Nicaragua : des victimes de violences prennent la parole

Ligia Canales, ancienne victime de violence domestique au Nicaragua
Ligia Canales, ancienne victime de violence domestique, est aujourd’hui une volontaire engagée. Crédits photo : Glomara Iglesias/PNUD Nicaragua.

Ligia Canales, mère de trois enfants et victime de violence conjugale, a réussi à surmonter ses craintes et a pris une courageuse décision.

« Mon ancien compagnon se saoulait, me battait, et menaçait de me tuer. J’avais vraiment peur, et j’ai décidé de rechercher de l’aide. Un jour, j’ai dénoncé ses agissements à la police, » raconte-t-elle.

À retenir

  • Ce projet financé à hauteur de 2 millions de dollars vise à favoriser l’accès aux services juridiques aux victimes de la violence conjugale au Nicaragua.
  • Près de 880 fonctionnaires ont été formes à la prévention et aux soins aux victimes et près de 150 unités de femmes policiers ont été créés par le gouvernement.
  • Des forums sur les questions de genre et des groupes d’entraide ont été mis en place à travers le pays.

Au cours d’une de ses visites au poste de police responsable des cas liés aux violences sexistes, Ligia a été invitée à intervenir en tant que Promotora Voluntaria y Solidaria (Promotrice volontaire et solidaire), ce qu’elle a accepté avec enthousiasme. Elle s’est davantage renseignée sur la violence conjugale, le VIH/sida, et sur la Loi générale contre la violence à l’égard des femmes (Ley Integral contra la Violencia hacia las Mujeres). Elle partage désormais ses connaissances auprès de la communauté.

« Je n’ai pas honte de parler de la violence contre les femmes. J’en ai été victime et je veux montrer aux femmes qu’il est possible d’y faire face. »

Ligia fait partie des quelques 880 fonctionnaires formés à la prévention et aux soins aux victimes. Ce projet lancé en octobre 2012 est doté d’un budget de plus de 2 millions de dollars financé par la Coopération suisse pour l’Amérique centrale et le Royaume de Norvège. Il est mis en œuvre par le PNUD en coordination avec la Police nationale, le Ministère de la Famille, l’Université centroaméricaine (UCA, Universidad Centroamericana) ainsi que d’autres agences étatiques et privées.

Dans le cadre de ce programme, 150 unités de femmes policiers ont été créés et 350 forums portant sur les méthodes de règlement des conflits et les processus d’auto-assistance ont été organisés dans différentes villes du pays. Les journalistes ont assisté à des cours sur la communication et sur le genre, et quelques 320 personnes, dont des enseignants, des étudiants, des mères et des chefs de familles et des fonctionnaires publics, ont assisté à des formations sur les questions de genre. L’Institution médicolégale (Instituto de Medicina Legal) a également formé de nombreux fonctionnaires dans le domaine des statistiques et de la psycho-traumatologie médicolégale.

Ligia suit des cours de droit tous les samedis. Une fois qu’elle sera venue à bout de son cursus, elle envisage de défendre les femmes victimes d’actes de violence. Pendant ce temps, elle continue de diriger son entreprise, un petit restaurant traditionnel situé dans le quartier réputé de Managua, et elle n’oublie pas son passé : « nous ne serons pas en paix tant que la violence conjugale subsistera. »

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