas entrer en contradiction avec d'autres objectifs et stratégies de développement humain, tels que les droits de l'homme, la construction d'un État compétant, et en veillant à l'égalité des chances de tous les citoyens."

La population autochtone du monde s’élève à plus de 370 millions de personnes dans quelque 90 pays, à travers tous les continents. Elle représente près de 6% de la population mondiale, mais 15% des populations pauvres de la planète et un tiers des 900 millions de personnes extrêmement pauvres vivant dans les régions rurales. Les populations autochtones souffrent de taux démesurément élevés de pauvreté, de faibles niveaux d’instruction, de problèmes de santé et sont victimes de la criminalité et de violations des droits de l’homme. De surcroît, tributaires des ressources naturelles pour leur subsistance, ces populations sont les premières à ressentir l’impact des changements climatiques, même si leur style de vie n’a pratiquement aucun effet sur les émissions de dioxyde de carbone.

Politiques inclusives – Le PNUD, par le biais de l’Initiative régionale sur les droits et le développement des peuples autochtones, encourage, en Asie et dans le Pacifique, la coopération entre les organisations des peuples autochtones et plusieurs gouvernements de la région. Le partenariat renforce la capacité des gouvernements à mettre en œuvre des politiques inclusives, par un processus participatif et l’intégration des droits des peuples autochtones dans les programmes et stratégies au niveau national.

Revenus autochtones. Au Brésil, un projet mis au point par le PNUD, en partenariat avec le gouvernement, et financé par le Fonds pour l’environnement mondial, aide les peuples autochtones de la région amazonienne à accroître leurs revenus sans quitter leurs villages pour travailler sur les exploitations agricoles des environs. Le projet leur offre une formation et leur apprend des techniques de cueillette et de vente du castanheiro (noix du Brésil), culture marchande bien connue de ces populations; grâce à ces connaissances, les communautés Rikbaksta et les Zoros ont amélioré la qualité de leurs castanheiro pour mieux satisfaire les besoins de leurs clients. La demande accrue pour ce produit s‘est traduite par une augmentation de la production et de leurs revenus grâce à une technique en harmonie avec l’environnement et respectueuse de leurs cultures et traditions.

Autonomisation des femmes – Le PNUD apprend également aux femmes autochtones comment participer aux processus de prise de décision, afin de rééquilibrer les rapports de force dans leur vie quotidienne et au sein de leurs communautés. Par exemple, le PNUD Bangladesh anime un projet visant à accélérer le développement et renforcer la confiance des populations des vastes étendues de Chittagong Hill. Le projet a permis la constitution de 450 groupes de femmes, auxquels il a offert les moyens et la possibilité de développer leurs propres projets communautaires générateurs de revenus et de constituer un réseau d’animatrices.

Participation politique. Les peuples autochtones n’ont toujours pas de représentation dans les parlements du monde. Afin d’attirer l’attention sur ce problème et d’y remédier, le PNUD et l’Union interparlementaire (UIP) ont lancé un projet conjoint dans le but de mieux comprendre les facteurs qui permettent une représentation effective des minorités et des peuples autochtones dans leurs parlements nationaux.

Autres ressources :

Calendrier et manifestations parallèles du PNUD – Instance de l’ONU sur les questions autochtones
http://www.un.org/esa/socdev/unpfii/en/session_ninth.html

Le PNUD et les peuples autochtones : http://www.undp.org/partners/civil_society/empowering_indigenous_peoples.shtml

Publications sur les populations autochtones :
http ://www.undp.org/partners/civil society/indigenous resources. shtml

Inforapide : le PNUD et les peoples autochtones:
http://www.undp.org/partners/civilsociety/publications/indigenous/IP Fast Facts English May 2009.pdf