Burundi : soutien au processus électoral

22 févr. 2010

Enrôlement pour les élections de mai (Photo: PNUD)
Après plus d’une décennie de guerre, le Burundi a confié à la Commission électorale indépendante (CENI) la tâche délicate d’organiser les secondes élections générales du pays en période de paix.

Suite aux progrès accomplis dans le domaine du processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants (dont les hommes et femmes du Front de libération nationale), le grand défi pour le pays cette année est  l’organisation d’un minimum de 5 différents scrutins électoraux en une période de 5 mois.

En effet, entre mai et septembre 2010 seront organisées les élections présidentielles, législatives, sénatoriales, communales et enfin, au niveau local, « collinaires ».  .

Opération financière et humaine de grande ampleur

Pour assurer le bon déroulement des scrutins prévus en 2010, la CENI a estimé le financement des opérations électorales à 46 millions de dollars, un montant qui ne tient pas compte des coûts nécessaires pour assurer la sécurité.

Etant donnés les montants, un fonds commun multi-donateur s’élevant à 32 millions de dollars a été mis en place, sa gestion confiée au PNUD. Son rôle est de recueillir les contributions financières des partenaires au processus électoral.  

Pays-Bas, Belgique, Norvège,  Suède,  Suisse, Grande-Bretagne, Japon, Union européenne et Egypte ont dores et déjà financé le fonds, d’autres partenaires comme les Etats-Unis et la Chine ayant opté pour des contributions bilatérales. Les volets sécurisation, soutien aux médias, éducation civique et électorale ayant besoin de fonds supplémentaires, la CENI continue de solliciter l’apport d’autres partenaires en leur demandant de concrétiser leurs promesses.

Equipe d’assistance technique électorale

Le PNUD à mis à la disposition de la CENI une équipe d’assistance technique  qui l’aidera à s’attaquer à la logistique, aux opérations, à l’approvisionnement, à l’administration, aux finances et à la communication.

Le projet s’est concentré sur l’organisation du recensement des électeurs qui a débuté le 24 janvier 2010 à travers le pays. Il a fallu recruter et former près de 16 000 agents recenseurs et encadreurs déployés dans 12 874 bureaux d’inscription situés dans 3 302 centres d’inscription. A ce jour, près de 3,5 millions de personnes sont déjà inscrites en tant qu’électeurs.

Le projet s’est aussi immédiatement focalisé sur la mise en place d’un Centre de traitement de données (CTD) à Bujumbura. Le matériel et les accessoires informatiques permettront dès la fin du recensement de lancer la campagne d’enregistrement des électeurs.

Le CTD permettra ainsi de réaliser la saisie de masse et les corrections des données, de mettre à jour la base de données électorale, d’établir et de produire les cartes et les listes électorales pour l’organisation des élections, d’exploiter les données électorales. Le recrutement de près de 1000 agents de saisies est actuellement en cours.

Concertation
 
La CENI a organisé de multiples rencontres de sensibilisation avec tous les partenaires nationaux, dont les représentants de la société civile, les partis politiques, les médias et les forces de défense et de sécurité, ainsi que les principales confessions religieuses.
Des formations dans le domaine de l’éducation civique ont ainsi été organisées. Des sessions de formation supplémentaires sont encore prévues notamment pour les membres des Commissions électorales communales (CECI) et les agents de bureau de vote sur les thématiques du dépouillement et de la fraude.

D’autre part, urnes et isoloirs ont été obtenus, complétant le stock disponible qui a servi lors des élections de 2005. Une distribution gratuite e d’environ 1 million de cartes d’identité a été aussi organisée à travers tout  le pays. La production et la distribution des cartes d’électeurs et des bulletins de vote ainsi que la saisie des listes électorales sont des priorités.

Depuis la signature le 28 août 2000 de l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation, beaucoup de progrès ont été enregistrés dans le domaine du renforcement de la culture de la paix et de la démocratie au Burundi. Les élections de 2005 se sont tenues de manière satisfaisante et ont marqué une avancée significative dans le processus démocratique et la consolidation de la paix. La réussite du processus électoral de 2010 sera un tournant décisif en matière de paix et de développement du Burundi.