Soutenus par le PNUD, les Irakiens choisissent leur futur gouvernement

04 mars 2010

Bagdad -- Le 7 mars, les Irakiens vont élire les 325 membres du Conseil des Représentants, le parlement de la nation, dans 18 circonscriptions provinciales. Il s’agit du troisième scrutin depuis 2003.


(Crédit: Aswat al-Iraq news agency, Location: Erbil)

Pour préparer ces élections, le PNUD procure un appui au programme de scrutin hors-pays de la commission électorale irakienne. Ce scrutin aura lieu dans 16 pays (Syrie, Jordanie, R.-U., Suède, Allemagne, EAU, Australie, Liban, Iran, États-Unis, Autriche, Canada, Egypte, Pays-Bas, Danemark et Turquie).

Des responsables des bureaux de pays de la Haute Commission électorale irakienne et des conseillers techniques de l’ONU ont été déployés pour appuyer la préparation et la mise en place de cette opération. Le scrutin hors-pays se déroulera de la même manière qu’à l’intérieur du pays, chaque vote étant compté dans la province dont l’électeur est originaire.

Sous l’égide de l’Équipe d’assistance électorale de la Mission d’assistance des Nations Unies pour l’Irak (MANUI), le PNUD a fourni une aide technique spécialisée pour les élections de 2010, dont une aide à la Haute Commission électorale pour la formulation des opérations standard liées au scrutin, notamment des mesures pour prévenir, déceler et corriger les irrégularités.

En outre, le PNUD et l’UNOPS ont élaboré un programme à long terme pour la période post-électorale, afin de renforcer les capacités institutionnelles de la Haute Commission électorale irakienne et de développer ses compétences en matière de gestion, son savoir-faire organisationnel et ses capacités pour la planification stratégique. Cela devrait lui permettre de devenir une institution indépendante dotée des politiques institutionnelles nécessaires, de personnel et d’une base de connaissances, afin de répondre aux besoins du peuple irakien qui aspire à vivre dans une société démocratique.

Après des décennies de parti unique, le premier Conseil des Représentants a été élu en 2005, lors d’un scrutin boycotté par d’importants groupes politiques. Cela a nui à la représentation de l’ensemble des groupes électoraux au sein du Conseil des Représentants, ce qui n’a pas empêché cet organe législatif de devenir un centre viable de débat national, conformément à son mandat constitutionnel.

L’élection des Conseils provinciaux en janvier 2009 a marqué un tournant dans le processus démocratique en Irak, en particulier à cause de la large participation des groupes politiques ainsi que du remarquable niveau de sécurité pour les citoyens avant, pendant et après le scrutin.

Les élections de 2005 et 2009 avaient été organisées par la Haute Commission électorale iraquienne avec une aide substantielle de la communauté internationale. Pour ces deux scrutins, le PNUD, qui faisait partie de l’Équipe d’assistance électorale au sein de la MINUA, avait aidé la Haute Commission électorale indépendante à travers une série de projets, dont la fourniture d’une assistance technique et un appui pour une couverture médiatique équilibrée, sûre et professionnelle.

Les élections de 2009 ont été remarquées pour les campagnes d’information créatives lancées par la Haute Commission électorale, qui s’est servie d’outils médiatiques nouveaux comme son site internet, des blogs, des textos et YouTube, en plus de canaux plus traditionnels comme la radio, la télévision et la presse écrite.

L’aide internationale a diminué, en même temps que la Haute Commission continuait à développer ses capacités, et les élections de 2010 représenteront une étape historique, car elles démontreront les capacités de la Commission en tant qu’institution électorale indépendante.

Le scrutin du 7 mars 2010 constitue la prochaine grande étape sur la voie de la démocratie que poursuit l’Irak. On peut déjà compter comme un succès du processus électoral l’état de préparation opérationnelle de la Haute Commission. Le chapitre final dépendra de la bonne participation de tous les groupes électoraux, de la capacité de la Haute Commission à résoudre les différends en toute équité et avec professionnalisme et de la crédibilité que les élections auront acquise aux yeux des Irakiens en tant qu’outil démocratique permettant aux citoyens d’élire leurs représentants pour les quatre années à venir.

Faits et chiffres sur les élections

  • L’Irak est divisé en 18 circonscriptions électorales correspondant aux provinces (gouvernorats). Chaque province constitue une circonscription.
  • Le Conseil des Représentants comptera 325 sièges, contre 275 lors du scrutin de 2005. 6 529 candidats ont été nommés par 86 instances politiques. Tous les candidats doivent obligatoirement répondre à une enquête sur leur niveau scolaire, leur affiliation avec le parti bassiste dissous ou les condamnations pénales dont ils ont été l’objet.
  • Environ 18,9 millions d’électeurs se sont inscrits sur les listes électorales. La Haute Commission électorale va établir 10 000 centres électoraux à travers l’Irak. Chacun comprendra un ou plusieurs bureaux de vote. Il y en aura 50 000 au total. Chaque bureau de vote devrait accueillir jusqu’à 420 électeurs.
  • Pour accroître la participation électorale, des centres spéciaux ont été prévus pour accueillir les déplacés de l’intérieur qui se sont inscrits auprès de la Haute Commission électorale afin de voter pour la province dont ils sont originaires.
  • Pour appuyer le programme de scrutin hors-pays, des responsables de bureaux de pays de la Haute Commission électorale ont été déployés dans 16 pays afin d’aider à la préparation et la mise en œuvre de cette opération.
  • Une mise à jour des listes électorales a eu lieu en août et septembre 2009 afin de donner aux électeurs la possibilité de vérifier/corriger des détails concernant leur inscription. Plus de 574 000 personnes ont requis ce service et plus de 935 000 se sont rendues dans des centres spécialisés à cet effet.
  • Quelque 300 000 agents politiques et observateurs nationaux devraient participer au scrutin.

Rédigé par Areej Al-Musttaf, PNUD-Iraq