En Géorgie, préparer les jeunes à faire carrière

une étudiante dans un atelier de couture
Nino Narmania, déplacée dans son propre pays, participe à l’atelier de couture organisé grâce au soutien du PNUD. (Photo : PNUD Géorgie/Daro Sulakauri)

Quand Nino Narmania, 19 ans, a appris qu’il lui 
fallait des compétences en informatique pour faire un métier qu’elle adore, la couture, elle s’est inscrite à un programme universitaire à Poti, petite ville provinciale dans l’ouest de la Géorgie.

Avec 50 de ses camarades, elle fut parmi les premières à tirer profit d’un enseignement de qualité doublé d’une formation pratique dans un atelier de couture bien équipé.

« J’apprends à travailler avec Photoshop et Corel et à utiliser des machines à coudre modernes, expli-que Narmania. Ce n’est pas toujours facile, mais les profs sont super. Nous avons des professeurs d’université pour les cours d’informatique et une haute école professionnelle allemande nous donne des cours en ligne. »

A retenir

  • Un programme visant à réformer l'éducation professionnelle en Géorgie a permis de moderniser les curriculums, de mieux former les professeurs et d'améliorer les standards académiques.
  • 70 pour cent des 3 000 diplômés ont trouvé un emploi
  • Chaque année, 9 centres d’enseignement technique et professionnel préparent 1500 étudiants - la moitié d'entre eux des déplacés - à 25 métiers très demandés.
  • Ce programme a été développé grâce à des fonds de l'Union européenne, la Suise, la Norvège et la Roumanie.

Avec ses programmes de pointe, ses outils modernes et ses formateurs qualifiés, la haute école Phasizi est l’une des institutions académiques les plus réputées de la région. Le 
programme de couture accueille 
50 étudiantes par an et les classes se remplissent huit mois à l’avance.

Tout comme Narmania, près de la moitié des étudiants vient de familles déplacées par les conflits, ce que l’on appelle des déplacés de l’intérieur. Pour eux, la formation professionnelle est l’une des façons les plus directes de trouver du travail et de reconstruire une vie bouleversée par la violence.

« Il y a deux ans, je n’aurais pas cru possible de suivre ce type d’enseignement dans notre ville. Maintenant, je suis sûre de bien faire mon futur métier et de trouver un bon emploi. Cette université, c’est mon avenir », explique Narmania.

En Géorgie, le système d’enseignement technique et professionnel a été l’objet d’un vif débat parmi les activistes qui estiment qu’il doit faire beaucoup plus pour préparer ses étudiants au marché du travail.

En 2006, avec des fonds de l’Union européenne, de la Direction du développement et de la coopération suisse et des Gouvernements norvégien et roumain, le PNUD a commencé à collaborer avec le ministère de l’Éducation pour réformer le système d’enseignement technique et professionnel du pays. Depuis, les établissements d’enseignement supérieur qui participent au programme répondent mieux aux demandes du marché du travail local, des normes uniformes ont été établies pour les diplômes, les enseignants ont suivi d’indispensables cours de recyclage et les sites accueillant les formations ont été rénovés.

Lorsque le conflit militaire a éclaté en 2008, le PNUD s’est occupé des zones touchées, où un enseignement de type professionnel pouvait aider les habitants à retrouver leur indépendance, surtout ceux dont l’éducation ou la carrière avait été interrompue du fait de leur déplacement.

L’université Gori a accueilli l’une des premières initiatives à Shida Kartli, la région la plus touchée par la guerre. Devenue l’un des instituts d’enseignement technique le mieux équipé du pays, elle offre une large gamme de formations professionnelles. L’apprentissage sur le terrain comprend des mini-ateliers pour la fabrication de produits agricoles, comme les fromages géorgiens traditionnels ou les fruits et légumes en conserve, dont certains se vendent jusque dans les grands supermarchés de Tbilissi, la capitale géorgienne. Ces ateliers permettent aux étudiants de commencer à travailler tout en mettant en pratique leurs compétences fraîchement acquises. Ils fonctionnent comme de petites entreprises, ce qui leur donne un intérêt supplémentaire car ils contribuent ainsi aux revenus de l’université.

Fin 2011, les hautes écoles techniques et professionnelles de Poti et Zugdidi avaient créé leurs propres programmes avec l’aide du PNUD, dans le cadre de son appui à Samegrelo, une région à l’ouest de la Géorgie qui abrite quelque 80 000 déplacés. Environ 1 500 étudiants (dont une moitié de déplacés) peuvent s’inscrire aux cours chaque année. Ces institutions ont ouvert des ateliers de fabrication de meubles ou de vêtements inspirés de ceux de Gori.

En 2012, neuf centres d’éducation professionnelle répartis dans tout le pays offraient des formations de pointe pour 25 métiers, surtout dans des secteurs à forte demande comme l’agriculture, la transformation des aliments et la construction. Chacune de ces formations disposait de nouveaux programmes, de manuels pour les enseignants et les étudiants, et de cours de qualification spéciaux pour les professeurs.

Soixante-dix pour cent des 3 000 étudiants qui ont reçu leur diplôme à ce jour ont trouvé du travail.

Levan Lakia, 22 ans, vit dans un petit village avec ses parents et ses deux frères cadets. Recruté dans la cadre de la rénovation d’une école après sa formation professionnelle à l’université de Poti, il est le seul de sa famille à travailler.

« L’enseignement professionnel a changé ma vie, dit-il. J’ai confiance en moi à présent et je sais quoi faire. Ce n’est pas seulement que je peux gagner ma vie. C’est surtout une question d’expérience, laquelle améliore mes chances de trouver un emploi et de rester compétitif. »

D’autres jeunes comme Nino Narmania et Levan Lakia profitent au mieux de la chance qui leur est offerte d’améliorer leur avenir. La conviction qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre aide des milliers de Géorgiens à garder espoir et à refaire leur vie.

SOPHIE TCHITCHINADZE est analyste chargée de la communication pour le PNUD Géorgie.


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