Réduire les risques climatiques : le Niger s’adapte

femmes dans un champ au Niger
Le projet a mis en place des initiatives d’autonomisation telles que le maraîchage pour les femmes rurales, plus vulnérables au changement climatique. Photo: PNUD au Niger

Pays dont les 2/3 de la superficie sont désertiques, le Niger connait des crises alimentaires aigues et récurrentes, une situation encore aggravée par les sécheresses découlant du changement climatique.

Abdou Diori, un fermier du village de Soudouré non loin de Niamey, la capitale, était obligé d’exercer divers petits travaux pour faire face aux conséquences des mauvaises saisons agricoles. Aujourd’hui il se félicite d’avoir souscrit au Programme d’Action National d’Adaptation (PANA), cofinancé par le Canada et le PNUD, qui encadre des producteurs locaux pour l’utilisation pilote de semences améliorées.

À retenir

  • L’objectif premier du projet est de renforcer la capacité d’adaptation aux changements climatiques des secteurs de l’agriculture et de l’eau.
  • En 2015, plus de 25000 fermiers utilisant des semences améliorées ont récolté 2 à 3 fois plus qu’avec des semences traditionnelles.
  • Le projet mène aussi des activités génératrices de revenus pour les femmes rurales.

« Au départ nous étions considérés comme des cobayes, » dit Abdou. « Personne ne voulait s’engager sur des produits qu’on ne connaissait pas. Nous-mêmes étions sceptiques mais les avantages sont sans commune mesure avec ceux des semences traditionnelles, surtout dans un pays comme le Niger où les pluies sont très mal réparties. Aujourd’hui, même les paysans qui étaient réticents au départ sont en train d’utiliser ces semences. »

Les semences améliorées sont dérivées des céréales les plus consommées au Niger (mil, niébé, sorgho), adaptées pour résister à la sécheresse et permettre plusieurs récoltes par saison, grâce à un partenariat avec l’Institut National de Recherche Agronomique (INRAN).

« Le cycle de production ne dure pas plus de deux mois », explique Maïdagi Mamane, expert de l’INRAN. Il ajoute que les semences améliorées ont aussi l’avantage de produire plus que les semences traditionnelles : « Pour un hectare cultivé avec des semences améliorées, l’agriculteur peut récolter entre 700 et 800 kilogrammes, alors qu’avec les semences traditionnelles le rendement varie entre 300 et 400 kilogrammes».

Djibo Sounna, multiplicateur de semences au village de Badoko, confirme : « J’en suis déjà au stade de la récolte, alors que mes voisins qui n’utilisent pas les semences améliorées attendent encore. Une des plus grandes différences, c’est le rendement : je vais récolter à coup sûr trois fois plus que beaucoup parmi eux sur une même superficie. »

Chaque kilogramme de semences issu des récoltes est racheté par le projet pour une somme de 500 FCFA, soit la moitié du prix d’achat d’une semence traditionnelle.  Pour un investissement de 80 000 FCFA à l’hectare, un paysan arrive à gagner environ 400 000 FCFA (environ 600 euro).

Entre 2010 et 2013, lors de la première phase du projet, alors que le PANA n’avait tablé que sur une cinquantaine de paysans devant utiliser les nouvelles semences, près de 10 000 d’entre eux se sont lancés dans l’aventure.

En 2015, 25 000 nouveaux producteurs, dont plus de 7 500 femmes, ont utilisé les semences améliorées. « Avec les semences traditionnelles, je récoltais à peine de quoi nourrir ma famille pendant trois à quatre mois. Les mois suivants j’étais obligé de quitter le village pour aller travailler ailleurs et trouver de quoi payer la nourriture. Mais aujourd’hui je suis très satisfait de ce que je récolte, puisque je subviens aux charges de ma famille sans quitter mon village », lâche Djibo, souriant.

Pour les femmes rurales, plus exposées aux effets du changement climatique du fait que les hommes quittent les villages pour aller chercher du travail en ville, le projet a mis en place des initiatives d’autonomisation telles que le maraîchage, la couture ou encore l’embouche ovine.

Dans chacune des communes d’intervention, le projet octroie deux moutons aux femmes préalablement identifiées comme vulnérables. Après avoir constitué leur cheptel, elles revendent ces moutons et utilisent les bénéfices pour mener d’autres activités génératrices de revenus comme du petit commerce.

« Un mouton payé à 40.000 FCFA (60 euro) peut, lorsqu’il est bien engraissé, être revendu à 100.000 FCFA (150 euro) ou même plus », explique Garba Aboubacary, Chargé d’appui du projet PANA à Roumbou.

Le projet renforce également les compétences des femmes en gestion administrative et les incite à se regrouper en associations et coopératives pour leur permettre de se lancer dans l’entreprenariat.

Hadizatou Ebiliki, du village d’Aderbissanet, en témoigne : « Je fais partie d’un groupement féminin dont les membres pratiquent la couture et la teinture. Je suis handicapée, mais je me prends entièrement en charge grâce à mon activité de couture. Plus besoin d’attendre que mon mari m’aide. »

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