Les femmes changent les règles du genre en Inde

Photo: IKEA

Pour la plus grande partie de sa vie, sa voie semblait toute tracée à Sheila.  Ayant grandi dans un village pauvre de l’Uttar Pradesh, état situé au nord de l’Inde, elle se nourrissait des restes que laissaient ses frères, qui allaient à l’école tandis qu’elle restait à la maison faire les corvées ménagères. Elle s’était mariée à 15 ans. À 35 ans, complètement analphabète, sans aucune source de revenus, elle n’envisageait pas d’autre manière d’élever sa fille, encore petite.

La vie de Sheila n’était pas bien différente de celle de nombreuses autres femmes de l’Uttar Pradesh, où plus de 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où moins de la moitié des femmes sont alphabétisées. Shiela était loin d’imaginer pouvoir jamais s’établir à son propre compte, générer du profit, ou encore peser sur les décisions prises au sein de son foyer ou de sa communauté.

A retenir

  • L’Uttar Pradesh est l’Etat le plus peuplé de l’Inde. Il se situe en deuxième place pour la plus large économie du pays. Moins de la moitié des femmes sont alphabétisées, et seuls 18% des femmes font partie de la population active.
  • Lancé en 2009, le programme, qui s’étend sur 5 ans, a permis de créer 238 groupes d’entraide mutuelle afin de soutenir l’alphabétisation et l’entreprenariat chez 50000 femmes réparties dans 500 villages de l’Uttar Pradesh.
  • Dans le cadre de ce projet, le PNUD aide à enregistrer une fédération laitière qui emploie 12000 femmes, ainsi qu’une fédération artisanale qui assure un revenu à 5000 femmes.

Pourtant, grâce à un programme commun au PNUD et à IKEA, des femmes telles que Shiela font plus qu’imaginer, elles agissent. Lancé en 2009, le programme, qui s’étend sur 5 ans, a déjà permis de créer 238 groupes d’entraide mutuelle afin de soutenir l’alphabétisation et l’entreprenariat chez 50000 femmes réparties dans les 500 villages des districts de Jaunpur, Mirzapur et Sant Ravidas Nagar.

Via ces réseaux, les femmes acquièrent des compétences non seulement en matière de finances, mais aussi dans d’autres domaines tels que la violence conjugale, l’aide légale, le droit à l’information et à l’héritage,  et le travail des enfants. C’est un tel groupe qui a permis à Shiela de prendre part à une discussion sur la nutrition et la pratique de nourrir les filles en dernier. Elle en est sortie bien décidée à ce que sa fille non seulement mange à sa faim, mais aussi aille à l’école.

Ces groupes ont également travaillé à sensibiliser les femmes à l’importance de leur participation aux processus décisionnels et démocratiques locaux, tells que les élections municipales.

Afin d’affirmer leur pouvoir collectif, ces femmes ont signé une charte en 12 points qui décline systématiquement tout ce que l’autonomisation signifie pour elles. La charte, un document de trois mètres de long qui circule parmi les 500 villages, rappelle aux femmes de façon très concrète qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent changer les règles.

“Quand la charte était encore en cours d’élaboration, j’ai suggéré que les filles ne se marient pas avant leurs 18 ans”,  dit Susheela Devi, une femme de 40 ans qui a été mariée à 13 ans.

Ce n’est pas du jour au lendemain que changeront décennies de pauvreté, hiérarchies de caste profondément ancrées, ou inégalités sexospécifiques. Mais dans l’Uttar Pradesh, des milliers de femmes travaillent ensemble à s’autonomiser, créant ainsi de nouvelles opportunités en matière de changement social.

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités.

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