Cultiver la paix au Salvador

un jeune homme travaille dans une serre
Giovanni travaille dans sa serre. ©PNUD El Salvador/Mauricio Martínez

Penché au-dessus d’une rangée de plants de poivrons, Giovanni est à l’ouvrage. Alors qu’il arrache les mauvaises herbes, son visage, obscurci par quelques tatouages menaçants, semble s’éclaircir.

« Avant, ma vie était un enfer, » confie-t-il. « Mais maintenant, j’ai un travail et j’ai bien mieux à faire que d'aller chercher des ennuis. »

À retenir

  • Le Salvador est considéré l’un des pays les plus violents au monde. Son taux de criminalité est deux fois plus élevé que celui du reste de l’Amérique latine.
  • À ce jour, 97 % des participants au projet sont employés ou ont créé leur propre entreprise.
  • De 2009 à 2013, le taux de criminalité de certaines villes a chuté de près de 60 %.
  • En 2012, le gouvernement a mis en œuvre une stratégie de prévention afin que les municipalités puissent poursuivre le travail du PNUD.

Il n’y a pas si longtemps, Giovanni, 23 ans, fréquentait un des gangs les plus violents du Salvador. Avec un taux d’homicide deux fois plus élevé que dans le reste de l’Amérique latine, ce pays est considéré comme l’un des plus violents au monde.

Dans un quartier particulièrement dangereux de Santa Tecla - un endroit craint par la police armée elle-même, un projet du PNUD donne aux jeunes l’opportunité de prendre un nouveau tournant. Les participants apprennent les bases de la gestion d’entreprise en cultivant les nombreuses petites exploitations agricoles de la zone urbaine et en vendant leurs récoltes aux épiceries locales.

Giovanni est l’un des 180 bénéficiaires recrutés dans le cadre de ce projet intitulé « De jeunes entrepreneurs pour des villes plus sûres ». Le projet vise à donner des alternatives aux jeunes en situation difficile en les aidant à générer un revenu et à mieux s’intégrer au sein de leurs communautés et de leur société. À ce jour, 97 % des participants au projet ont trouvé un emploi ou ont créé leur entreprise.

Depuis 2007, le PNUD aide les gouvernements à développer des observatoires municipaux pour établir et analyser des statistiques relatives à la criminalité. En utilisant ces informations pour identifier les zones à risque, le PNUD a encouragé les autorités locales et les membres de la communauté à travailler ensemble afin de réduire les tensions et améliorer les espaces publics pour les rendre plus accueillants.

Grâce à la restauration des zones abandonnées, à la mise en place de surveillance de quartier et de systèmes de médiation et de résolution des tensions, le taux de criminalité de certaines communautés a diminué de presque 45 %.

« L’intervention du PNUD à travers le pays a contribué à réduire la violence, » explique Marcela Smutt, Coordinatrice pour la Gouvernance démocratique au PNUD au Salvador. « Entre 2009 et 2013, les taux d’homicides ont baissé de 57 % à Santa Tecla, de 86 % à Sonsonate et de 34 % à San Salvador. »

Le succès de ces programmes a encouragé le gouvernement à adopter sa première politique nationale de justice, de sécurité et de coexistence pacifique en 2010. En 2012, le gouvernement a mis en œuvre une stratégie de prévention afin que les municipalités puissent poursuivre le travail du PNUD. Les lois sur les armes à feu ont été renforcées et les agences du gouvernement ont désormais les connaissances et les outils nécessaires pour renforcer l’interdiction du port d’arme.

Giovanni sait que le Salvador a encore du chemin à parcourir. Mais pour la première fois de sa vie, il gagne son propre salaire en toute légalité et se sent responsable de l’avenir de sa famille. « Je ne veux pas que mon fils connaisse le même parcours. Je veux qu’il ait un diplôme, qu’il porte un costume et une cravate, je veux qu’il sache que je suis fier de lui. »

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés, de la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables.

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