Au Myanmar, les jeunes s’unissent pour protéger les forêts

deux jeunes arrosant des plantes
De jeunes Nagas arrosent les plants qui serviront à la création d'une forêt communautaire. Photo: PNUD au Myanmar/Decloitre

À 22 ans, U Pay Ta Ru est devenu la voix de la conservation forestière. Son village, Nar Tike, situé sur les bancs du fleuve Chindwin, abrite plus de 200 représentants de la communauté Naga.

Traditionnellement, cette communauté est connue pour brûler et raser des forêts entières afin d’y installer des fermes. Après avoir cultivé pendant un an, la communauté se déplace sur un autre terrain et recommence. Ce processus est appelé « culture itinérante ». Mais brûler et défricher ainsi dégrade les terres. Le sol, dépouillé de sa couverture végétale, devient plus vulnérable à l’érosion.

À Retenir :

  • Plus de 18 000 hectares de forêt ont été ou vont être conservés
  • 500 jeunes issus de communautés ethniques ont été formés à la protection des forêts
  • 3 forêts sont en cours de création, selon un programme de gestion qui s’étale sur 30 ans

« Dans notre culture, ce sont les aînés qui dirigent. Quand j’ai participé à ce projet [de conservation] pour la première fois, ils étaient suspicieux et pensaient que le projet mettrait un terme à la culture itinérante. Maintenant que j’ai partagé avec eux mes connaissances en matière de valorisation des forêts, ils sont convaincus et ravis de nous supporter » dit U Pay Ta Ru.

Le groupe de jeunes de Nar Tike dont il est le secrétaire fait partie d’un réseau de 45 groupes qui participent au programme de conservation des forêts. Ce programme de réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts (REDD+) du Myanmar est mis en œuvre par le PNUD à Khamti, Layshi et Lahe, trois commune du nord-ouest du Myanmar.

Environ 47 % de la superficie totale du pays est recouverte de forêts. Les communautés ethniques occupent environ 0,19 % de cette surface, et vivent principalement d’agriculture de subsistance et de chasse.

« Nous avons sélectionné cinq médiateurs de jeunes issus des organisations de la société civile pour travailler dans chacune des communes », confie Khin Hnin Myint, directeur de projet du PNUD. « Nous avons fait en sorte que les médiateurs recrutés parlent les langues locales et soient connus dans leur région. Ils ont visité les villages avec nos partenaires, ont expliqué le programme, et ont facilité la formation des groupes de jeunes. Certains villages se sont tout de suite impliqués, d’autres ont mis plus de temps. »

« L’an dernier, un représentant de l’organisation de la société civile de Khmati est venu et a expliqué qu’il était important de conserver les forêts pour protéger la faune et la flore mais aussi apporter des revenus grâce aux échanges de carbone. Il encourager les jeunes de notre village à former un groupe et à commencer la protection active de nos forêts », dit encore U Pay Ta Ru.

des jeunes avec une carte U Pay Ta Ru et Monge Kho avec une carte de la région dans laquelle leur village prévoit la création d’une forêt communautaire. Photo: PNUD Myanmar/Decloitre

En accord avec les aînés du village, son groupe de jeunes a développé un programme d’utilisation des terres grâce auquel 200 acres de terrain aujourd’hui en friches ou utilisées pour la culture itinérante seront progressivement transformés en véritable forêt.

Les jeunes ont également acquis des connaissances techniques sur un éventail de sujets comme mesurer les stocks de carbone forestiers, créer des forêts communautaires et mieux se préparer aux échanges de carbone.

Le PNUD finance la création de forêts communautaires dans 3 des 45 villages participants. Une forêt communautaire offre tous les avantages d’une forêt classique, mais de manière durable. Des produits tels que le bois peuvent être récoltés à condition que la replantation soit systématique. Les trois forêts sélectionnées sont stratégiquement situées pour répondre aux besoins des nombreux villages avoisinants.

La création de forêts communautaires va de l’organisation d’un comité de direction et l’identification des terrains propices à l’implantation des forêts, à l’établissement de la propriété du terrain et la mise en place d’un programme de gestion de la forêt sur 30 ans.

Les villages peuvent également participer à l’échange de carbone à travers le REDD+, une solution d’atténuation du changement climatique qui encourage les pays en développement à sauver leurs forêts. Ces pays devraient recevoir des fonds basés sur les résultats de leurs actions pour la réduction des émissions de carbone forestier.

En plus de la conservation des forêts, le programme a renforcé les capacités des hommes et des femmes impliqués et les a formé en terme d’égalité des genres afin d’encourager une plus grande participation des femmes dans la conservation des forets. Monge Kho, 20 ans, est l’une des femmes du groupe du village de Nar Tike. : « Je n’ai pas l’habitude de faire partie d’un groupe où les hommes et les femmes travaillent ensemble. J’ai beaucoup appris et gagné confiance en moi, je suis désormais capable de m’exprimer en public » avoue-t-elle.

Le village de Nar Tike espère établir sa forêt communautaire en 2016, selon le programme de gestion mis en place. 

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