Un échange de dette en Jamaïque libère des ressources

La Jamaïque est connue pour de magnifiques plages, une riche tradition musicale, une excellente cuisine et un accueil chaleureux. Moins connu du public est le fait que la Jamaïque est un pays extrêmement endetté.

Le fardeau de la dette publique totale s'élève en effet à environ 13 milliards de dollars, équivalent à 135 % du PIB à la fin 2009. Si cette dette était répartie sur l’ensemble de la population, chaque jamaïcain aurait à payer 7.920 dollars, soit environ trois fois le revenu annuel moyen par habitant. Le pays doit 55 % de sa dette à des créanciers nationaux, et 45 % à des créanciers internationaux.

La Jamaïque a fait d’importants progrès dans ses Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD) : entre 1997 et 2007, elle a réduit de moitié le taux de pauvreté, qui est passé de 20 à 10 % de la population. La Jamaïque a déjà atteint la phase OMD2 en matière d'éducation primaire universelle. L'espérance de vie est de plus de 73 ans, et l'accès aux soins de santé est universel.

Néanmoins, d'importants défis subsistent. La violence et l'insécurité persistent. L'île est par ailleurs extrêmement vulnérable aux catastrophes naturelles et au changement climatique. Les ouragans Gilbert en 1988, Ivan en 2004 et Dean en 2007 ont lourdement endommagé exploitations agricoles, habitations et entreprises. Des précipitations plus irrégulières, des tempêtes tropicales plus fréquentes et une hausse du niveau des mers menacent d’exacerber encore ces problèmes au cours des prochaines années.

A retenir

  • Entre 1997 et 2007, la Jamaïque a réduit de moitié le taux de pauvreté.
  • En 2009, les remboursements d'intérêts absorbaient à eux seuls 65 % des recettes fiscales.
  • L'initiative a permis de réduire les obligations d'intérêt de plus de 500 millions de dollars en 2010.

Le montant de la dette publique limite considérablement les ressources dont dispose le gouvernement pour investir dans des programmes de réduction de la pauvreté et de développement d’infrastructures. En 2009, les remboursements d'intérêts absorbaient à eux seuls 65 % des recettes fiscales. En moyenne, au cours des 10 dernières années, le coût annuel du service de la dette a dépassé l’ensemble des recettes collectées par le gouvernement au titre des impôts et autres canaux financement.

Au cours de la récente crise économique, les exportations, le tourisme et les envois de fonds depuis l’étranger ont tous chuté simultanément. Les recettes fiscales ont naturellement suivi. La recherche d’une solution au fardeau insoutenable de la dette du gouvernement est devenue non seulement nécessaire, mais prioritaire.

Le Gouvernement de la Jamaïque a décidé de s'attaquer sérieusement à son problème de dette publique. Le PNUD lui a donc fourni des conseils stratégiques et une expertise technique, et s’est offert en tant que ressource indépendante et honnête dans les négociations difficiles entre le gouvernement et ses créanciers. Avec l'aide d'un expert engagé par le PNUD, une solution a rapidement été développée.

Le programme d’Échange de Dette de la Jamaïque (Jamaica Debt Exchange, JDX), a été lancé en janvier 2010. L'initiative visait à réduire le fardeau du service de la dette intérieure porté par le gouvernement central par l'échange d’instruments de dette de maturité courte à taux fixe et intérêts élevés contre des coupons de maturité plus longue et à taux réduits, mais offrant encore des taux de rendement réel positifs aux investisseurs nationaux.

Cette initiative n'a pas réduit la valeur nominale des titres détenus par les investisseurs nationaux, mais la valeur actuelle des rendements des valeurs mobilières. Une proportion impressionnante de 99 % des créanciers a accepté de participer à ce programme d'échange de dette. L'initiative a ainsi permis de réduire les obligations d'intérêt de plus de 500 millions de dollars en 2010 (soit 3,5 % du PIB).

Le gouvernement s'est engagé à redéployer les fonds libérés pour des programmes sociaux critiques, augmentant ses dépenses sociales de 25 %. Mais le travail est loin d’être achevé. Le PNUD continuera de collaborer avec le gouvernement et les organisations locales pour contrôler que le gouvernement respecte ses engagements et faire en sorte que ces fonds soient effectivement utilisés pour le développement humain et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.