Changement climatique : le cas de la Zambie

05 janvier 2010

En Zambie, le moindre changement climatique peut conduire au désastre. Du fait que la majorité des zambiens dépendent sur l’agriculture pour leur survie, la moindre variation de température susceptible d'avoir un impact sur les cultures telles que le maïs entraîne inéluctablement des conséquences catastrophiques sur les moyens de subsistance de la population.

Dans le village de Lusitu, situé au sud de la Zambie, les revenus agricoles ont chuté en raison de plusieurs épisodes de grave sécheresse. Selon Eva Chipepo, une habitante du village, « les chutes de pluie ne suffisent plus à produire de bonnes récoltes » et « les animaux sauvages errent désormais dans les champs », ce qui contribue d'autant plus à la destruction des récoltes.  Un autre villageois de Lusitu confirme que la vie devient de plus en difficile. « Avant, nous pouvions trouver des solutions à n’importe quelle difficulté à laquelle nous étions confrontés », explique-t-il. « Les rivières ne s’asséchaient jamais ».

« Du fait de la fréquence, non seulement des sécheresses mais aussi des inondations, le gouvernement essaie tant bien que mal de trouver de nouvelles ressources pour venir en aide à la population », précise Catherine Namugala, ministre du Tourisme et de l’Environnement. « Le pays était déjà engagé dans la lutte pour la réalisation du développement et le changement climatique fait peser des contraintes supplémentaires sur le processus », dit-elle en conclusion.

Domiciano Mulenga, coordinateur national de l'Unité de gestion et d’atténuation des catastrophes naturelles, confirme que le gouvernement affecte de plus en plus de fonds pour faire face aux catastrophes. « Nous détournons des fonds et des ressources alloués aux programmes de développement au profit du financement de la réponse aux catastrophes naturelles », avoue-t-il.

Le changement climatique a commencé aussi à exercer un impact négatif sur l’industrie du tourisme nationale. Si les changements climatiques extrêmes persistent, dans 50 ans, tout ce qui restera des Chutes Victoria, considérées comme la « 7ème merveille du monde » pourrait bien finir par se transformer en un ravin aride.  Étant donné que l’industrie du tourisme en Zambie repose essentiellement sur les ressources naturelles du pays, la dégradation de ce secteur devrait avoir des effets dévastateurs sur l’économie du pays.

Les conditions météorologiques extrêmes affectent également la faune et la flore. En raison des pénuries de pluies dans la région de Luangwa au sud de la Zambie, dans la partie est du pays, les animaux ont de plus en plus de mal à trouver de la nourriture. Les hippopotames succombent en grand nombre.  La végétation est toute aussi affectée, les paysages se transformant en des plantations d'arbres pétrifiés dans les régions arides.

Kenneth Kaunda, le premier président de la république que compte la Zambie, indique que l'appui des pays développés est vital pour permettre à des pays comme la Zambie de faire face aux effets du changement climatique. Tegegnework Gettu, Directeur du PNUD pour la région de l’Afrique se fait l’écho de ces propos. « Les pays développés doivent assumer leur responsabilité et montrer l'exemple en aidant les africains à élaborer des programmes d'adaptation efficaces », explique-t-il.

Le gouvernement de la Zambie a décidé de s’attaquer sérieusement à ce problème, en lançant un Programme national d'action pour l'adaptation aux changements climatiques (NAPA) et prépare actuellement une stratégie de réponse au changement climatique.

Les activités du PNUD liées au changement climatique en Zambie

Le PNUD aide le gouvernement de la Zambie à préparer la réponse aux défis que le pays doit relever à la suite des effets du changement climatique. L’Organisation contribue également au renforcement des capacités et des institutions afin de lutter avec efficacité contre les changements climatiques au niveau national. En 2009, le gouvernement de la Zambie a mis en place un Groupe de la facilitation du changement climatique (CCFU), chargé de coordonner les questions liées au changement climatique dans le pays.

Le PNUD a également aidé la Zambie à dresser un inventaire des émissions des gaz à effet de serre, à évaluer les impacts du changement climatique sur les secteurs les plus vulnérables, à analyser les mesures potentielles pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer les capacités requises pour l'élaboration de rapports sur les changements climatiques devant être soumis à la CCNUCC par le biais du Conseil national de la communication.

Le PNUD appuie les processus permettant à la Zambie d'améliorer ses chances d'accéder au marché international du carbone. Le Mécanisme pour un développement propre (MDP) est l'un de ces processus. Le PNUD soutient également la Zambie dans sa préparation à accéder au marché international émergent du carbone dans le cadre du programme des Nations Unies pour laRéduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts (UN-REDD).

n collaboration avec le Programme de microfinancements du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le PNUD a par ailleurs accordé des subventions à hauteur de 50 000 dollars des États-Unis aux organisations non gouvernementales, aux organisations communautaires et aux associations locales qui œuvrent en faveur de l'atténuation et de l'adaptation liées au changement climatique et de la conservation de la biodiversité, entre autres.

En outre, le PNUD a participé tout au long de l'année 2009 à des actions de sensibilisation, en organisant des forums de débats regroupant journalistes, représentants du gouvernement, étudiants, leaders traditionnels et membres du parlement. Enfin, le PNUD a participé à la production d'un film documentaire intitulé « Changement climatique : Le cas de la Zambie ». 

Pour d'autres informations sur le PNUD en Zambie, veuillez visiter: http://www.undp.org.zm/