Aider les jeunes du Yémen à lutter contre le chômage

femme plantant des arbres au Yémen
Une jeune femme plante des arbres dans le cadre du projet d'autonomisation économique des jeunes au Yémen. (Photo: PNUD Yémen)

Tahani, 25 ans, marche le long d'une rangée d’arbres qu’elle a plantés le matin même avec son équipe de travail.

« C'est bien d'avoir du travail. J'ai plaisir à planter des arbres parce que je sais qu’ils seront là pendant de nombreuses années », dit-elle.

À retenir

  • L’instabilité récente au Yémen a entraîné un affaiblissement de l’économie et un taux de chômage de plus de 50 pour cent chez les jeunes.
  • Plus de 1 200 jeunes ont reçu une formation par le biais d’un projet du PNUD. Beaucoup ont désormais une plus grande autonomie financière qui leur permet de commencer de nouvelles carrières ou de créer des entreprises.
  • Cette approche aide également la population en lui fournissant un accès à l’eau, en créant des marchés inclusifs, en réparant les écoles et autres infrastructures endommagées par le conflit, en construisant des terrasses pour l’agriculture et en plantant des arbres.
  • Le projet est financé par le Japon, qui a versé 2 millions de dollars, et la République de Corée, qui en a contribué 200 000$.

La vie n’a pas toujours souri à Tahani. Son père est mort il y a plusieurs années et elle doit travailler pour élever son jeune frère épileptique… et les médicaments coûtent cher. Bien qu’elle ait quitté le lycée avec un taux de réussite de 86 %, elle n'a pas pu réaliser son rêve qui était d’entrer à la faculté de médecine.

Heureusement, un projet lancé par le PNUD visant à aider la communauté dans laquelle elle vit l’aide aussi à gagner sa vie et à économiser. Grâce à ce programme, son rêve pourra peut-être un jour devenir réalité.

Tahani participe au Projet d’autonomisation économique des jeunes du PNUD, qui a adopté une « approche 3x6 » qui s’est révélée très efficace au Burundi. Ce projet a offert à Tahani et à plus de 1 200 autres jeunes Yéménites un emploi de deux à quatre mois consistant à creuser des puits dans les zones rurales pour améliorer l’accès à l’eau, ou bien à construire des marchés, à contribuer à la durabilité environnementale et à la réduction de la consommation d'eau en plantant des arbres et en construisant des terrasses pour les cultures, ou encore en rénovant des infrastructures comme les écoles qui ont été endommagées lors du récent conflit.

En parallèle, le programme dispense une formation à Tahani qui lui permettra d’ouvrir un atelier de couture. Ce n’est peut-être pas la faculté de médecine mais le revenu que lui fournira cette nouvelle activité est un premier pas vers la réalisation de ce rêve. 

Un tiers du salaire gagné par ces jeunes travailleurs est versé sur un compte d’épargne dans une banque de microfinance. Lorsque cet emploi temporaire prend fin, ils peuvent utiliser cet argent (auquel le PNUD ajoute une somme supplémentaire) ainsi que la formation et les conseils qu’ils ont reçus pour s’associer avec d’autres bénéficiaires du programme et créer des petites entreprises. Outre les ateliers de couture, ces jeunes gens créent des entreprises diverses comme des fermes, des ateliers de soudure ou de menuiserie, et des services de traiteur. La plupart de ces entreprises donnent aux femmes l'opportunité de travailler dans des domaines où elles ne seraient pas normalement employées au Yémen. Bien qu'il ait été lancé il y a seulement sept mois, les jeunes formés par ce programme ont déjà créé plus de 50 entreprises.

Le programme contribue également à réduire la possibilité d’un autre conflit au Yémen, où les violences récentes ont entraîné une contraction de l’économie et une recrudescence du chômage. Selon Gustavo Gonzales, Directeur principal du PNUD au Yémen : « Plus de 50 pour cent des Yéménites entre 18 et 24 ans sont au chômage, ce qui est une véritable bombe à retardement capable de déclencher d’autres violences.

Les manifestations et le conflit en 2011 ont été déclenchés par de jeunes Yéménites qui demandaient des emplois et des salaires décents et davantage d’opportunités. Paradoxalement, l’impact à court terme de cette transition a été une augmentation du chômage. Le conflit et l’instabilité ont porté un coup sérieux à l'économie, ce qui bien évidemment accroît le risque de plus d'instabilité et de violence dans un avenir proche. »

L’opinion de M. Gonzales est partagée par l’homme de la rue. Comme le dit Hassan Mohsen, chauffeur de taxi à Taïz : « Les gens sont en colère. Personne n’aime la violence mais la prolifération du chômage va finir par mettre le feu aux poudres encore une fois et cela pourrait être un véritable désastre pour le pays. »

Le PNUD espère prévenir une répétition de la violence de 2011 par le biais du programme auquel Tahani participe.

Alors qu’elle épargne pour créer un atelier de couture, cette approche l'aide et aide d'autres femmes à atteindre une indépendance financière.

« Pour la première fois de ma vie je ne dépends pas de ma tante et je suis capable de contribuer aux dépenses quotidiennes du foyer.  La formation que j’ai reçue m'a ouvert de nouvelles portes et a changé ma vie », dit-elle.

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