En Somalie, des alternatives à la piraterie pour les jeunes

Des jeunes somaliens sur la plage
Un groupe de jeunes sur la plage d'Eyl, en Somalie. Photo: PNUD en Somalie

À l’instar de nombreux jeunes hommes de son village, Mohmed Deer n’avait pas beaucoup de projets d’avenir. A 23 ans, déjà désabusé et se sentant exclus, il vivait précairement à Eyl, une petite bourgade le long de la côte somalienne réputée pour être un repaire de pirates.  

En Somalie, 70% de la population a moins de trente ans. Le taux de chômage, l’un des plus élevés au monde (67%), auquel s’ajoute l’absence d’activités sociales et de loisirs, a conduit de nombreux jeunes Somaliens à prendre part au conflit, à devenir membre de groupes radicaux tels que Al-Shabaab ou à se lancer dans la piraterie pour survivre.  

A retenir

  • 500 jeunes ont bénéficié de formations dans le cadre du programme de soutien aux moyens de subsistance économiques locaux
  • 150 000 dollars de micro-financement ont été accordés en 2014
  • Avel l'appui du PNUD, la communauté d'Eyl a construit un centre pour la jeunesse

Pour lutter contre cet état de fait, un projet géré par le PNUD aide les jeunes à trouver des solutions au manque d’infrastructures et de possibilités d’emploi. Lancé en 2012, ce projet vise à autonomiser les jeunes par des formations professionnelles, à remettre en état les infrastructures sociales et productives de base et à fournir un micro-financement et des outils pour monter un petit commerce.

Mohmed est l’un des 100 jeunes de sa communauté à participer à ce programme.  « Avant, je ne faisais rien – c’est un petit village », explique-t-il. Grâce aux moyens et aux outils qui lui ont été proposés dans le cadre de la formation de réinsertion sociale organisée par le PNUD, Mohmed espère maintenant devenir électricien.

Un autre jeune, Said, a suivi une formation de cinq mois en câblage électrique, qui l’a motivé à mettre ses nouvelles compétences en pratique. Il s’est servi du microfinancement dont il a bénéficié une fois diplômé pour démarrer sa nouvelle activité professionnelle et travaille aujourd’hui à son compte.

En partenariat avec le PNUD, les autorités locales, le ministère du Travail, de la Jeunesse et des Sports et le ministère de l’Éducation, la communauté locale a recensé les priorités pour l’emploi et la réinsertion en se fondant sur des enquêtes sur le marché du travail et des évaluations des besoins.

L’une de ces priorités était de construire un centre pour la jeunesse à Eyl, où les jeunes peuvent se rassembler, participer à des outils d’apprentissage informel et suivre des formations sur les compétences sociales de base, la consolidation de la paix, l’état de droit, l’éducation civique, ainsi que des cours d’alphabétisation et d’initiation au calcul.

Musa Osman Yussof, le maire d’Eyl, tient beaucoup à élargir les possibilités pour les jeunes dans les villes côtières de la Somalie. « Nos jeunes avaient besoin d’un centre où ils pourraient se réunir et se former à de nouvelles compétences. C’est l’un des moyens de lutter contre les effets de la piraterie, redonner de l’espoir à la jeunesse ».

Depuis la construction du centre avec l'appui du PNUD, la communauté a remarqué un changement radical d’attitude et de l’état d’esprit des jeunes participants.

Ce projet fait partie d’un programme plus large de revitalisation des moyens de subsistance locaux. En 2014, 500 jeunes, dont plus de 200 femmes, ont  suivi des formations en gestion d'entreprise et ont bénéficié d’un micro-financement. Ces micro-crédits, d’un montant maximum de 250 dollars, ont permis à leurs bénéficiaires d’ouvrir un petit commerce ou d’acheter du matériel destiné à d’autres types de commerce. Au total, 150 000 dollars de microfinancement ont été accordés en 2014.

Ce programme socio-économiques en Somalie donne des résultats positifs sur de nombreux plans : il permet aux jeunes vulnérables d’accéder à des compétences et à des possibilités d’emploi, aux communautés de bénéficier d’une amélioration de la cohésion sociale, et aux autorités locales de constater une baisse de l’activité criminelle. Mais surtout, il les encourageà changer d'attitude, faire de nouveaux choix et réaliser leur potentiel.

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