Reconstruction communautaire au Burundi

Raheri est veuve de guerre au Burundi.

A Gitukura, au nord du Burundi, l’heure est à la reconstruction physique, sociale et morale. Situé à la frontière Rwandaise, le village a connu les affres de la guerre, laissant les habitants, principalement des femmes et des enfants, dans l’isolation et le dénuement quasi-total. Aujourd’hui, veuves de guerre et anciens combattants participent solidairement à la construction d’une école, pour que leurs enfants puissent avoir droit à l’éducation.

Avecle soutien du PNUD, le gouvernement mène un programme de reconstruction communautaire pour inciter les différents groupes sociaux affectés par le conflit (vulnérables, rapatriés et ex-combattants) à œuvrer ensemble sur des projets d’intérêt commun. L’initiative, qui se déroule également au travers de séances de sensibilisation à la cohabitation pacifique, leur permet ainsi de réhabiliter des pistes rurales, des latrines, des canaux d’irrigation, des rigoles, des ponts, en plus de participer à l’aménagement de bâtiments publics, à la fabrication de briques, au reboisement et à la lutte contre l’érosion.

A retenir

  • Le programme vise à réintégrer durablement les anciens combattants dans la vie communautaire.
  • Les travailleurs reçoivent environ 3 dollars E.U. par jour, leur permettant de subvenir à leurs besoins et investir dans dans des activités génératrices de revenus.
  • Près du tiers des familles burundaises consomment moins de 1 400 kcal par jour.

«Le fait que nous passions des journées de travail en parfaite ententeest bon signe! Il y a quelque temps nous n’avions pas nécessairement la même vision des réalités », se réjouit Raheri Ngoyabarezi, qui a perdu son mari lors du conflit. En outre, insiste-t-elle, «nous sommes payés par le projet, ce qui nous permet d’améliorer nos conditions d’existence ».

Trois mois durant, ces travailleurs recevront la somme de 3.000 FBu (environ 3 dollars) par jour, ce qui leur permettra de subvenir aux besoins immédiats de leurs familles et de constituer un petit capital de départpour entreprendre des activités génératrices de revenus, acheter desbêtes d’élevage ou des lopins de terre. Rassurée par la présence régulière des responsables du projet au chantier, Raheri, raconte: «nous avons cotisé pour acheter le terrain... Comme notre école fait partiedes priorités pour le développement de la commune, nous sommeségalement parvenus à rassembler des moyens pour commencer la fondation ».

Signe que la confiance est rendez-vous, le boucher du village vient d’abattreune vache qui sera partagée de manière équitable entreles bénéficiaires du projet. Le boucher distribue ses morceaux deviande à crédit, en sachant qu’il se fera rembourser le lendemain, jourde paye. « Le boucher nous fait confiance, c’est un signe d’entente dans notre localité », approuve Raheri qui espère améliorer l’alimentation de ses enfants en achetant la viande.

La journée du travail débute tôt le matin vers 7 heures pour se terminer à 15 heures. Tous travaillent avec le même enthousiasme pour le développement de leur collectivité. «Ce matin, nous avons coulé le béton pour le chainage de l’école… Nosenfants étudieront ici. Il y aura sept classes et un bureau dedirection», raconte Raheri tout en passant les briques entre les mains de sa voisine Karumelina. «Je suis sûre que nos enfants seront fiers comme nous de disposer d’une école sortie de la conjugaison de nos forces », continue-t-elle.

Le PNUD en action
De nouveaux partenariats pour le développement

Notre Rapport annuel 2013-2014 met en lumière les résultats de notre travail dans plusieurs domaines clés. De la sécurité alimentaire à la création d’emplois, au bon déroulement des élections, au relèvement d’après crise et à la gestion des ressources naturelles non renouvelables, nos efforts convergent vers un but concret : aider les pays à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités. 

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