Encourager et accompagner l’emploi des jeunes en Tunisie

woman works in greenhouse
Nesrine a défriché le sol de ses propres mains, creusé des sillons, puis installé les serres nécessaires au lancement de son projet. ©PNUD Tunisie

Rien ne prédestinait Nesrine Berhouma à se lancer dans l’élevage d’escargots. Pourtant, à seulement 27 ans, cette jeune tunisienne  a entrepris avec  courage  de se lancer dans une activité  encore nouvelle.

« C’est souvent difficile de gérer les difficultés administratives ou bien les relations avec les banques. C’est un véritable parcours d’obstacles » explique Nerine, qui a installé son exploitation dans la petite localité de Boumeftah, à l’ouest de Tunis.  « Les entrepreneurs de mon type doivent tout apprendre en même temps qu’ils agissent. »

À retenir

  • Le projet, financé par le Gouvernement du Japon à hauteur de 1,5 millions de dollars, vise la promotion de l’emploi des jeunes, en particulier dans les domaines de l’économie verte.
  • Plus de 20 pour cent des étudiants diplômés tunisiens sont sans emploi, dont une majorité de femmes.
  • Depuis 2012, 700 jeunes ont été formés à l’entreprenariat dans les secteurs «verts» et 328 éco-projets ont vu le jour en Tunisie.

Ces dernières années, les emplois se font rares en Tunisie : le taux de chômage des 18-29 ans atteint les 30 pour cent. Plus de 20 pour cent des étudiants diplômés sont sans emploi et plus de la moitié sont des femmes. En réponse à la révolution menée par les jeunes en janvier 2011 et pour soutenir la transition démocratique, le PNUD en Tunisie a élaboré une stratégie de transition axée sur la gouvernance démocratique, la réduction de la pauvreté et le relèvement.

Le « Programme de Génération d’emploi pour les jeunes en Tunisie », financé en grande partie par le gouvernement du Japon, vise à promouvoir et accroître l'auto-emploi des jeunes, hommes et femmes, par l'accès à des formations professionnelle et entrepreneuriale, avec une préférence pour les secteurs liés à l'environnement.

Nesrine a ainsi obtenu une formation de deux mois lui permettant de parfaire son bagage technique et pratique, d'établir une étude de marché pour optimiser les négociations avec les banques, et dispose du soutien d'un coach qui suit la jeune promotrice dans ses projets. 

« C’est grâce à nos formateurs et aux réseaux qui nous appuient que nous avons pu être initiés aux compétences de gestion et à la logique d’entreprise », dit la jeune femme.

À force de persévérance, Nesrine a pu négocier plusieurs écueils avec succès. Né avec la révolution tunisienne, son projet d’élevage d’escargots a failli étouffer dans l’oeuf. Il a fallu déployer des trésors d’énergie pour dépasser le cap des mois difficiles.

« Au début, personne n’y croyait » se souvient-elle, « il a vraiment fallu se battre pour convaincre mon entourage que j’avais les capacités qu’il fallait et le désir d’aller de l’avant. Les jeunes promotrices doivent d’abord lutter contre les préjugés. »

Lauréate de Souk At-tanmia, une initiative  de développement économique, Nesrine peut désormais aspirer à de nouveaux crédits et dotations. Cela   devrait lui permettre d’améliorer une capacité de production qui, aujourd’hui, couvre à peine ses coûts. 

Confrontée à un marché local difficile, Nesrine songe en effet au développement de son entreprise à l’international et à la conquête de nouveaux marchés. Avec le soutien des agences onusiennes, plusieurs jeunes éleveurs d’escargots ont pu en effet se regrouper au sein d’une société mutuelle d’héliciculture. Par ce biais, ils bénéficient de l’assistance d’experts pour définir leurs stratégies et envisagent des partenariats avec des enseignes de la grande distribution et des pays étrangers.

« Il est très important de sentir que l’on est entouré » souligne Nesrine. « Cela permet de dépasser plus facilement les moments de doute. En mettant nos efforts en commun, nous avons su créer une nouvelle dynamique et même définir de nouveaux horizons pour le secteur. Cela prouve bien que les gisements de compétences sont partout et qu’il suffit de les appuyer pour qu’émergent de nouvelles initiatives. »

Tenant compte des enseignements tirés de ce projet, le PNUD en Tunisie continue d’encourager l’entreprenariat et la création d’emplois dans les « secteurs verts » avec un nouveau projet proposant des formations aux jeunes tunisiens. Ce projet s’inscrit dans une stratégie de transition axée sur la gouvernance démocratique, la réduction de la pauvreté et le relèvement, en réponse à la révolution menée par les jeunes en janvier 2011. 

Dans le cadre de ce nouveau projet, plus de 700 jeunes ont été formés à l’entreprenariat dans les domaines de l’agroforesterie, l’éco-tourisme, la gestion des déchets et les énergies renouvelables et 328 éco-projets ont déjà vu le jour. Parmi ces projets, 21 ont été sélectionnés pour bénéficier d’un coaching approfondi, permettant aux jeunes entrepreneurs de finaliser leurs business plans. Ces projets devraient à terme générer près de 250 emplois en Tunisie.

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés, de la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables.

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