Au Rwanda, les groupes d’épargne pour sortir de la pauvreté

Femmes au Rwanda
Un meeting du groupe d'épargne d'Abadahigwa,dans le district de Musanze, Rwanda. Photo: Alice Kayibanda / PNUD au Rwanda

Marie Claire vit dans le district de Musanze situé au nord du Rwanda. Menant une existence précaire, elle avait des difficultés à obtenir un crédit auprès d’une institution financière formelle, les conditions d’accès étant une vraie barrière aux plus démunis.

« Avant de devenir membre du groupe d’épargne, je pouvais à peine m’acheter à manger, je n’avais pas confiance en moi et j’étais trop timide pour parler aux gens », explique -t-elle.

A retenir

  • En 2015, on estime que 14 000 groupes d’épargnes ont été créés, ce qui représente plus de 280 000 membres
  • Près de 80 % des membres du groupe d’épargne sont des femmes.
  • En 2013- 2104, le montant total des prêts accordés s’est élevé à 91,1 millions de dollars

Au Rwanda, seulement 42 % des adultes ont accès à des institutions financières formelles. Le fait que les personnes défavorisées n’aient pas de garanties ou ne soient pas suffisamment informées de la manière dont les produits financiers peuvent améliorer leur vie est un réel problème. Les groupes d’épargne peuvent y remédier en rendant l’accès au système financier plus facile et moins intimidant.  

Marie Claire est l’un des 30 membres fondateurs de son groupe d’épargne communautaire. « Avec le premier prêt que le groupe d’épargne m’a accordé, j’ai investi dans la culture de haricots », raconte Marie Claire. « Au bout de trois mois, j’ai pu vendre ma première récolte. Après avoir remboursé le prêt, j’ai acheté des tôles [pour mon toit]. J’ai demandé un nouveau prêt pour les trois mois suivants et investi l’argent dans la culture de maïs … Le trimestre suivant, j’avais mes parts, ce qui m’a permis de construire ma maison ».

Le PNUD et le programme « Mettre en place un secteur financier accessible à tous » (BIFSIR) mené par le du Fonds d’équipement des Nations Unies (FENU) au Rwanda appuient les efforts faits par le Gouvernement en vue d’encourager l’accès au secteur financier, notamment pour les jeunes et les femmes en milieu rural. Avec l’appui du programme, l’ONG locale PAJER a formé dans le pays plusieurs groupes d’épargne fondés sur des principes communautaires.

Lorsque les membres apportent des fonds, ils achètent des parts dans le groupe. Le montant maximum du prêt pouvant être contracté par un membre est de trois ou quatre fois le montant de son épargne. À la fin de l’année, les membres perçoivent des dividendes et le groupe peut soit commencer un nouveau cycle, soit accorder des prêts à de nouveaux membres. Les membres versent également des contributions à un fonds social, lequel accorde des prêts aux membres qui ont vécu un choc social ou économique.

Le groupe de Marie Claire compte 20 femmes, et le montant total de leur épargne collective s’élève à 470 000 RWF (environ 650 dollars). Le montant moyen des prêts accordés s’élève à 8 000 RWF (11 dollars). Ce n’est pas une grosse somme, mais cela change beaucoup de choses dans leur vie.

L’un des objectifs du BIFSIR est de s’assurer que les bénéficiaires considèrent leur participation au groupe d’épargne comme une relation avec une institution financière formelle. Les bénéficiaires qui bénéficient d’un prêt doivent investir dans une activité génératrice de revenus, non seulement pour dégager des bénéfices, mais aussi pour rembourser le prêt dans un délai maximum de trois mois. Une fois le prêt remboursé, le groupe peut disposer de plus de fonds pour permettre à d’autres membres d’accéder à un prêt.

Les résultats sont extrêmement encourageants. PAJER fait remarquer que plus de 90 % des membres ont remboursé leur prêt dans les délais. Cela s’explique par une amélioration de la capacité de remboursement. Des institutions financières formelles contactent les membres en qui elles voient des partenaires potentiels.

Les groupes d’épargne servent également à donner les moyens aux membres des communautés de sortir de la pauvreté en créant leur propre entreprise et en améliorant les moyens d’existence quotidiens. Avec l’appui du BIFSIR, plus de 10 000 personnes ayant bénéficié de groupes d’épargne en 2013-2014 ont pu accéder au secteur financier. Pour les femmes, la participation à un groupe d’épargne se traduit par une autonomisation sur le plan financier et psychologique. Sur les 10 000 nouveaux membres, 78 % étaient des femmes et, dans la plupart des groups d’épargne, les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

« Je peux maintenant manger ce que je veux. Je peux m’acheter des vêtements. J’ai confiance en moi. Les membres du groupe m’ont nommée secrétaire. Bien que tout ne soit pas encore parfait, tout va bien », déclare Marie Claire.

Le programme BIFSIR, qui est financé conjointement par le PNUD, le FENU et la République de Corée, appuie des activités de mise en place de secteurs financiers accessibles à tous visant à accroître les possibilités d’accès au secteur financier et à encourager l’entrepreneuriat des personnes vulnérables au Rwanda.

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