Burundi : Reprendre une vie normale après la guerre

Espérance Nibigira, 35, province de Cibitoke, Burundi
Espérance Nibigira, 35, participe à un projet communautaire lancé avec l'appui du PNUD et le soutien du gouvernement japonais. (Photo: PNUD)

Certains jours, Espérance Nibigira, 35 ans, se demande comment elle va trouver l’énergie pour commencer la journée. Combattante au Nord Ouest du Burundi lors de la guerre civile qui a sévi de 1993 à 2005 et fait quelque 300 000 victimes, elle a subi un accident sur le champ de bataille qui l’a laissée handicapée et amnésique.

De retour depuis 2009 dans son village de Bwayi, dans la province de Cibitoke, cette veuve, mère de trois enfants, essaie de reprendre peu à peu une vie normale, mais ses capacités physiques et intellectuelles sont diminuées, et l’argent qu’elle a reçu lors de la démobilisation lui a uniquement permis de s’approvisionner en biens de première nécessité. Incapable de travailler aux champs pour subvenir aux besoins de sa famille, Espérance s’est tournée vers un projet de solidarité communautaire lancé avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement et le soutien financier du gouvernement japonais.

A retenir

  • La province de Cibitoke, au Nord Ouest du Burundi, a connu une affluence massive de femmes ayant rejoint le mouvement rebelle FNL au début de la dernière décennie.
  • Pour aider à la réintégration socio-économique de ces ex-combattantes, un projet a été lancé avec l’appui du PNUD /PREFED et le soutien financier du gouvernement du Japon.
  • 60 associations communautaires des provinces de Cibitoke, Bubanza et Bujumbura ont reçu du bétail et une formation agricole.

Pour faciliter leur réintégration socio-économique, 1200 femmes regroupées en 60 associations des provinces de Cibitoke, Bubanza et Bujumbura recevront un petit cheptel à élever solidairement. Chèvres, moutons, porcs et volailles leur seront distribués selon un système rotatif fondé sur le don mutuel du bétail entre bénéficiaires.

N’ayant pas accès aux terres et ne pouvant bénéficier d’un microcrédit, Espérance attend impatiemment, avec les autres participantes du projet communautaire, de recevoir ses animaux d’élevage. « J’avais espoir, qu’un jour, un projet comme celui-ci viendrait me tirer de la misère dans laquelle je me trouve. Les 4 chèvres dont je pourrai bénéficier constitueront pour moi une grande fortune », dit-elle d’un air confiant.

Le projet vise à renforcer l’accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes mais aussi à stimuler la cohésion sociale entre les ex combattantes et les habitants des villages à travers des formations sur les approches et techniques de l'élevage de bétail, du maraîchage et des ateliers sur la dynamique de groupe et la résolution des conflits.

Les administrations provinciales aideront les associations de femmes en leur fournissant un terrain pour élever leur bétail. D’autres, en charge du service de développement communal, les encadreront à travers le suivi du taux d’accroissement du cheptel.

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