Quinze ans après le sommet de Beijing pour les droits de la femme

1 mars 2010

Une réunion de haut niveau à l’ONU évalue les progrès accomplis et les obstacles qui demeurent pour les droits de la femme

New York - Des milliers de représentants gouvernementaux, de militants et de dirigeantes du monde entier sont réunis à New York pour évaluer les progrès accomplis et les obstacles que rencontre encore l’autonomisation des femmes, et ce à l’occasion de la 54e session de la Commission de la condition de la femme.  Cette dernière se réunit au siège des Nations Unies du 1er au 12 mars, 15 ans après le rassemblement historique de Beijing au cours duquel les gouvernements s’étaient engagés à faire progresser l’égalité des sexes partout dans le monde.

« Les progrès en faveur de l’égalité entre les sexes ont été lents et inégaux, ce qui rend plus difficile la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, constate Helen Clark, Administrateur du PNUD. Pour atteindre ceux-ci en 2015, nous devons tous œuvrer de toutes nos forces à l’autonomisation des femmes, l’équité entre les sexes dans le domaine de l’éducation et l’amélioration de la santé maternelle. Non seulement ces éléments sont cruciaux par eux-mêmes, mais ils sous-tendent les progrès en faveur des autres OMD. »

Lors du rassemblement de 1995, 189 pays avaient reconnu à l’unanimité, en adoptant la Déclaration de Beijing, que l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes étaient des critères fondamentaux du développement, de la paix et des droits de l’homme. Ils avaient également adopté le Plan d’action, un programme approuvé au niveau international pour atteindre l’égalité des femmes dans des domaines cruciaux allant de l’éducation à l’économie, aux conflits armés et au pouvoir décisionnel. Cette assemblée historique peut se vanter d’avoir réuni le plus grand nombre de représentants gouvernementaux et non gouvernementaux lors d’une conférence des Nations Unies, avec ses 47 000 participants des deux sexes.

Défis à relever

Lorsque nous jetons un regard en arrière, nous nous rendons compte que ce que l’on appelait à l’époque les « questions féminines » sont enfin devenues des sujets de première importance au plan national et international. Les femmes ont créé des réseaux et alliances plus forts, qui transcendent les problèmes particuliers et les frontières. Mais il reste bien des défis à relever.

Éducation – Environ 60 pour cent des pays sont arrivés à la parité des sexes dans l’enseignement primaire, 30 pour cent dans l’enseignement secondaire et seulement 6 pour cent dans l’enseignement supérieur. Les disparités entre les sexes restent manifestes dans certaines régions. Ainsi, c’est en Afrique subsaharienne et en Océanie qu’on trouve le plus grand écart entre les sexes à l’école primaire. Cet écart dans la scolarisation s’accentue dans le secondaire, où beaucoup plus de pays prennent du retard. Au taux actuel de progrès, la cible visant à éliminer les disparités entre les sexes à tous les niveaux d’enseignement d’ici 2015 sera loin d’être atteinte.

Femmes en politique – La moyenne mondiale de femmes siégeant au parlement (18,6 pour cent) est encore loin de la cible de 30 pour cent avancée dans la Déclaration et le Plan d’action de Beijing. À l’allure actuelle, il faudra encore 40 ans pour arriver à la parité. En mars 2009, il y avait 15 femmes chefs d’État ou de gouvernement, contre neuf en 2000.  Des progrès ont été faits en Amérique latine et dans les Caraïbes, où les femmes détiennent la moyenne régionale la plus élevée avec 22 pour cent de tous les sièges parlementaires.

Économie -  Dans les pays en développement, les femmes sont systématiquement à la traîne des hommes pour participation à la main d’œuvre officielle et l’entrepreneuriat ; à travail égal, elles gagnent moins que les hommes, elles ont moins facilement accès au crédit et ont moins de droits à l’héritage et à la propriété.

Les femmes occupent près de 40 pour cent de tous les emplois rémunérés en dehors de l’agriculture, contre 35 pour cent en 1990. Mais près de deux tiers des femmes du monde en développement ont des emplois précaires, soit comme indépendantes, soit comme travailleuses familiales non rémunérées. Ce type de travail compte pour 80 pour cent de tous les emplois tenus par les femmes en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.

Suite à la crise économique mondiale, beaucoup plus de femmes se retrouvent dans des emplois précaires, avec peu ou pas de filet de sécurité pour les protéger d’une perte de revenus en cas de difficultés économiques. Un nombre important de femmes travaille sans rémunération dans les entreprises familiales, ce qui ajoute au fardeau déjà lourd des tâches domestiques, qui ne sont pas non plus rémunérées.

Violence – En dépit des progrès énormes qui ont été accomplis avec la création de normes internationales et le passage de lois nationales contre la violence sexiste, on ne constate pas de diminution flagrante. Les importantes résolutions 1888 et 1889 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité ont un caractère historique, mais ce n’est qu’un début pour assurer la sécurité des femmes dans le monde.

Au cours de sa vie, au moins une femme sur trois sera battue, aura des rapports sexuels forcés ou sera maltraitée par un partenaire intime et une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol. Ce chiffre est plus élevé pendant les périodes de conflit armé.

 Le PNUD collabore avec les États, les organisations de la société civile et le secteur privé dans 166 pays pour répondre aux besoins des femmes et garantir l’égalité et la justice pour les femmes et les filles.

Autres ressources :

Manifestations parallèles du PNUD pendant la session de la Commission sur la condition de la femme [PDF - anglais]
Ce que fait le PNUD en matière d’autonomisation des femmes
Inforapides du PNUD sur les progrès accomplis depuis la conférence de Beijing [PDF]
Message du PNUD sur la Commission de la condition de la femme [PDF]

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