Lutte contre l'analphabétisme au Burkina Faso

Enfants à l'école d'Iolonioro, Burkina Faso. (Photo: PNUD)

L’année scolaire aurait pu mieux commencer pour les élèves du cours élémentaire de premier niveau d’Iolonioro, un village situé en pleine brousse, dans le sud-ouest du Burkina Faso. En effet, suite au congé maternité de leur enseignante, les 67 élèves n’ont pas pu reprendre l’école à la rentrée scolaire de septembre 2008.

« Les enfants étaient en retard d’un mois et demi quand je suis arrivée », affirme Bibata Compaoré, 29 ans, enseignante volontaire et chargée de la classe depuis novembre 2008.

A retenir

  • Des 250 bénévoles du PNVB, 80 ont été recrutés pour travailler dans les écoles primaires.
  • Entre 1997 et 2008, le taux de scolarisation dans l'enseignement primaire a augmenté de 34,9 à 57,9 pour cent.
  • Le Burkina Faso alloue plus de 60% de ses dépenses totales d'éducation aux écoles primaires.

Le Burkina Faso est l’un des pays les moins alphabétisés au monde avec plus de 70 % d’analphabètes parmi les adultes et un taux de scolarisation de 39.1%, Ainsi, le pays souffre fortement du manque d’enseignants au niveau du primaire. Dans tout le pays, la suspension des cours et les classes de plus de 120 élèves sont monnaie courante.

Pour mieux lutter contre cette situation, plus de 80 volontaires ont été affectés à travers le pays pour travailler dans les écoles primaires. Ces jeunes burkinabés ont en commun une formation à l’Ecole nationale des enseignants du primaire. En attendant le test d’intégration, qui leur permettra de devenir des enseignants titulaires, ils travaillent en tant que volontaires dans le cadre du Programme national de volontariat au Burkina Faso (PNVB).

Le PNVB est un nouveau programme, financé par le PNUD, le Programme des Volontaires des Nations Unies et le gouvernement du Burkina Faso. L’objectif est de contribuer à atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement à travers l’engagement des volontaires.

« Une très grande partie de la population burkinabée est analphabète, et en même temps un grand nombre de personnes formées, compétentes, disponibles ne sont pas valorisées. C’est dans cette sphère que le PNVB joue un rôle,» souligne Hélène Agnelli, coordinatrice du programme.

Pour Compaoré, « le volontariat est intéressant parce qu’il me donne une expérience pratique en attendant de passer le test d’intégration ».

«L’alphabétisation est un domaine clé des objectifs du Millénaire pour le développement et notre collaboration avec le ministère est une réponse à une urgence. Ces volontaires apportent une contribution importante à leur pays et gagnent une expérience de travail qui, j’espère va les aider à passer le test d’intégration et trouver des postes salariés, » précise Hélène Agnelli.

Le programme compte au total 250 volontaires qui en plus de l’éducation travaillent dans les domaines de la santé, de la décentralisation, du développement économique et de l’environnement.