Les mangues transforment la vie des habitants et l’économie du Mali

Coopérative agricole féminine au Mali.

Un jour de printemps dans l’ouest du Mali. Un groupe de Maliennes agrippent les coins d’un tissu bleu et turquoise et tournent leurs têtes vers le ciel. Au-dessus d’elle, il y a des fruits verts ovales qui se confondent avec les arbres sur lesquels ils poussent. Dans quelques secondes, un bâton secouera les mangues, les faisant tomber dans le drap coloré.

Quiconque a goûté à une mangue du Mali vous dira que c’est l’un des fruits les plus savoureux au monde. La demande mondiale n’a jamais été aussi forte, mais l’un des obstacles qui empêchent le Mali d’inonder les marchés européens, c’est que les récoltes sont infestées d’insectes. Avec l’aide du PNUD et d’autres agences internationales, les vergers de manguiers du Mali ont été traités et leurs fruits ont été certifiés comme répondant aux normes réglementaires pour l’exportation.

A retenir

  • L’exportation des mangues est nettement en hausse : elle est passée de 2 915 tonnes en 2005 à 12 676 tonnes en 2008.
  • Chacune des cultivatrices de la coopérative féminine de mangues cultive environ 35 tonnes de mangues par an pour l’exportation.
  • La récolte 2008 a généré 30 millions de dollars de revenus supplémentaires pour le pays.

Grâce à cela, l’exportation des mangues a connu une hausse spectaculaire, passant de 2 915 tonnes en 2005 à 12 676 tonnes en 2008, ce qui représente 30 millions de dollars de revenus supplémentaires pour ce pays d’Afrique de l’ouest. Selon certains experts, le Mali a la capacité d’exporter plus de 800 000 tonnes de mangues par an – une expansion qui ferait de ce fruit la culture la plus fructueuse du pays avec le coton.

Au Mali, le commerce de la mangue est essentiellement féminin : ce sont le plus souvent des femmes qui travaillent dans les vergers et vendent les fruits au marché. Les coopératives féminines sont monnaie courante dans le pays. Tout comme les femmes qui comptaient jadis uniquement sur la production du coton et qui maintenant ont diversifié leurs activités pour cultiver la mangue. Avec ce  surcroît de revenus, elles peuvent financer l’éducation de leurs enfants (la scolarisation a augmenté dans les familles dont les femmes travaillent dans la filière mangue) et investir dans des entreprises génératrices de revenus comme la vente de marchandises.

La saison des mangues est relativement brève au Mali. Elle s’étend d’avril à juillet, mais ces quatre mois sont attendus avec impatience – et suivis de près. Avec l’aide du PNUD, un système de vente électronique opère en France, où le prix à la consommation des mangues maliennes est envoyé en temps réel au Mali, par texto. Ces mises à jour continuelles donnent aux producteurs de mangues des indications plus précises sur les conditions du marché dans un pays étranger important.