Bangladesh : un système d'alerte radio épargne les vies

famille sur un vélo au Bangladesh
Au Bangladesh, le bilan humain des phénomènes météorologiques extrêmes (cyclones, etc.) s’est considérablement allégé dès que l’accent a été mis sur la réduction des risques de catastrophe et les systèmes d'alerte précoce, plutôt que sur la réponse aux catastrophes proprement dite. ©PNUD Bangladesh

Monu Mia est habitué aux cyclones.

« J’ai survécu à plusieurs cyclones, mais je n’oublie pas qu’ils ont causé la mort de toute ma famille », raconte Mia, originaire d’une communauté pauvre vivant de la pêche à Moheshkhali, au Bangladesh.

D'une voix douce, il explique qu’auparavant, les pêcheurs dépendaient des méthodes de prévision météorologique traditionnelles pour connaître les risques de cyclones ou d'intempéries. Ces prévisions étaient basées sur l’observation de phénomènes naturels, et les alertes diffusées par les autorités via les médias ou des haut-parleurs restaient majoritairement inefficaces, faute d'atteindre toute la population. 

À retenir

  • Plus de 3,5 millions de personnes ont été évacuées grâce à un système d'alerte précoce plus efficace et à un réseau de 48 450 volontaires formés.
  • 1 200 postes de radio et batteries ont été confiés à 14 stations de radio locales qui les ont ensuite distribués. 510 de ces équipements bénéficient notamment à des communautés peuplant le littoral.
  • 28 formateurs de formateurs (2 par station) ont suivi une formation pour renforcer les capacités des radios locales.
  • Des émissions de radio consacrées aux risques de catastrophe au niveau local ont été réalisées et diffusées.
  • Les 110 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles du pays peuvent désormais recevoir directement des alertes sur les phénomènes hydrométéorologiques extrêmes imminents.

« Lorsque Gorky est arrivé, je n’ai pas pu prévenir ma famille pour qu’ils s’y préparent », se souvient Mia, en évoquant le cyclone qui s’est abattu sur le pays en 1991 et qui a fait au moins 138 000 victimes. 

Au Bangladesh, au Myanmar et en Inde, les millions de personnes vivant sur la trajectoire des cyclones étaient toujours confrontées au même dilemme : fuir pour se mettre en sécurité ou rester chez elles au péril de leurs vies pour protéger leur bétail et leurs biens des pillages.

Il était indispensable que les communautés aient accès à des informations précises pour faire un choix entre ces deux priorités. Dans le cadre du Programme global de gestion des catastrophes (CDMP II), le Bangladesh a mis en place une approche à plusieurs niveaux en matière de prévention, de résilience et de relèvement, qui accorde la priorité à l’accès à l’information. L’une des principales caractéristiques de ce programme soutenu par le PNUD, est qu’il donne aux populations l’accès à des informations fiables par le biais des radios locales et de la technologie mobile, les aidant ainsi à prendre la bonne décision. 

Il a également encouragé les stations de radio locales à créer des clubs d’écoute englobant notamment des pêcheurs, des étudiants, des femmes au foyer et les clients des échoppes de thé en vue d’élargir leur audience et de toucher le plus large public possible.

En 2013, alors que le cyclone Mahasen prenait naissance dans le golfe du Bengale, le gouvernement a alerté les comités de gestion des catastrophes au niveau des districts et des sous-districts, qui ont à leur tour prévenu les populations de l’arrivée du cyclone via le porte-à-porte ou les radios locales. Grâce au programme CDMP II, 1 200 postes de radio à large bande ainsi que des batteries ont été confiés à 14 stations de radio locales, qui les ont ensuite distribués à leurs clubs d’écoute.

Après avoir pris conscience de leur impact lors d’ateliers de sensibilisation organisés dans le cadre du programme, les stations de radio locales situées sur le littoral ont également étendu leurs plages de diffusion.

« La situation a évolué depuis que Naf, la radio locale, diffuse régulièrement des points d'information, des messages d'avertissement et des programmes de sensibilisation aux catastrophes », constate Mia. Pour atteindre le plus vaste public possible, une partie des programmes est diffusée dans un dialecte local largement parlé.

Plus de 1,15 millions de personnes ont ainsi été évacuées avant l’arrivée du cyclone, un exploit qui a probablement permis de sauver des milliers de vies.

Le programme CDMP aide également les stations de radio locales à réaliser des émissions de qualité sur la réduction des risques liés aux catastrophes et l’adaptation au changement climatique. Il a organisé une formation pratique et théorique à la réalisation d'émissions de radio (écriture des scripts, informations sur la réduction des risques de catastrophes et l’adaptation au changement climatique, méthodes pour se constituer un public) qui a bénéficié à 28 formateurs de formateurs. 

Selon Puji Pujiono, ancien responsable de projet CDMP, le vrai intérêt de ces stations de radio tient au fait qu'elles « replacent le processus de gestion des catastrophes dans un contexte local. Quand on gère des catastrophes, il n’existe pas de solution universelle. La préparation des crises n'est pas un processus à sens unique. On ne peut parler d’intervention efficace que quand une communauté s’est réellement approprié un outil de préparation aux catastrophes en fonction de ses besoins. C’est justement ce que les radios locales permettent de faire. »

Le programme CDMP, en partenariat avec Bangladesh Teletalk Ltd., le Service météorologique bangladais et le Centre de de prévision des inondations, a également mis en place un système vocal interactif d’alerte précoce. Il suffit aux 110 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles du pays de composer le 10941 pour recevoir directement des alertes sur les phénomènes hydrométéorologiques extrêmes imminents.

Les radios locales et les technologies mobiles ne représentent toutefois qu'une facette du programme. Elles ont permis l’autonomisation d’une équipe de bénévoles dévoués, qui alertent des millions de personnes auparavant mal informées des risques de catastrophes imminentes tout en les aidant à se mettre à l’abri. Le programme CDMP a contribué à mettre l’accent sur la planification et la préparation des situations d'urgence plutôt que sur la réponse aux catastrophes à proprement parler. Il a en outre favorisé le développement des infrastructures pour venir en aide aux populations lors de catastrophes et même après.

Ce projet de 76,3 millions de dollars a été financé conjointement par UK Aid, l’Union européenne, SIDA, AusAID, la Norvège et le gouvernement bangladais.

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