Timor-Leste: Assurer le vote des femmes en zone rurale

La seňora Mendonça Côrte-Real, 92 ans, (avant-plan) est la doyenne des électeurs inscrits au Timor-Leste.
La seňora Mendonça Côrte-Real (avant-plan) est la doyenne des électeurs inscrits au Timor-Leste. Photo: PNUD Timor Leste

Par John Fenech, troisième place du concours de nouvelles du PNUD

La seňora Mendonça Côrte-Real, une grand-mère habitant Dili, au Timor-Leste, est devenue la doyenne des électeurs, à l’âge avancé de 92 ans, maintenant qu’elle peut enfin – et pour la première fois – exercer  démocratiquement son droit de vote.

Elle a fêté l’occasion en assistant, aux côtés du président du Timor-Leste, à une cérémonie spéciale célébrant le succès de la campagne 2010 d’inscription des électeurs, qui cible tout particulièrement les Timoraises marginalisées. Cette campagne se poursuit dans le but d’inscrire ces femmes et d’autres sur les listes électorales avant les élections présidentielles et législatives de 2012, les deuxièmes dans l’histoire de ce pays.

A retenir

  • La participation des femmes aux activités civiques et politiques a toujours été très faible et le taux d’analphabétisme des femmes âgées en zone rurale est l’un des plus élevés de l’Asie du Sud-Est.
  • En 2010, 65 équipes mobiles ont parcouru les 13 districts nationaux pour inscrire les électeurs.
  • Plus de 15 000 femmes âgées se sont inscrites sur les listes électorales pendant la campagne.
  • Après les élections de 2012, le Timor-Leste aura l’un des taux les plus élevés de représentation féminine au monde.

Le Timor-Leste, l’une des plus jeunes nations du monde, a l’ambitieux projet de construire une société et une culture démocratiques dans un  pays qui, après plus de 400 ans de domination étrangère, n’a pratiquement aucune expérience de la gouvernance démocratique.

En 2007, le PNUD et la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste se sont lancés dans un projet d’appui global au cycle électoral, en partenariat avec le Secrétariat d’État pour l’administration électorale, la Commission électorale nationale et de multiples donateurs internationaux. Ce projet, doté d’un budget de 5,3 millions de dollars œuvre à la consolidation de la démocratie dans un pays qui émerge à peine d’un conflit et au renforcement des institutions démocratiques nécessaires au bon fonctionnement de toute démocratie solide et florissante.

Des programmes d’information sur les processus d’inscription faisaient partie du projet, avec pour objectif d’amener les centres d’information et d’enregistrement à proximité des groupes sous-représentés. En 2010, ils ciblaient principalement les femmes âgées et illettrées.

La participation féminine aux activités civiques et politiques a toujours été très faible au Timor-Leste, en partie parce que la plupart des Timoraises passent la majorité de leur temps à cultiver la terre pour gagner durement leur vie, tout en s’occupant des travaux ménagers. En outre, le taux d’analphabétisme des femmes âgées en zone rurale est l’un des plus élevés de l’Asie du Sud-Est.

Pour la campagne spéciale d’inscription sur les listes électorales 2010, 65 équipes ont sillonné les 13 districts du Timor-Leste. Elles ont réussi à inscrire plus de 15 000 femmes âgées. Elles se sont aussi efforcées d’encourager la participation de toutes les femmes au scrutin.

Cette insistance sur une plus grande implication des femmes dans le processus électoral s’inscrit dans le cadre d’une initiative gouvernementale appuyée par le PNUD. Elle vise à accélérer la participation de ces dernières aux processus décisionnels. Les résultats sont déjà là :

- Le gouvernement et le parlement national ont adopté des politiques de discrimination positive, tant pour les élections nationales que locales, qui réservent un certain nombre de sièges aux femmes au sein des conseils communautaires et du parlement national.

- Le Timor-Leste a l’un des taux les plus élevés de représentation féminine en Asie. Après les élections de 2012, il sera l’un des plus élevés au monde, car un tiers au moins des parlementaires seront des femmes.

- La base de données électorales nationale révèle qu’environ 50 pour cent des électeurs inscrits sont des femmes.

- Enfin, un leadership solide autour de cette question a permis de faire bouger les choses au niveau local, où dix femmes sont devenues chefs de village, fonction traditionnellement réservée aux hommes.

Les progrès accomplis pour jeter les bases d’une société civile et une culture démocratique constituent d’ores et déjà un  succès extraordinaire pour le Timor-Leste. Mais on reconnaît une démocratie réellement saine au fait qu’elle apprécie et encourage la participation de tous ses citoyens. Comme peut en témoigner la seňora Mendonça Côrte-Real du haut de ses 92 ans, c’est en passe de devenir une réalité au Timor-Leste.

Bio: John Fenech est un Volontaire des Nations Unies et Officier de communications pour le PNUD au Timor-Leste. Précédemment, il a travaillé pour plusieurs organisations non gouvernementales en Australie, y compris Vision Mondiale et Oxfam.

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Le premier numéro de La Tribune du développement se présente sous forme de journal et reprend, dans un format agréable et peu coûteux, les douze articles lauréats de notre premier concours annuel de reportages.

 

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