La culture de champignons fait germer les opportunités au Laos

Ms. Vieng montre le pleurote en forme d'huître qu'elle a appris à cultiver. Photo: FAO RDP Lao

Les habitants du district de Phonxay au nord du Laos sont, de longue date, ramasseurs de champignons, mais ils ne savent pas vraiment les cultiver. Mme Vieng, 32 ans, peut quant à elle se targuer d’être cultivatrice de champignons à part entière.

Elle a participé à un programme de formation professionnelle au Centre de services techniques de Nambor, non loin de son village de Huayman. Une spécialiste nationale lui a appris, ainsi qu’à d’autres cultivateurs locaux, à préparer le pleurote en forme d’huître. Et il n’a pas fallu longtemps à Mme Vieng pour comprendre les avantages qu’elle pouvait tirer de ces nouvelles connaissances : « Je veux continuer à travailler avec ce groupe, dit-elle, et avec mes gains, je veux aussi élever des animaux. »

À retenir

  • Avec le projet d'agro-biodiversité, 50 000 personnes ont accès à une meilleure nutrition
  • Depuis de début de l'initiative de mycocultrure, 4.7 tonnes de champignons ont été produits, pour un revenu de 7 600 dollars EU
  • Après 3 récoltes, les agriculteurs sont indépendants, tant financièrement que techniquement

La RPD Lao est riche en biodiversité, que la population met quotidiennement à profit pour se nourrir, se soigner et faire du commerce. Mais ces ressources sont menacées par l’évolution des pratiques agricoles et la surexploitation des terres. Pour permettre la prise en compte des enjeux liés à la biodiversité agricole dans les politiques nationales, le projet d’agro-biodiversité (PAB) a été mis en place en 2011 par le PNUD, avec un financement du FEM et une assistance technique de la FAO. Ce projet doit aussi permettre aux agriculteurs de continuer à bénéficier de la biodiversité dans leur système de production.

Ainsi, en 2014, lorsque les animateurs du Centre de services techniques de Nambor ont suggéré de former les villageois à la culture des pleurotes, en partenariat avec Mme Viengkham, une spécialiste du Département de l’agriculture du ministère de l’Agriculture et de la Foresterie, tout le monde a été d’accord. 

Le PAB a assumé les frais de production initiaux pour l’initiative, tandis que les cultivateurs fournissaient la main-d’œuvre et les matériaux locaux (bois de feu et bois d’œuvre pour la construction des champignonnières).

Le substrat est composé d’un mélange de sciure de bois, de chaux et d’eau, que l’on stocke pendant un mois. Puis après l’avoir mis en sacs et stérilisé à la vapeur dans des barils à pétrole, on y ajoute les spores de champignons (dites « blanc de champignons ») et on laisse le tout reposer pendant un mois avant de transférer le contenu des sacs dans les champignonnières pour les derniers stades de la production.

Le Centre de services a aussi organisé un voyage d’études pour les cultivateurs néophytes, pour que ceux-ci s’informent auprès de leurs confrères exploitant cette filière avec succès. Ils ont ainsi appris que les champignons blancs dits « pleurotes » se vendent sans difficulté dans les marchés locaux à quelque 20 000 ou 25 000 kip (soit 3 dollars EU) le kilo.

Aujourd’hui, un an après avoir adhéré au groupe de Huayman, Mme Vieng est satisfaite du tour qu’ont pris les choses. Grâce à la formation, son groupe a produit une tonne et demie de pleurotes, ce qui lui permet de passer moins de temps aux activités de cueillette et de ramassage dans les zones forestières proches du village. La vente de la production du groupe a rapporté un total de 20 millions de kip (2 500 dollars EU), dont 60 % ont été déposés dans une banque locale. Les membres du groupe dépensent une partie des bénéfices pour subvenir à leurs besoins, et le reste est placé dans un compte d’épargne en vue de son investissement dans la poursuite des activités de production.

Pour sa deuxième récolte le groupe assume la plupart des frais de production, et chaque membre retirera, selon les prévisions, un bénéfice de deux millions de kip (250 dollars EU).

Bien que le pleurote soit une espèce facile à cultiver, il faut néanmoins prendre des précautions pour éviter la contamination à chaque stade du processus, depuis la stérilisation du substrat ensaché et l’inoculation du blanc jusqu’à l’entretien des champignonnières pour en assurer la propreté.

« Le village de Huayman obtient de bons résultats, dit Mme Viengkham , parce que les gens comprennent les règles sanitaires simples à observer, par exemple la nécessité de maintenir un taux d’humidité optimal par un arrosage régulier dans les champignonnières. Tel est le facteur clé de succès des familles du village. Les cultivateurs sont aussi très motivés et très intéressés, et il y a un bon esprit de solidarité dans le groupe. »

Les groupes de producteurs de pleurotes ont suscité l’intérêt d’autres villageois de la région et ont incité ceux-ci à suivre leur exemple. Tel est le cas de M. Hounpheng, agriculteur du village de Panma, distant d’environ 18 kilomètres de Nambor. « J’ai demandé aux organisateurs de me laisser participer aux activités et suivi une session de formation, explique-t-il. Il a toutefois besoin de fonds pour acheter du matériel et un local approprié pour cultiver les champignons. « Ce que j’aimerais, dit-il, c’est qu’un groupe soit organisé dans mon village. »

Les groupes de culture des champignons feront leur troisième récolte en 2016, après quoi il est prévu qu’ils pourront se dispenser de l’assistance technique de Mme Viengkham et seront entièrement autonomes.

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