Au Bangladesh des agents de santé itinérants luttent contre le paludisme

fils dans les bras de son père
Hridoy, trois ans, dans les bras de son père Joykumar Chakma, fait partie de plus d'un million d'habitants des collines enclavées du sud-est du Bangladesh qui ont désormais accès aux soins de santé grâce à l'action du PNUD dans la région. (Mahtab Haider/PNUD Bangladesh)

Joykumar Chakma, 28 ans, n'a jamais été soigné par un médecin.

« Mon père était le mendiant du village. Lorsqu'il tombait gravement malade, la famille sacrifiait un cochon ou une poule, dans l’espoir que sa maladie passerait. C'était la coutume locale », raconte Joykumar. « Beaucoup d'enfants mouraient du paludisme à l'époque ».

À retenir

  • Deux tiers de la population des collines de Chittagong ont bénéficié de l'action du CHTDF en matière de santé, d'éducation, de promotion de l'agriculture, de développement des capacités et d'activités génératrices de revenus.
  • 1,2 million de patients ont accès aux services sanitaires grâce à 80 dispensaires et 1000 agents de santé itinérants, qui soignent près de 40 % des cas de paludisme dans les collines de Chittagong.
  • 300 écoles communautaires ont été construites ou rénovées, 700 enseignants recrutés et formés et des comités de gestion scolaire ont été créés pour promouvoir l’éducation et la gérer localement.
  • 625 000 personnes ont bénéficié directement des retombées de petits projets de développement d'une valeur de 17 millions de dollars.

Soucieux, Joykumar attend son tour devant le dispensaire hebdomadaire financé par le PNUD dans les collines de Chittagong, une des zones les plus enclavées du Bangladesh. Il a marché pendant quatre heures depuis son village, à travers ravins et lits de rivières, son fils de trois ans, Hridoy, dans les bras.

« Hridoy fait une forte fièvre depuis une semaine. J'ai peur qu’il souffre du paludisme », confie Joykumar à l'infirmier qui examine l'enfant endormi.

Père et fils sont conduits à la salle de consultation médicale pour un test sanguin.

Dehors, de nombreux patients attendent sous un soleil de plomb. Certains ont une fièvre oscillante, un signe probable de paludisme, d'autres des infections respiratoires et d'autres encore de vilaines éruptions cutanées et des plaies infectées. Dans ces régions, des milliers de malades meurent chaque année, faute d'accès à une simple dose d'antibiotiques.

« Si mes patients ratent ces consultations du lundi, l'hôpital le plus proche se trouve à huit heures par bateau et le voyage coûte 30 dollars, soit plus du revenu mensuel de la plupart des familles de cette zone », explique le Dr Jyotirmoy Murong tout en examinant au microscope l'échantillon de sang de Hridoy.

Alors qu'une grande partie du Bangladesh continue d'obtenir des résultats remarquables en termes d'objectifs du Millénaire pour le développement, le contraste est frappant pour les trois régions montagneuses du sud-est. Ravagées par près de trois décennies de conflits interethniques,  les communautés des collines sont loin de la moyenne nationale dans la plupart des aspects du développement.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, 80 pour cent des cas de paludisme au Bangladesh surviennent dans les trois régions montagneuses. Et pourtant, environ la moitié des postes médicaux des rares structures sanitaires publiques de ces régions restent vacants, faute de personnel qualifié.

Le Fonds du PNUD pour le développement des collines de Chittagong (CHTDF) a démarré ses interventions sanitaires en 2006 dans le cadre d'une initiative de consolidation de la paix. Depuis, il a déployé 80 dispensaires itinérants hebdomadaires, comme celui qui accueille Joykumar, et formé plus d'un millier d'agents de santé communautaire.

Plus de 700 000 cas de paludisme ont été traités depuis, ramenant le taux annuel de mortalité au dixième de ce qu'il était six ans plus tôt.

« Nous utilisons les tests de détection rapide sur le terrain, conseillons à tout le monde d'utiliser une moustiquaire et orientons les cas graves vers l'hôpital. Depuis, les gens ne meurent plus de paludisme », se félicite Kingsemme Rakhine, un agent de santé communautaire formé par le PNUD.

Pour Joykumar, c'est le soulagement. Il ressort souriant de la salle de consultation médicale : « Hridoy n'a pas le paludisme. Mon père ne sera pas très content d'apprendre que je l'ai amené voir un médecin, mais je ne pouvais pas prendre de risque », confie-t-il en reprenant la marche vers son village.

Par Mahtab Haider

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