En Afghanistan les mollahs se réfèrent à l’Islam pour aider les femmes

12 mars 2010

Par Sayed Barez, MANUA

Des leaders religieux participent à une formation sur les droits des femmes (Photo: UNAMA)

Le Gouvernement de l’Afghanistan fait appel aux mollahs et aux anciens possédant de l’autorité en matière de religion pour sensibiliser le public aux droits conférés aux femmes par la loi islamique, dans le cadre d’un programme appuyé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Ce programme national, mis en œuvre par le ministère du Hadj et des affaires religieuses et le ministère des Affaires féminines, demande aux mollahs et aux autres dirigeants islamiques de sensibiliser le public aux conséquences du mariage précoce, du mariage forcé et de la violence sexospécifique.

Les participants débattent également des questions d’héritage, notamment en effectuant des comparaisons entre les dispositions du droit islamique sur le droit des femmes à hériter et ce qui se passe dans la réalité.

« En Afghanistan, quand on donne aux gens des instructions fondées sur leurs valeurs religieuses, ils écoutent et les acceptent facilement, dit Mawalwi Abdul Hanan, l’un des participants. Nous croyons qu’en y associant les chefs religieux, ces programmes contribueront à réduire la violence domestique. »

La population de l’Afghanistan est composée dans sa quasi-totalité de communautés traditionnelles, qui se conforment strictement à la culture et aux coutumes locales. En conséquence, il est fréquent que les gens ne fassent confiance qu’aux érudits religieux et aux mollahs, qui sont respectés en tant que dirigeants communautaires sages et honnêtes, gardiens des valeurs de la société.

Les mollahs qui participent au programme ont commencé à s’exprimer sur les actes de violence à l’égard des femmes lors du sermon du vendredi dans les mosquées. Leur auditoire, composé exclusivement d’hommes, se voit expliquer les conséquences négatives de tels actes, conformément aux textes islamiques. Il est espéré qu’en impliquant les hommes d’entrée de jeu en tant qu’agents de changement, il sera possible de commencer à modifier les opinions de la société sur le statut des femmes. 

Le programme a démarré dans la province de Balkh à la fin 2009 et 250 mollahs provenant de cinq districts ont pris part à une série de formations, d’activités de renforcement des connaissances et de débats participatifs sur les droits de femmes dans l’Islam.

« Le programme a adopté une démarche très sage, notamment en milieu rural, a noté Ahmaduddin Sahibi, coordonnateur du projet d’égalité des sexes du PNUD pour la ville de Mazar-e-Sharif. Les autorités gouvernementales ont déjà proposé de reproduire cette initiative dans d’autres provinces. »

Les Nations Unies œuvrent avec le Gouvernement de l’Afghanistan pour prendre en considération les besoins des femmes, ce qui est d’une importance cruciale pour le développement du pays. Les autorités gouvernementales se sont engagées récemment à accélérer l’accroissement de la participation des femmes à la fonction publique pour porter cette participation à 30 % d’ici 2013. À l’heure actuelle, les fonctionnaires de l’État ne comptent que 22 % de femmes et 9 % seulement de celles-ci occupent des postes de décision.