Microfinance en Mongolie


Une jeune femme fait les dernières retouches à une roue faite à la main en Mongolie. Photo: PNUD Mongolie.

Une nation en transition

Au cours des années 1990, la Mongolie est passée d’une économie planifiée à une économie de marché. En 2004, la part du PIB détenue par le secteur privé avait atteint 75 pour cent et depuis 2000, le taux de croissance annuel du PIB dépasse les 5 pour cent. Mais cette croissance n’a pas profité à tout le monde. Plus d’un tiers des mongols vit sous le seuil de pauvreté, laquelle pose encore et toujours un vrai défi.

Pour aider sa population la plus désavantagée, le gouvernement mongol a lancé une initiative expérimentale de microfinance en 1997, avec l’appui du programme mondial du PNUD MicroStart. Son succès a dépassé toutes les attentes et le programme s’est rapidement développé à l’échelle nationale.

L’autonomisation par le biais de la microfinance

Au cours des années 1990, MicroStart – qui a été absorbé depuis par le Fonds d’équipement des Nations Unies administré par le PNUD – a fourni les capitaux initiaux à des programmes de microfinance, et plus particulièrement à ceux qui avaient le potentiel de devenir autosuffisants. Le PNUD, en partenariat avec le gouvernement mongol, plusieurs organisations non gouvernementales et une équipe de gestion locale, a lancé une initiative de microfinancement pionnière, dotée d’une subvention initiale d’un million de dollars US, qui ciblait ceux qui n’avaient pas bénéficié de l’évolution de la situation économique nationale. C’est sous l’égide des hauts responsables mongols que l’initiative a évolué pour devenir la première institution financière non bancaire du pays.

A retenir

  • Plus d’un tiers des mongols vit sous le seuil de pauvreté, laquelle pose encore et toujours un vrai défi.
  • En 2005, la Mongolie comptait 17 banques, 126 institutions financières non bancaires et 270 coopératives d’épargne et de crédit.
  • La clientèle de la XacBank est rurale à 47 pour cent.


En 1999, la Mongolie a commencé à enregistrer des institutions financières non bancaires comme celles qui s’étaient créées sous le programme MicroStart. Les années suivantes ont vu la mise en place d’un cadre réglementant le microcrédit ainsi que d’un cadre d’orientation national.  En 2002, le parlement mongol a adopté des lois donnant la priorité à la croissance économique inclusive, définissant les rôles et les responsabilités des institutions financières non bancaires et donnant un statut juridique aux coopératives d’épargne et de crédit. En 2001, un consortium réunissant de telles institutions est devenu la XacBank, une banque commerciale indépendante.


Ce nouveau secteur bancaire et financier a connu une croissance rapide et en 2005, on comptait 17 banques, 126 institutions financières non bancaires et 207 coopératives d’épargne et de crédit. L’expérience mongole illustre certains des écueils qu’un programme de microfinance peut rencontrer à ses débuts. Il s’est avéré difficile de réglementer les nouveau-venus au sein du secteur et de garantir un taux d’intérêt commercial qui reflète le risque plus élevé que représentent de tels prêts tout en permettant un large accès.


L’appui du PNUD a pris fin en 2001, mais l’élan national qui avait été donné a permis d’aller de l’avant, avec des ressources du secteur privé. La XacBank, qui était un des bénéficiaires du PNUD au départ, en est maintenant le partenaire d’exécution.


Des changements concrets pour un impact décisif


Il ne fait guère de doute que la microfinance a changé la vie d’un grand nombre d’individus, tant en créant des opportunités économiques qu’en mettant de nombreux mongols à l’abri des incertitudes d’une économie de marché compétitive.

La XacBank a fait des progrès extraordinaires : elle est devenue autonome et répond désormais aux besoins de ses clients et à ceux du pays. En mai 2010, elle avait 93 930 prêts en cours, avec une clientèle d’une dynamique variété.

La XacBank a élaboré des programmes ciblant les jeunes femmes, qui constituent la moitié de sa clientèle, et ce en partenariat avec la Women’s World Bank. Elle continue d’offrir des prêts dans les régions rurales, ce qui représente un défi particulier dans ces zones ayant une densité de population très faible. Bien que 47 pour cent de la clientèle de la XacBank soit rurale, cela ne représente quand même que 10,1 pour cent de la population paysanne totale.

Plusieurs indicateurs de performance attestent de la croissance de la XacBank.  Elle a multiplié ses avoirs par 26 entre 2002 et 2010, ses prêts par 43 et son épargne par 25. Pour une initiative lancée avec un million de dollars en 1998, elle a maintenant plus de 450 millions de dollars d’actifs.

Total des actifs de la XacBank, 2002-2010

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Appui au changement transformateur
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Etudes de cas de coopération au développement durable et réussie
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Leçons apprises

Plusieurs leçons peuvent être tirées de l’expérience menée par la Mongolie dans le domaine de la microfinance:

 

Leadership mongol: Dès le départ, le projet de microfinance s’est présenté sous forme d’un programme commun PNUD-gouvernement, avec l’appui de la Banque centrale de Mongolie. La principale caractéristique en a été un leadership mongol décidé et visionnaire, que le PNUD s’honore d’avoir soutenu avec un financement de départ et un unique conseiller international.


Partenariats: Partenariats : L’initiative Mongolie/PNUD a attiré une série d’acteurs nationaux et internationaux, dont des organisations non gouvernementales. Non seulement le programme a eu accès à un large éventail de connaissances et d’expériences, mais il s’est assuré des alliés qui pourraient continuer le processus par la suite. Des partenariats étendus ont facilité l’appropriation tant nationale que gouvernementale.

 

Analyse stratégique des opportunités: La décision de lancer MicroStart a découlé d’une évaluation correcte des besoins et opportunités en Mongolie au milieu et à la fin des années 1990. MicroStart était destiné à des groupes qui ne bénéficiaient pas directement de la forte croissance économique, et son action est devenue indispensable lors du ralentissement économique provoqué par la crise de 1997 en Asie de l’Est. Ce programme mondial, soutenu par le PNUD, a donné accès à des expériences comparables dans d’autres pays.

 

Importance du calendrier: Lorsque la Mongolie a émergé de son carcan économique pour passer à une économie de marché, cela a créé des opportunités (et un état d’esprit national) que l’on retrouve difficilement dans des situations plus stables. À une époque de changements rapides, une initiative bien conçue avait de bonnes chances de se généraliser.

 

Un succès en amène un autre: Le développement du microcrédit a bénéficié des progrès enregistrés dans d’autres secteurs de l’économie rurale mongole et vice-versa.

 

Cas de force majeure extérieure: Il ne faut pas sous-estimer l’importance de facteurs extérieurs. La dissolution de l’Union soviétique a entraîné la libéralisation de l’économie mongole. La crise en Asie de l'Est a donné un élan au programme de microfinance et lancé le microcrédit dans le pays. Par contre, la crise économique et bancaire mondiale de 2007 a provoqué un pic de pauvreté rurale, avec une hausse du chômage et une nette diminution des revenus des ménages.