Syrie : l'effort d'une communauté pour sauver le poumon de sa ville

Syrie : l'effort d'une communauté pour sauver le poumon de sa ville
Des travailleurs installant des motopompes sur l'Oronte, à Hama, pour faciliter le mouvement de l'eau et combattre la forte puanteur émanant des eaux stagnantes. Photo : PNUD en Syrie

Au centre-ville de Hama, un pont surplombe les eaux tranquilles du fleuve Oronte, qui coule du Liban vers la Syrie et la Turquie au nord. En temps de paix, Hama accueillait des visiteurs du monde entier, venus admirer la rivière aux dix-sept norias majestueuses, ces roues à aubes géantes datant de l'ère byzantine.

Autrefois, les norias servaient à arroser les jardins et irriguer les champs. Si elles sont maintenant hors service, le fleuve n'en reste pas moins au cœur de la vie des habitants de Hama et des déplacés venus des provinces voisines.

A retenir

  • Hama abrite plus de 100 000 familles déplacées fuyant les combats qui font rage ailleurs en Syrie
  • Avec l’accroissement démographique, le volume des déchets dans le fleuve a augmenté de 500 à plus de 750 tonnes par jour
  • Une équipe de déplacés et résidents locaux assainit l'Oronte pour 150 dollars par mois dans le cadre du projet 'argent contre travail'
  • 3 kilomètres de rivage ont été nettoyés au profit d'une population de 150 000 habitants

« Ma femme, nos 10 enfants et moi sommes venus d'Alep, avec nos habits pour seuls biens », raconte Adnan Mkayes. Maçon de 49 ans, Adnan et les siens font partie des plus de 100 000 familles venues à Hama pour fuir les combats qui font rage ailleurs en Syrie.

La région est un important centre agricole, et le bassin du fleuve irrigue environ 300 hectares de terres, consacrées en grande partie au maraîchage pour nourrir la population locale.

Les conduites d'eau et autres infrastructures étant endommagées ou à l'abandon, l'Oronte offre un accès à l'eau facile. Mais, avec l’accroissement démographique, le volume des déchets, dont la majeure partie finit dans le fleuve, a augmenté de 500 à plus de 750 tonnes par jour.

Combiné à la diminution des pluies, ce phénomène  étouffe le poumon de la ville. La puanteur des eaux stagnantes contraint les habitants de Hama à se calfeutrer en permanence.

De cette infortune est née une opportunité. Dans le cadre d'une initiative du PNUD pour la relance des activités de subsistance et la réhabilitation des infrastructures essentielles, le fleuve retrouve peu à peu un second souffle.

Le projet a chargé une équipe composée de résidents locaux et de déplacés d'assainir l'Oronte, en ramassant les ordures le long des berges et en reboisant. Chaque travailleur gagne environ 150 dollars par mois.

« Avec mon salaire, je subviens aux besoins essentiels de ma famille », confie Adnan Mkayes, un marbrier-poseur d'Alep qui vit désormais dans un deux-pièces avec sa famille de 12 personnes. « Cet argent est une véritable aubaine, et je suis heureux qu'il ne provienne pas d'un organisme caritatif ».

Outre la formation et l'équipement des travailleurs, le PNUD a doté la communauté de cinq motopompes, installées près du pont principal. Elles actionnent des roues à aubes qui agitent les eaux stagnantes pour éliminer la puanteur.

« Sans être aussi impressionnantes que les célèbres norias, elles apportent une solution économique et durable », explique Ali Kayali, chef de secteur du PNUD à Hama.

Malgré le faible effectif par rapport aux défis colossaux que pose le fleuve, le projet a déjà eu un impact non négligeable. A ce jour, l'équipe a assaini trois kilomètres de rivage, au profit de 11 quartiers de Hama et d'une population cumulée de 150 000 habitants. En seulement 21 jours, elle a réussi à retirer 25 000 kg d'ordures.

« Si le principal objectif du PNUD est de générer des revenus pour les déplacés vivant à Hama, l'environnement et les communautés sont aussi les grands bénéficiaires de cette initiative », se félicite Kayali.

Les communautés riveraines des zones assainies apprécient à sa juste valeur le travail d'Adnan et de ses collègues. L'assainissement a nettement réduit la puanteur, permettant aux résidents de rouvrir leurs fenêtres, de se promener le long du fleuve et d'apprécier à nouveau ce trésor naturel.

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