RD Congo : mettre les vaches au service des femmes agricultrices

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Au centre de formations, une femme nourrit les bovins.©Benoît Almeras-Martino/PNUD RDC

Sur le chemin qui mène à Kisuma, dans la région du Nord Kivu, Furaha (« Joie » en kiswahili) fait une courte pause, elle essuie la sueur de son front mais sans se défaire du sac en pagne, solidement calé sur son dos. « C’est encore plus fatigant de le poser par terre et de le remettre pour repartir. »

À retenir

  • Créé en 1993, le SENATRA est chargé de promouvoir l’utilisation de la traction animale auprès des agriculteurs de la région du Nord Kivu, en RD Congo.
  • À terme, près de 4 000 bénéficiaires d’associations agricoles du Nord Kivu profiteront des bénéfices de la traction animale.
  • Le gouvernement de la République de Corée finance le projet, versant prêt de 3 millions de dollars pour trois ans.

Quel poids fait-il ? « Quinze kilos, et le moulin est encore à trois kilomètres. » Elle reprend sa route vers les hauteurs. Furaha est loin d’être un cas isolé – sur toutes les routes du Nord Kivu, on croise des femmes qui portent des charges très lourdes (jusqu’à plusieurs dizaines de kilos) pour rejoindre les marchés.

« Dans nos contrées, on considère les femmes comme des outils de travail. Ce sont elles qui cultivent les champs, s’occupent de la récolte et transportent les denrées jusqu’aux marchés. » explique Christian Ndoole, du Service National de Traction Animale (SENATRA).

Christian nous accueille à Kisuma, dans l’enclos du centre de dressage pour bovins, dont il est l’un des responsables. Actuellement en travaux, le centre a néanmoins pu démarrer ses activités au début de l’année 2014 en accueillant trente agriculteurs et agricultrices issus de quinze associations communautaires.

Avec l’appui du PNUD et de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), ces agriculteurs sont formés à l’utilisation des vaches en attelage « afin d’alléger la charge de travail des femmes » explique Christian. Chaque association s’est ainsi vue attribuer deux boeufs ; les formateurs du SENATRA leur enseignent comment prendre soin des bêtes et les guider correctement afin que l’attelage fonctionne.

Utiliser des boeufs comme animaux de trait est une idée simple sur le papier, qui se heurte pourtant à des résistances culturelles parmi les éleveurs.

Il a fallu sensibiliser les éleveurs sur l’utilisation des bêtes en attelage. On en est encore aux prémices, alors nous avons dû acheter les trente boeufs qui seront utilisés. »

D’après une étude anthropologique menée par Alexis Bouvy en 2013, et financée par le PNUD, l’élevage du gros bétail dans la région est uniquement orienté vers la production de lait et de viande, Une forte valeur symbolique et sociale est en outre associée aux troupeaux de vaches qui font la fierté des éleveurs. 

En dépit de ces freins culturels, l’enthousiasme est réel parmi les apprentis bouviers. Furaha Kahindo, 37 ans, est veuve et mère de cinq enfants, elle confie que les bêtes « vont régler les problèmes de transport des marchandises. Normalement, chaque mardi et vendredi, je porte entre 15 et 20 kilos de marchandises entre Boabo et Masisi Centre. Utiliser les vaches permettra de soulager mes souffrances. »

Selon Christian Ndoole, « soulager les femmes permettra aussi de créer plus d’opportunités pour augmenter leurs ressources, les associations pourront louer les vaches pour d’autres activités et améliorer la vie des communautés. »

Après quarante jours de formation, les trente apprentis retourneront auprès de leurs associations respectives pour restituer ce qu’ils ont appris et transmettre leur savoir aux autres membres.

Environ 4000 agriculteurs membres des associations bénéficiaires, dont plus de 50% de femmes, devraient profiter de la traction animale et de l’utilisation des vaches en attelage.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Relèvement Communautaire et Consolidation de la Paix au Nord Kivu ». En plus de la promotion de la traction animale, le projet prévoit la construction de deux marchés,et deux centres de formation professionnelle ainsi que des activités de transformation des produits agricoles dans le territoire de Walikale.

Le projet est financé à auteur de 2 943 647 dollars par le fonds d’affectation spéciale du PNUD et de la République de Corée pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Sa mise en œuvre est assurée par le PNUD, en collaboration avec la FAO, en appui à l’Inspection Provinciale de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Elevage (IPAPEL), au Service National de Traction Animale (SENATRA) et du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.

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Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés, de la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables.

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