Lutte contre la violence sexiste au Rwanda

06 avril 2010

mujer en un centro de  rehabiliatacion para las victimas de la violencia contra la mujer
Environ 250 000 femmes ont été violées durant le génocide de 1994.

Au Rwanda, un centre parrainé par l’ONU dans la capitale Kigali, dispense des soins, propose une assistance juridique et psychologique aux victimes de la violence et s’emploie à sensibiliser le public, et surtout les hommes, à la violence à l’égard des femmes. Le centre offre également aux agents de police une formation sur la violence sexiste.

“En tant que responsables des enquêtes sur les cas de violence sexiste et domestique, les agents de police doivent comprendre le sens des inégalités entre les sexes et de la violence sexiste”, explique Violet Kaberanze, consultante au Centre, qui dirige un service d’assistance téléphonique. “Cela leur permet d’écouter les victimes, d’assimiler la violence perpétrée à leur égard à un problème sécuritaire et des droits de l’homme et de se montrer compatissants”.

Ce programme est administré conjointement par le Gouvernement du Rwanda et des agences de l’ONU, dont le PNUD, l’UNIFEM administré par le PNUD et l’UNICEF. Sa mise en place fait suite aux avancées historiques enregistrées en matière des droits humains par les femmes du Rwanda, notamment l’adoption par le Parlement il y a quatre ans de la Charte relative à la violence sexiste. Cette charte, qui bénéficie aussi du soutien des trois agences de l’ONU, définit la violence sexiste et recommande qu’elle soit prévenue par des campagnes d’éducation et des sanctions pénales infligées aux auteurs de tels actes. 

L’un des premiers cas rapportés au centre concernait une mère qui a découvert que sa fille de 14 ans avait été violée à de nombreuses reprises par son tuteur. Ne sachant pas où se tourner, la mère a contacté un administrateur de programmes de l’ONU qui l’a dirigée vers le service d’assistance téléphonique du Centre.

“Ici, la mère ou la fille victimes de la violence peuvent être sûres d’être entendues, et les auteurs de la violence peuvent être sûrs d’être poursuivis en justice”, précise Violet.

En 2006, le centre a mené 1777 enquêtes sur des cas de viol qui lui ont été adressés par la police rwandaise, et qui ont abouti à 803 condamnations. Le personnel du centre a également veillé à ce que des preuves soient portées à la connaissance des magistrats.

Les inégalités entre les sexes sont si profondément encrées dans la culture locale que de nombreux hommes ne considèrent pas leur comportement à l’égard des femmes comme agressif. C’est pourquoi la sensibilisation de l’opinion, surtout des hommes et des garçons, à ce problème est essentielle.

Pasteur dans le nord du Rwanda, Emmanuel* croyait être un mari modèle jusqu’à ce qu’il participe à un programme de sensibilisation à la violence sexiste dans sa communauté. Il s’est rendu compte à cette occasion que son comportement vis-à-vis de sa femme avait été d’une violence qui dépassait les limites tolérables.

« Lorsque j’ai appris que mon comportement était inadmissible, j’ai changé », raconte-t-il. « Et j’ai promis d’en parler aux autres hommes de ma commune et d’ailleurs ».

*Le nom a été changé.