Aux Maldives, la création de nouvelles entreprises aide à préserver la biodiversité


Amira Sulaiman, commerçante, a été aidée par le programme de préservation de la biodiversité des Maldives qui favorise aussi les modes de vie traditionnels. (Photo: MOOINC / PNUD Maldives)

Il n’y a pas si longtemps, Amira Sulaiman passait ses journées à effectuer des tâches ménagères. Aujourd’hui, elle concocte des remèdes traditionnels, et prépare des baumes de massages et des antidouleurs.

À retenir

  • Atoll Ecosystem Conservation distribue des bourses pour soutenir les emplois traditionnels, qui dépendent de l’environnement.
  • Le président des Maldives s’est engagé à faire des Maldives la 1ère nation au monde à être entièrement classée comme réserve de biosphère d'ici 2017.
  • Le projet a été réalisé grâce à un don de 2,73 millions de dollars du Fonds pour l’environnement mondial et à un co-financement de 1,31 million du gouvernement et d’autres partenaires.

Dans la petite cahute qui lui sert de lieu de travail, des arômes subtils de noix de coco, de guimauve indienne et de clou de girofle flottent dans l’air. Elle tend une cuillère d’hilibeys (une concoction âpre de riz, de noix de coco et d’épices exotiques sèches et moulue en une fine pate noire) à une femme qui a récemment accouché d’un petit garçon :

« C’est bon pour votre mal de dos», dit-elle.

Amira n’avait jamais pensé devenir entrepreneur.  Mais sa vie a pris un autre chemin quand elle a reçu une bourse d’Atoll Ecosystem Conservation (AEC).

Le projet AEC, soutenu par le PNUD et financé par le Fonds pour l’environnement mondial, vise à protéger l’environnement autour de l’atoll Baa, un ensemble d’îles maldiviennes à la biodiversité considérable. Ce projet se veut un modèle de conservation pour tous les atolls du payset a contribué à mettre en place des politiques de protection de la biodiversité et des processus écologiques au profit des générations futures.

Les bourses AEC transforment des tâches longtemps été considérées comme peu rentables en  emplois traditionnels lucratifs, comme celles touchant à la préparation de remèdes à base de plantes et la concoction de grog, assurant des revenus stables à la communauté.

« Grâce au projet et aux formations de AEC, nous avons découvert de nouvelles perspectives », dit Amira, qui a récemment rejoint un groupe de femmes sur l’île de Kendhoo, dans l’atoll Baa, pour produire des remèdes à base de plantes et les vendre aux îles et atolls alentours.

Avec le succès du modèle AEC, la conservation de la biodiversité est maintenant prise en compte dans les processus de planification nationaux. Après consultation des parties prenantes et de l’ensemble des communautés, l’atoll Baa a été déclaré Réserve de biosphère par l’UNESCO en juin 2011. À cette occasion, le président des Maldives s’est engagé à étendre cette désignation à l’ensemble du pays, ce qui ferait des Maldives la première nation au monde à être entièrement classée comme réserve de biosphère.

« Baa était un atoll simple et sans richesse »,  déclare Abdul Razzaq Mohamed, ancien chef de l’atoll maintenant à la retraite. « C’est le peuple qui a fait de l’atoll ce qu’il est aujourd’hui ».

L’île Eydhafushi est connue pour la confection de textile et pour le tissage et Thulhaadhoo se distingue pour la pêche et l’artisanat en laque biologique. Les femmes de l’île Kiyaadhoo sont réputées pour le tissage de cordes à partir des coques de noix de coco séchées. Les cordes servent encore à la construction des maisons traditionnelles.

Selon le chef, les artisans de l’atoll Baa avaient l’habitude de se servir de matières premières et le projet AEC a remis au goût du jour d’anciennes traditions du pays.  

Les maldiviens cohabitent avec l’environnement depuis des siècles, dit-il, et recommencent, une fois de plus à en tenir compte et à réaliser l’importance de la conservation de la nature.

« Si nous ne protégeons pas l’environnement qui nous entoure, que reste-t-il pour nous sauver ? »

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