Les femmes s’approprient leurs droits en Égypte

Sur les marches du Tribunal de la famille au Caire, une jeune femme qui préfère que nous l’appelions Aïcha pour préserver sa véritable identité, nous raconte une histoire qui n’est que trop courante.

« Mon mari et moi avons divorcé. Mais il a emmené ma fille aînée, il l’a kidnappée et je ne savais pas quoi faire pour la récupérer. Je n’avais personne pour m’aider. Chaque fois que j’allais au tribunal, je revenais bredouille », dit-elle.

A retenir

  • 32 Bureaux d’assistance juridique mis en place dans sept gouvernorats à travers l’Égypte
  • Début 2015, près de 50 000 cas y avaient été traités, dont 37 000 plaintes initiées par des femmes
  • Le projet est l’une des 55 initiatives de ce type menées par le PNUD dans différents pays à travers le monde

Pauvres, souvent analphabètes, les femmes et les hommes qui cherchent à obtenir justice ont beaucoup de mal à comprendre les procédures et des formalités administratives requises pour porter leur affaire devant l’un des 257 tribunaux de la famille que compte l’Égypte.

Depuis 2008, le PNUD travaille en partenariat avec les ministères égyptiens de la Justice et des Affaires étrangères, et avec l’Agence suédoise de coopération internationale au développement, pour apporter une aide aux personnes comme Aïcha. Le projet d’appui à l’assistance juridique a ainsi permis de traiter près de 50 000 cas, dont 70% de plaintes initiées par des femmes.

Omaïma Abdel Khalek, autre plaignante dans une affaire de violence domestique, explique comment le projet l’a aidée dans sa démarche :

« Lorsque je suis venue déposer plainte, le bureau d’assistance juridique m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses que je ne connaissais pas. J’ai reçu des indications précises sur ce que je devais faire. Tous ces services m’ont été fournis gratuitement», explique-t-elle.

Le bureau d'assistance juridique qui aide Omaïma dans ses démarches est une des 32 structures établies par le projet dans sept différents gouvernorats d’Égypte.

Équipés électroniquement et reliés au Centre d’information judiciaire et au ministère de la Justice, ces bureaux offrent des conseils gratuits aux plaignants avant de les orienter vers les tribunaux de la famille. Les agents examinent et complètent les dossiers, remplissent les formulaires et rédigent les plaintes pour le compte des personnes ne maîtrisant pas la lecture et l’écriture, et préparent les fichiers électroniques nécessaires.

Les Bureaux de l’assistance juridique ne sont qu’une composante du projet, qui porte également sur la formation du personnel, l’organisation de tables rondes pour les juges des tribunaux de la famille ainsi que l’aide à la numérisation et l’automatisation des dossiers.

Une base de données centrale regroupant l’ensemble des décisions de justice est actuellement en cours de création par le ministère de la Justice, le bureau du Procureur général et le ministère de la Communication et des Technologies de l’information en vue d’améliorer la mise en réseau entre les bureaux de l’assistance juridique, les tribunaux de la famille et les services du juge aux affaires familiales.  Cette base de données sera également reliée électroniquement à la banque Nasser pour faciliter le recouvrement des paiements décidés par les tribunaux, ce qui permettra d’accélérer l’accès des femmes à la pension alimentaire.

L’initiative a été conçue pour permettre aux groupes pauvres et marginalisés de la société d’accéder à des voies de recours et de surmonter les obstacles qui les empêchent d’accéder à la justice. « Nous aidons les gens et en particulier les femmes à s’approprier leurs droits juridiques par eux-mêmes », explique l’avocate Gihane El Batouty, responsable du projet.

Le Projet de l’assistance juridique en Égypte est l’une des 55 initiatives de ce type menées par le PNUD dans différents pays à travers le monde.

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