Des micro-entreprises « vertes » pour lutter contre la pauvreté au Tadjikistan

Agricultrice au Tadjikistan
Sharipova Nasiba a rejoint une coopérative de femmes qui lui permet de cultiver sous serre et de soutenir sa famille. (Photo: PNUD Tadjikistan)

Sharipova Nasiba une habitante du district de Gonchi, au Tadjikistan est le principal soutien de  famille. Son mari étant trop malade pour travailler, cette mère de deux enfants a rejoint un groupe d’entraide aux femmes qui veulent lancer de petites entreprises de culture sous serre.

A retenir

  • L’initiative pauvreté-environnement a permis de créer plus de 65 entreprises vertes dans la région du Sughd, une zone qui génère 40% de la production industrielle et 30% de la production agricole du Tadjikistan.
  • Plus de 10 nouvelles coopératives vertes emploient des femmes des environs et rapportent jusqu’à 3 600 dollars tous les six mois.
  • Le coût total du projet s’élève à 11 468 dollars, dont plus de la moitié provient de contributions de la communauté.

Une formation de base leur a permis d’apprendre des principes de gestion, à gérer un budget familial et à produire du compost maison. Deux mois après s’être lancé dans la culture de tomates et de poivrons sous serre, le groupe a pu recueillir de recueillir de l’argent grâce à la vente de semis.

« La prochaine étape de notre travail consiste en l’amélioration de la qualité des sols et la préparation de semis de légumes à faire pousser sous serre », explique Nasiba.

Le groupe de Nasiba fait partie des 65 micro-entreprises « vertes » soutenues par le projet PNUD-PNUE Initiative Pauvreté-Environnement (IPE) visant à réduire la pauvreté dans le pays et améliorer les écosystèmes locaux.

Au Tadjikistan, deux tiers des communautés rurales dépendent de l’agriculture vivrière, alors que seulement 7 pour cent des terres sont exploitables pour l’agriculture. Les pratiques agricoles non viables et le changement climatique ont entrainé l’épuisement des sols, la déforestation et la baisse de la productivité. Cette pression accrue sur les sols exploitables compromet les moyens de subsistance des familles dans les communautés rurales.

Le Tadjikistan a reconnu l’urgence d’intégrer la question du développement durable dans son plan de développement national. Les budgets locaux et nationaux souffrent d’une baisse des revenus, ce qui affecte le soutien aux initiatives environnementales.

En partenariat avec l’IPE, le pays a donc entrepris de démontrer qu’une approche multidimensionnelle des enjeux de la pauvreté et de l’environnement pouvait se traduire par des bénéfices économiques. Le gouvernement a travaillé en collaboration avec le Programme régional de la croissance dans 14 quartiers et 65 localités de la région du Sughd, une zone qui génère 40 pour cent de la production industrielle et 30 pour cent de la production agricole du Tadjikistan.

Les autorités locales étudient des initiatives lucratives également susceptibles d’améliorer les écosystèmes et la vie des communautés pauvres. Une assistance a permis aux communautés locales d’identifier les biens et les services « verts », qui ont ensuite fait l’objet d’une évaluation par les représentants du service de l’environnement. Aujourd’hui, plus de 65 entreprises « vertes » sont soutenues par un fonds régional qui répond à des critères aussi bien environnementaux que des critères de lutte contre la pauvreté.

A Gonchi, les coopératives de femmes ont permis de leur fournir des emplois « verts ». La culture sous serre leur permet de nourrir leurs familles et d’assurer leur subsistance grâce à la vente des récoltes.

Pour la première fois, les femmes jouent un rôle actif dans l’économie locale et ne dépendent plus seulement de mandats en provenance de l’étranger.  Il existe maintenant 10 coopératives comme celle de Gonchi et chaque serre peut générer jusqu’à 3 600 dollars en six mois, assurant un moyen de subsistance fiable.