Au Bénin, les productrices de coton embrassent l’agriculture biologique

Une agricultrice dans son champ de coton au Bénin.
Agricultrices dans leurs champs au Bénin. Photo: Giacomo Pirozzi

Le Bénin produit chaque année en moyenne 220 000 tonnes de coton, représentant 45% des rentrées fiscales et 13% du PIB. Mais à Banikoara,  première commune productrice de coton au nord du pays, l’utilisation abusive d'engrais chimiques entraine une infertilité croissante des sols et une baisse des rendements agricoles. D'autre part, certains producteurs n’arrivent pas à participer aux campagnes cotonnières par manque de revenus pour acheter semences et engrais.

Mama Sambo Bapa est, quant à elle, fière de produire du coton biologique de qualité à moindre coût et d’être autonome financièrement.

A retenir

  • Le culture de coton au Bénin consomme environ 80% des engrais chimiques et 90% des pesticides importés.
  • Le coût de production du coton conventionnel est 5 fois plus cher que celui du coton biologique (333 dollars EU contre 63).
  • En trois ans, le projet a permis de récupérer 250 hectares de terres dégradées et près de 1000 producteurs de coton organique ont vu leur rendement tripler.

« J’ai pu semer de larges superficies. Auparavant, je n’arrivais pas à cultiver plus de 0,25 hectare, mais grâce aux crédits que j'ai reçus pour l'ensemencement et l’achat de graines, j’ai pu semer le double, ce qui m’a permis de gagner 205 dollars en une seule récolte », dit-t-elle.

La promotion de la culture de coton biologique est une initiative de l'Association des Femmes Vaillantes et Actives (AFVA), une ONG féminine qui intervient principalement dans des villages de la commune de Banikoara, pour combattre la baisse constante des rendements agricoles et les conflits domaniaux de plus en plus fréquents.

En 2010, le PNUD a donné un coup de pouce à l'initiative au travers du Programme de Micro financement du Fonds pour l'Environnement Mondial (PMF/FEM), avec un appui technique et financier de plus de 30 000 dollars.

Ce crédit a permis aux femmes de l'association d’améliorer leur rendement agricole et leurs revenus. Elles traitent leurs champs de coton contre les ravageurs avec du bio-pesticide qu'elles préparent elles-mêmes, et fertilisent les sols avec de l’engrais organique au lieu d’engrais chimiques, qui coûtent chers, appauvrissent les sols et occasionnent des dommages à leur santé.

Les femmes sont également formées à la diversification de leurs activités agricoles, à la transformation des produits et l’amélioration du conditionnement.

Avec les recettes obtenues pour la vente de coton organique, Mama Sambo Bapa a maintenant un petit capital qui lui a permis de diversifier ses activités et de se lancer dans la vente de fromage et de soja.

« Je commence mon élevage, et ces animaux constituent mon épargne », explique t-elle.

La réussite des femmes de l’AFVA suscite beaucoup d’intérêt de la part des communes environnantes, qui souhaitent s’inspirer de l’initiative.

Par Elsie Assogba

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