Kirghizistan : un patient séropositif soutient la thérapie antirétrovirale

Man living with HIV in Kyrgyzstan
Marat : « En aidant les autres, je m’aide aussi. »

Marat* a découvert qu’il était séropositif à 38 ans pendant une cure de désintoxication. Les consultations pré- et post dépistage n’étaient alors pas fréquentes au Kirghizistan, et il a d’abord pensé que c’était une bonne nouvelle. Mais lorsqu’il a réalisé la gravité du diagnostic, Marat a refusé les traitements qui lui étaient proposés.

« J’avais l’impression d’aller bien, » dit Marat. « Je ne croyais pas aux effets de la thérapie antirétrovirale : je l’assimilais à la chimiothérapie et je pensais qu’elle avait des effets secondaires. »

A retenir

  • Le Kirghizistan a l’un des taux de propagation du VIH les plus élevés du monde : 65 % des cas de contamination proviennent de seringues infectées.
  • Le programme vise à ralentir la propagation de l’infection par le VIH en améliorant l’accès aux services et la qualité de la prévention, des soins et du traitement.
  • Près de 1 200 personnes ont suivi un traitement antirétroviral en mai 2014, par rapport à 778 en mai 2013.

Six mois après le diagnostic, Marat a commencé à faire du bénévolat pour Mutanazzif, une ONG qui vient en aide aux personnes atteintes du VIH. Lorsqu’il a commencé à éprouver des douleurs physiques, une psychologue/coordonnatrice lui a expliqué que les médicaments antirétroviraux enrayent la progression de la maladie et que leurs effets secondaires sont minimes. Grâce à ses efforts, Marat a entamé une thérapie antirétrovirale et se sent aujourd’hui beaucoup mieux.

De concert avec deux spécialistes en communication, il a créé le fonds public Prosvet. Cet organisme bénévole collabore avec d’autres organisations dans le but de sensibiliser le public au VIH à Bichkek, la capitale du Kirghizistan. Cet organisme propose des évaluations psychologiques, des services de réadaptation et de réinsertion dans la société ainsi que des conseils juridiques. Il travaille également avec des professionnels de la santé et les familles des personnes atteintes du VIH afin de lutter contre la stigmatisation et la discrimination.

« En aidant les autres, je m’aide aussi, » explique Marat.

En 2012, Prosvet a reçu un financement du Fonds mondial de lutte contre le sida mis en œuvre par le PNUD. Ce programme vise à la prévention du VIH tout en promouvant les droits de l’homme et l’égalité des sexes, en renforçant la composante gouvernance, et en intégrant la problématique du VIH/sida dans les politiques nationales. L’un de ses objectifs est d’améliorer le traitement, les soins et l’appui aux personnes atteintes du VIH et de promouvoir des mesures de prévention du VIH au sein des populations présentant un risque élevé de contamination.

Prosvet dispose désormais d’une équipe de 8 personnes, et a élargi sa présence à 3 villes voisines de Bichkek. Cinq d’entre eux sont séropositifs, ce qui facilite la communication avec les clients.

Grâce à l’élargissement de l’accès aux services de prévention et de traitement fournis notamment par des organismes tels que Prosvet, 1 196 personnes ont été soignées par des antirétroviraux en mai 2014, par rapport à 778 en mai 2013. Entre janvier et mars 2014, 129 patients se sont engagées à suivre un traitement antirétroviral.

Grâce à l’appui du partenariat établi entre le Fonds mondial et le PNUD et d’organisations telles que Prosvet, l’accompagnement des personnes séropositives s’est considérablement amélioré.

« Ces gens ont besoin de moi, » explique Marat. « Les clients attendent mes visites avec impatience pour que je leur donne des conseils et que je leur remonte le moral. »

* Nom fictif.