En Haïti, les maçons construisent pour protéger des vies

Un maçon construisant un mur en Haïti
Matéus utilise de nouvelles techniques de construction sur son chantier. Photo: PNUD en Haïti

Joseph Matéus ne vit que pour et par sa passion : construire des maisons. Ce maçon âgé de 41 ans a travaillé dans les plus grandes villes d’Haïti et, avec 17 ans d’expérience à son actif, pensait tout savoir de son métier.  

Pourtant, après avoir entendu parler de la formation en construction parasismique délivrée par le PNUD dans le nord du pays, il s’est empressé de s’inscrire.

A retenir

  • Plus de 200 maçons ont été formés aux techniques de construction parasismique dans les grandes villes du nord du pays
  • Des comités de conseils sismiques et des plans de contingence ont été mis en place pour préparer les communautés dans une région de 2,5 millions de personnes
  • Plus de 9000 élèves et 600 professeurs ont été sensibilisés sur les risques sismiques et de tsunami dans les grandes écoles

« Dix-sept ans, c’est beaucoup ! C’est un cumul considérable d’expérience mais cette formation m’a appris que j’étais très loin de mon niveau actuel et de mon objectif de construire pour protéger des vies dont celles de ma famille » dit-il.

La formation de 6 semaines au bénéfice de plus de 200 maçons, et bientôt de 60 ingénieurs et contremaîtres, fait suite au désir de l’Etat haïtien de renforcer les capacités des professionnels de la construction pour diminuer les risques d’écroulement des édifices tant publics que privés en cas de séisme dans le nord.

Identifié comme l’un des pôles de développement prioritaires du pays en termes d’activité industrielle, touristique et  agricole, le nord fait face à un risque sismique élevé car il est situé le long d’une faille active.  La durabilité des investissements dépend donc d’une stratégie adéquate pour réduire l’impact des risques naturels - en particulier des séismes - dans cette région forte de 2,5 millions de personnes.

Pour ce faire, le projet s’articule autour de quatre piliers : le micro-zonage ou l’étude à échelle réduite des mouvements du sol, l’analyse de la vulnérabilité des infrastructures en cas de séismes, la formation professionnelle des bâtisseurs et enfin la sensibilisation de la population et la mise en place d’outils de gestion de crise appropriés pour les autorités locales.

Plus de 9000 élèves et 600 professeurs ont déjà été sensibilisés sur les risques sismiques et de tsunami dans les grandes écoles, des cartographies sismiques et les rapports finaux de micro zonage finalisés dans les 4 grandes villes du nord et des comités de conseils mis en place, de même que des plans de contingence pour préparer les communautés à répondre à un séisme éventuel.

Quant à Mateus, après 6 semaines de formation, il est de retour sur les chantiers pour construire autrement. Sept maçons, qui comme lui ont reçu la formation en construction parasismique, exécutent un plan de construction d’une maison tout en formant d’autres maçons. À chaque étape, ces derniers découvrent quelques-uns des grands principes de la maçonnerie chainée. Ils accueillent très bien ces changements mais le hic est de faire accepter le coût supérieur par les clients.

Matéus et ses collègues ont trouvé une formule qui fait recette et comptent l’utiliser partout où on fera appel à leurs compétences. Elle consiste à réduire le montant de la main-d’œuvre mais à exiger que les matériaux soient achetés en quantité suffisante et surtout en qualité. Cette stratégie ne leur fait pas gagner plus mais leur permet d’appliquer à la lettre les nouvelles normes, cruciales pour éviter la réédition du drame de janvier 2010.

«  Les clients ne saisissent pas encore l’ampleur de ce que nous leur offrons et la garantie pour leurs investissements dans ce type de construction. Mais nous sommes patients. Le jour viendra où ils auront moins de réticences », lance-t-il avec un large sourire.

Depuis, Matéus a lancé l’Association des Techniciens en Construction Parasismique d’Haïti, et s’active à un nouveau projet : répliquer la formation dans les 19 communes du Nord.

 « Le renforcement des professionnels de la construction en Haïti est un des éléments fondamentaux dans le combat engagé pour construire le pays autrement et de façon plus sûre » a ainsi déclaré Marina Gourgue, Secrétaire d’Etat à la formation professionnelle lors du lancement du programme.

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