Des semences au marché, transformations radicales de l’agriculture éthiopienne

Fermiers en Ethiopie
Les associations agricoles locales fournissent des semences de meilleure qualité, des engrais et des formations pour les agriculteurs. Photo: Agence de Transformation Agricole

Hurgessa Gutema est propriétaire d’une petite ferme à Wolisso en Éthiopie centrale et voit ses récoltes augmenter chaque année grâce à des semences de meilleur qualité et à des engrais venant de l’union des agriculteurs. « Nous récoltons jusqu’à 20 quintaux pour chaque demi-hectare cultivé » dit-il. « Avant on n’en récoltait que trois ou quatre. »

Qui dit plus de récoltes dit plus de rentrée d’argent pour subvenir aux besoins de sa famille, dont notamment l’éducation de ses enfants.

À retenir

  • L’Agence pour la Transformation Agricole d’Éthiopie améliore le rendement des cultures, en introduisant de nouvelles pratiques et en mettant en contact petits exploitants et acheteurs internationaux.
  • Les nouvelles méthodes ont permis d’augmenter la production d’au moins 30% et jusqu’à 100% dans certains cas.
  • Près de 2 millions d’agriculteurs tirent profit de ces rendements accrus en 2013.

L’Éthiopie est engagée dans une véritable révolution agricole, qui bouleverse la façon dont les petits producteurs agricoles gèrent leurs exploitations. Une nouvelle organisation, l’Agence pour les Transformations Agricoles, introduit des méthodes de plantation innovantes, améliore les techniques de marketing et fait croître de manière exponentielle le nombre d’exploitants agricoles qui atteint aujourd’hui les 12,8 millions.

« Nous nous assurons de ce que les associations agricoles du pays aient le même fonctionnement qu’une entreprise, et non pas celui d’une simple organisation sociale » dit Khalid Bomba, directeur de la nouvelle agence. « À terme, il faut qu’elles soient financièrement viables ».

Les associations agricoles locales fournissent des semences de meilleure qualité, des engrais et des formations pour les agriculteurs. Elles aident également les petits producteurs à vendre leurs produits sur les marchés. 

L’Agence vise aussi à assurer la sécurité alimentaire sur le long terme.

« Nous devons considérer le système d’un point de vue global et travailler à renforcer nos partenariats avec le secteur agricole » dit encore Khalid Bomba.  L’agence a commencé son travail en 2011 avec le soutien du PNUD et d’un éventail de partenaires et envisage  de passer le relai au gouvernement d’ici quinze ans.

« Ce n’est que le début de l’aventure. Les transformations vont arriver petit à petit » dit Haddis Tadesse, directeur de la Fondation Gates dans le pays, l’un des soutiens de l’Agence. « Les premiers résultats semblent très prometteurs. »

La culture du Teff, une céréale utilisée dans la fabrication de l’injera, sorte de grande crêpe caractéristique de la cuisine éthiopienne, en est un bon exemple.

« Nous avons introduit de nouvelles pratiques qui réduisent les quantités de graines utilisées et permettent de faire pousser de nouvelles variétés » dit Khalid Bomba. « Cette méthode a permis d’accroître les rendements d’au moins 30%, et dans certains cas jusqu’à 100%. Nous avons commencé ce projet avec seulement 2 agriculteurs, cette année nous atteignons pratiquement les 2 millions ».

Une bonne collaboration

L’Agence soutient les efforts de coordination menés par le Ministère de l’Agriculture, en assurant la liaison avec les gouvernements donateurs travaillant dans des régions spécifiques, et les entreprises qui cherchent à investir dans le système agricole.

Les partenaires comprennent entre autres : la Fondation Bill and Melinda Gates, la Banque Mondiale, les Fondations Nike et Rockfeller, ONUSIDA, le Ministère canadien des Affaires étrangères , l’Institut Synergos, l’Institut Éthiopien pour les Recherches Agricoles, le PNUD et l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IIRPA).

Le gouvernement hôte gère ces coordinations de manières efficaces, c’est un principe fondamental du Partenariat mondial pour le développement qui aide les gouvernements, les entreprises et les organisations à œuvrer ensemble pour mettre fin à la pauvreté.

Des gains considérables  

Avec un taux moyen de croissance de 10%, et un taux de pauvreté passé de 40% à 29% en sept ans, de nombreux investisseurs s’intéressent désormais à l’Ethiopie.

Eugene Owusu, représentant résident pour le PNUD en Éthiopie, pense que l’Agence et le Ministère de l’Agriculture ont un rôle clé à jouer dans la stratégie de développement à long terme du pays.

« L’Éthiopie a pour objectif  une révolution industrielle axée sur l’agriculture » dit-il. « Nous exportons déjà des matières premières, mais le but est d’investir en mettant en place une infrastructure industrielle qui permettra de fabriquer des produits finis et ajoutera de la valeur aux exportations. »

En ce qui concerne Hurgessa Wolisso, il épargne pour l’avenir.

« Mon projet est de devenir négociant » dit-il. « Je fournirai toute une gamme de semences pour répondre à la demande du marché. »

Le PNUD en action
Oeuvrer pour un progrès global

Présent dans 177 pays et territoires, le PNUD appuie des activités visant à relever le niveau de vie et à créer des opportunités. Notre Rapport annuel 2012-2013 présente toute la gamme de nos partenariats et illustre notre rôle de leader en matière de coordination et de responsabilisation au sein du système des Nations Unies.

Voir tous les rapports annuels