Népal : une nouvelle chance pour les migrants rapatriés

Homme au Népal devant sa fabrique
Après des années de travail en tant que salarié, Dhal Bahadur Karki, charpentier, a démarré une fabrique de meubles devenue prospère avec l'aide d'un programme de micro-entreprises au Népal. (Photo: PNUD Népal)

Dhal Bahadur Karki, 37 ans, a passé la majeure partie de sa vie à travailler comme menuisier qualifié dans plusieurs fabriques de meubles à Katmandou et à Banepa au Népal. Las d’être sous-payé et de la précarité, il paya une forte somme à un agent pour pourvoir trouver du travail aux Emirats Arabes Unis.

Une fois à Dubaï, sans le travail de menuisier qu’on lui avait promis, il fut forcé de travailler comme ouvrier en échange d’un salaire dérisoire.

À retenir

  • Le programme a permis à plus de 60 000 micro-entrepreneurs de créer une nouvelle activité.
  • Environ 70 pour cent de ces nouveaux micro-entrepreneurs sont des femmes et plus de la moitié sont des jeunes.
  • Environ 80 pour cent des entreprises crées avec l'appui du projet exercent encore leurs activités.
  • Près de 70 pour cent des bénéficiaires sont sorti de la pauvreté.
  • L’initiative a été prolongée jusqu’en 2017, avec un financement de l’Australie et un budget total de 34,2 millions de dollars.

Un an plus tard, il n’avait toujours pas assez d’argent pour récupérer les 1 200 dollars qu’il avait versé à l’agent recruteur.

« Je me suis alors dit que de toute façon ma vie n’allait pas s’améliorer et qu’il valait mieux travailler à mon compte » dit Karki.

Peu après, la police de Dubaï l’arrêta pour séjour irrégulier et l’expulsa vers le Népal. De retour chez lui, il dut faire face à de nouveaux problèmes : chômage, une famille de six personnes à nourrir et la honte d’être revenu au pays sans avoir fait fortune.

« J’étais au bord de la dépression » avoue Karki.

Le Programme de Développement des Micro-Entreprises (MEDEP), une initiative conjointe du gouvernement du Népal et du PNUD, lui redonne espoir. Le programme offre des formations aux pauvres et personnes défavorisées et les aide à monter des petites entreprises. Présent dans 38 des 75 districts du Népal, le MEDEP a permis de créer environ 62 000 emplois depuis sa création en 1998.

« J’avais des compétences en menuiserie mais je ne connaissais rien à l’entreprenariat, aux facilités de crédit, ni aux liens avec les marchés. Le MEDEP m’a aidé à réaliser mon potentiel et à monter ma propre entreprise », ajoute Karki.

Depuis, il a rejoint ses quatre frères au sein du Groupe des micro-entreprises en développement pour créer une fabrique de meubles dans son quartier. Le programme a aidé le groupe à acheter des équipements, à acquérir et actualiser des compétences, à obtenir un prêt et à étoffer son réseau commercial.

Karki emploie cinq personnes dans sa fabrique de meubles de Namdu, situé à quelques 150 kilomètres de Katmandou. En moins de quatre ans son entreprise s’est forgé une réputation de qualité, avec la production de tables, de chaises, de canapés, de placards et d’autres produits. Sa clientèle s’étend jusqu’à Katmandou.

Les micro-entrepreneurs du MEDEP gagnent en moyenne plus du double de leur ancien revenu. La troisième phase du projet, en cours de 2008 à 2012, disposait d’un budget de 14,1 million de dollars et était financée financé par le PNUD, le Canada et l’Australie. L’initiative a été prolongée jusqu’en 2017, avec un financement de 32,3 millions de dollars australiens pour un budget total de 34,2 millions de dollars.