Zimbabwe : la lutte contre le paludisme s’étend au-delà des frontières

équipe de pulvérisation intérieure contre le paludisme
Une équipe de pulvérisation intra-domiciliaire, de l'Initiative transfrontalière de lutte contre le paludisme du Zimbabwe et de la Zambie. (Photo: Sammy Mwiti / PNUD Zimbabwe)

Dans le village de Chundu à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie, Elen Kunje est le témoin de changements encourageants. Dans une région sujette aux épidémies de paludisme, sa famille et son habitation ont échappé à la maladie.

Grâce à un nouveau programme de contrôle du paludisme, elle a reçu une moustiquaire insecticide longue durée, et sa maison a également été traitée contre les insectes.

À retenir

  • Grâce à une subvention du Fonds mondial, le Zimbabwe et la Zambie s’attaquent au paludisme le long de la vallée du Zambèze, à cheval sur les deux frontières.
  • L’initiative a fourni des moustiquaires, des pulvérisations à effet rémanent à l’intérieur des habitations, des fumigations et une éducation sanitaire.
  • Entre 2000 et 2010, le nombre de foyers équipés de moustiquaires en Afrique subsaharienne est passé de 3% à 53% et environ 1,1 million de décès liés au paludisme ont pu être évités.

« Aucun des membres de ma famille n’a souffert de paludisme depuis le début du programme, » a-t-elle souligné. « Et d’autre part, je n’ai plus de blattes dans ma cuisine. »

Elen Kunje est l’une des milliers de personnes ayant bénéficié de l’initiative transfrontalière de lutte contre le paludisme au Zimbabwe et en Zambie (CBMI). Ce programme est dirigé par le Ministère zimbabwéen de la Santé et du Bien-être de l’enfant et mis en place grâce à une subvention du Fonds mondial pour lutter contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme administré par le PNUD.

Les mesures préventives contre le moustique porteur de la maladie vont de la distribution de moustiquaires à la fumigation, en passant par la pulvérisation à effet rémanent à l’intérieur des habitations et l’éducation sanitaire.

L’initiative, lancée en avril 2013 dans la ville frontalière de Livingstone en  Zambie, complétera les programmes nationaux existants de lutte contre le paludisme dans les deux pays.

Pour faciliter cette initiative, le Fonds mondial a consacré 882 000 dollars aux activités transfrontalières conjointes, dans le but  de renforcer la collaboration et la coordination des activités de prévention du paludisme. Les deux pays prévoient de travailler de concert afin que leurs programmes de contrôle soient intégrés et  éventuellement reproduits à une échelle supérieure.

Les organisateurs du programme espèrent que l’initiative aboutira à la pré-élimination du paludisme dans sept districts transfrontaliers ciblés dans les deux pays.

«  Les moustiques qui véhiculent le paludisme ignorent les frontières. Le paludisme ne pourra être éliminé que si nous collaborons étroitement avec les pays voisins, à tous les niveaux, » souligne Douglas Mombeshora, Ministre adjoint de la Santé et du Bien-être de l’enfant au Zimbabwe.

« Le paludisme représente un lourd fardeau pour le système sanitaire et l’économie en général, car il frappe surtout durant la saison des pluies, » déclare-t-il encore. En effet, lors de la période de transmission maximale, généralement du mois de novembre au mois de mai, 30 à 50 pour cent des patients admis dans les hôpitaux ont le paludisme.

En cas de succès, l’initiative régionale « pourra servir de modèle pour d’autres pays sur le continent, » dit Linden Morrison, qui dirige le Département ‘High Impact in Africa’ au Fonds mondial et supervise les subventions accordées à ces deux pays.

« Notre objectif est de sauver autant de vies que possible avec les subventions dont nous disposons actuellement, » a-t-il poursuivi.

Les experts disent que la vallée du Zambèze, à cheval entre les deux pays, offre des conditions idéales pour une prévalence naturelle élevée du parasite Plasmodium falciparum qui est à l’origine de la forme la plus mortelle du paludisme. Plusieurs rivières – y compris le Zambèze et ses tributaires – traversent la région, et leurs inondations saisonnières peuvent prolonger les saisons du paludisme, et provoquer parfois des épidémies.

Le Fonds mondial soutient actuellement trois subventions pour lutter jusqu’en 2015 contre le paludisme dans les deux pays, dont 35 millions de dollars sont affectés au Zimbabwe et 22 millions de dollars à la Zambie.