L'Erythree réduit son taux de mortalité maternelle


À Senafe, ville de marché du sud de l’Érythrée, Fethawi Berhane vient de passer par trois jours d’un accouchement difficile et douloureux et a perdu son bébé. L’enfant est mort malgré les efforts déployés par une sage-femme traditionnelle. Fethawi, elle, a eu la chance de survivre malgré les conditions peu favorables de son accouchement, notamment le manque d’hygiène et d’équipement médical.

Le cas de Fethawi n’est pas inhabituel en Érythrée qui, avec quelque 1400 morts pour 100 000 naissances vivantes, possède l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde, le principal facteur responsable de cet état de choses étant la forte incidence d’obstruction du travail d’accouchement.

A retenir

  • L'Érythrée possède l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde (1400 morts pour 100 000 naissances )
  • 80 % des accouchements ont lieu sans l’assistance d’un médecin ou d’une sage-femme qualifiée.
  • Objectif du Millénaire pour le développement: réduire la mortalité maternelle à moins de 350 décès pour 100 000 naissances avant 2015.

Étant donné que l’Érythrée est un pays rural avec une infrastructure de communications et de transports peu développée dans les régions éloignées du centre, 80 % des accouchements ont lieu sans l’assistance d’un médecin ou d’une sage-femme qualifiée.

Aujourd’hui, toutefois, c’est l’un des quatre pays d’Afrique dont il a été déterminé qu’ils étaient sur la bonne voie pour atteindre le cinquième objectif du Millénaire pour le développement, celui de la réduction de trois quarts du taux de mortalité maternelle pour porter celui-ci à moins de 350 décès pour 100 000 naissances avant 2015.

Ce changement positif majeur obtenu au cours des quelques dernières années est dû à une collaboration entre le PNUD, le ministère de la santé et d’autres organismes des Nations Unies. Les programmes concertés axés sur des campagnes en faveur de la santé maternelle se sont intensifiés. L’information et la formation à la sensibilisation communautaire aux questions maternelle sont dispensées dans les langues locales et jusque dans les régions reculées du pays, comme le sont l’élaboration de plans et de programmes de préparation pour sages-femmes qualifiées.  Les sages-femmes traditionnelles ont suivi des programmes de formation pour améliorer leurs connaissances.

Aujourd’hui, chaque communauté possède des prestataires de soins de santé maternelle. Les femmes enceintes qui vivent loin des centres médicaux n’ont plus à risquer la mort en se rendant jusqu’à ces centres alors que le travail d’accouchement a commencé.  Des  accoucheuses traditionnelles viennent leur rendre visite chez elles avant et après l’accouchement pour s’assurer qu’elles sont en bonne santé ainsi que leur bébé, et pour dispenser des conseils médicaux.

Un complément de financement de 88 millions de dollars serait nécessaire au cours des quatre ans à venir pour assurer la couverture universelle des interventions de santé maternelle et néonatale en Érythrée, afin de donner aux femmes comme Fethawi Berhane de bonnes raisons d’espérer que l’accouchement ne sera plus pour elles une question de vie ou de mort.