Assurer la participation des femmes dans les prises de décision locales

16 avril 2010

"Mana" Dulce parle à des membres de l'Assemblée locale à Covalima, au Timor Leste. (Photo: UNDP)

Au Timor-Leste, les femmes jouent un rôle actif dans la réorganisation de l’avenir du deuxième pays le plus jeune du monde. Dulce Junior, âgée de 36 ans, en est un bon exemple. « Mana » (Sœur) Dulce, comme l’appellent ses amis et camarades, est l’une des nombreuses activistes qui s’efforcent de placer les préoccupations des femmes au cœur des projets gouvernementaux de développement et de réduction de la pauvreté.

« Les femmes des villages doivent comprendre que leur avis est déterminant dans l’élaboration et la mise en place des projets », affirme Dulce, originaire du pays et responsable du programme de développement local au ministère de l’administration publique. « Seules ces femmes peuvent faire connaître leurs besoins et contribuer ainsi à la formulation de politiques et de programmes mieux adaptés ».

Le programme de développement local a été mis au point afin de donner suite aux besoins de reconstruction de l’infrastructure de Timor-Leste et de renforcement de son administration civile. Le programme est un partenariat entre le gouvernement, le PNUD et le Fonds d’équipement des Nations Unies qui vise à édifier de nouveaux modèles d’administration publique. L’idée est de faire un effort supplémentaire en direction des populations des zones rurales et éloignées. 

Le programme préconise l’adoption de différents modèles de gouvernance locale décentralisée et transparente, attentive aux besoins des citoyens. Dulce dirige une équipe d’employés du ministère qui met en place des institutions pilotes, comme les assemblées locales, afin d’encourager la participation accrue des membres des communautés aux processus de prises de décision locales. L’octroi de subventions et l’organisation de stages de formation aident les participants à s’adapter au changement, à persévérer et à rester actifs en situation de crise et à améliorer l’existence des autres membres de la communauté.

L’une de principales priorités est d’encourager la participation des femmes au processus de prise de décision locale, par le biais de stages de formation spécialement adaptées et qui tiennent compte de leurs besoins particuliers. Depuis quatre ans, les femmes ont assisté à 80 à 83% des réunions des assemblées locales qui se sont tenues dans le pays. Le niveau de participation des hommes reste toutefois supérieur, de nombreuses femmes ayant cité l’absence de transports publics, le manque de temps dû aux responsabilités familiales et les grossesses pour expliquer leur plus faible participation.

Dulce et son équipe font de longs trajets pour se rendre partout dans le pays. Leur tâche consiste non seulement à encourager la participation des femmes, mais aussi à coordonner les activités du programme de développement local et à proposer une aide technique aux assemblées de département et de sous-département en matière de budgétisation, de passation de marché et de gestion des contrats. Ces compétences et les nouveaux systèmes permettront aux assemblées de décider de l’utilisation des fonds accordés par le gouvernement au financement des activités et de petits projets d’infrastructure, notamment la réhabilitation d’écoles et d’hôpitaux, la construction de routes en zone rurale, de petits ponts, de marchés communautaires, d’installations d’irrigation pour l’agriculture, et la construction et l’entretien des systèmes d’alimentation en eau et d’assainissement.

Interrogée sur les principales difficultés rencontrées par les femmes des régions rurales, Mana Dulce cite le besoin permanent d’irrigation de l’eau et de soins prénatals dispensés aux femmes qui accouchent encore chez elles.

« Il y a 11 ans, quand j’ai mis au monde mon premier garçon, j’avais peur d’aller au dispensaire pour accoucher. Mais à présent il faut que les femmes comprennent l’avantage qu’il y a à bénéficier d’une aide médicale tout au long de la grossesse et pendant l’accouchement », souligne-t-elle. « Si plus de femmes sollicitaient l’aide des médecins, les taux de mortalité maternelle diminueraient ».

Le programme de développement local permet aux assemblées locales de s’organiser pour mieux satisfaire les besoins des populations. Au cours des cinq dernières années, le programme a lancé près de 400 projets dans des secteurs de services publics clés comme la santé, l’eau et l’assainissement, l’éducation et les transports dans huit des 13 départements du pays, atteignant 51% de la population de Timor-Leste.