Burkina Faso: Appui auprès des patients séropositifs

29 mars 2010

Au début de leur traitement, les personnes qui vivent avec le VIH/sida sont accueilles dans des "Centres d’observance" soutenus par le PNUD. (Photo: PNUD)

Une fois entamé, le traitement par les Antirétroviraux (ARV) dure toute la vie. Au sein des “Centres d’observance” soutenus par le PNUD et le Programme d'appui au monde associatif et communautaire (PAMAC), les personnes qui viennent de commencer le traitement par les ARV apprennent à mieux comprendre leur maladie et à s’adapter à une vie en tant que malade chronique.

Les activités sont financées par le PAMAC, lequel appuie deux Centres d’observance à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso (dans l’ouest du pays) respectivement gérés par l’association Africaine de solidarité et l’association REVS+ Bobo. Le centre de Ouagadougou accueille environ 200 personnes par an. La plupart des patients restent trois semaines, période relativement longue pour l’adaptation au traitement.

Les pensionnaires reçoivent de l’information sur le virus et apprennent à prendre leurs médicaments pour rester en bonne santé. Trois repas quotidiens leurs sont offerts, ainsi qu’un soutien psychosocial qui les encourage à accepter le changement de vie que les ARV impliquent.

Hubert Ouédraogo, infirmier et chargé du Centre d’Observance (Photo: PNUD).

Un séjour au centre « peut faire des miracles », affirme Hubert Ouédraogo, infirmier et responsable du centre. « Les pensionnaires sont souvent découragés et dans un mauvais état quand nous les recevons. Après un peu de temps ici, ils se remettent. »
La plupart des pensionnaires répondent bien au traitement, mais il y a des exceptions. Mr. Ouédraogo montre une photo d’un garçon d’un village qui a été accueilli par le centre. Après quelques jours sous ARV il a développé une forte réaction contre les médicaments. Son visage est enflé et couvert de blessures. Mr. Ouédraogo constate qu'il aurait été difficile pour ce jeune de supporter les réactions de son entourage s’il était resté au village.

Au centre, le jeune garçon a pu s’adapter au traitement et après quelques semaines il est retourné dans son village comme si rien ne s’était passé. Il y a actuellement dix enfants au centre. Ils sont tous en début de traitement et logent au centre, où ils passent des examens de pédiatrie. Ils sont accompagnés par quelques adultes qui feront désormais le suivi de leur traitement, un patient devant toujours être épaulée par un proche.

Le Centre d’observance ayant une ambiance familiale, certains pensionnaires viennent avec leurs enfants. (Photo: PNUD)
« Beaucoup de personnes cachent leur statut à leur famille. Nous encourageons les pensionnaires à trouver au moins une personne à qui se confier, » dit Mr. Ouédraogo, ajoutant que le personnel au centre agit quelquefois comme médiateur entre différents époux, les aidant à accepter la situation.

L’ambiance accueillante aide à dédramatiser la maladie. « Ici on ne voit pas le VIH/sida. C’est comme un hôtel convivial, un endroit neutre et accueillant où on peut plus facilement faire des réunions de concertation entre époux. » Le centre a aussi comme objectif de redonner l’espoir aux patients désespérés. Le personnel les aide à formuler un «projet de vie», leur permettant de continuer leurs études ou de démarrer des activités génératrices de revenu.

En sortant du centre, les anciens pensionnaires participent aux activités de prise en charge communautaire de l’association – “clubs d’observance”, entretiens individualisés, éducation thérapeutique -- pour maintenir ou renforcer le suivi auprès des bénéficiaires. Les anciens pensionnaires reçoivent des vivres, condition importante pour la poursuite des traitements.

Plus d'informations sur l'accès aux soins en matière de VIH au Brukina Faso (pdf, 880Kb)